Ça suffit. Sous la bannière populaire inscrite devant le magasin, il y a un être humain. Sous cette grosse enseigne lumineuse posée fièrement devant, il a eu un rêve soit celui de posséder un commerce. L’entrepreneur a investi dans une franchise où il a lancé sa propre entreprise. Il a pris un prêt avec caution personnelle, au péril financier de sa famille qui le soutient et croit en lui. Il a mis sa maison, son cocon en garantie. Il y a cru.  Il a rêvé au nom de sa future entreprise, aux tablettes pleines à craquer, à la file qu’il y aurait devant, à ce qu’il ferait différemment de ceux qui existent actuellement dans ce même marché pour combler ton besoin de consommateur.

Les entrepreneurs ne sont pas tous issus du « love money ».

Ils n’ont pas tous hérité de leur commerce. Beaucoup les ont bâtis à la sueur de leur front plissé à force d’angoisser le visage crispé. Ils se disent en silence: j’espère que ça va marcher, j’espère que ça va marcher, le cœur emballé, mais pas d’amour… d’anxiété.

Tous les jours, je conseille des gens qui finiront par aller faire leurs acquisitions sur des sites de vente en ligne, tous les jours je conseille des gens qui finiront par acheter usagé. Eh bien tout comme toi l’ami, mon temps c'est de l’argent. Quand tu passes le pas de la porte chez nous, c’est pour avoir un excellent service après-vente, pour pouvoir bénéficier de mon expertise qui dépasse certainement celle des sites de ventes en ligne. Quand tu viens chez nous, c’est aussi parce que tu as envie d’encourager mon projet de vie. Celui d’avoir un commerce au détail. C’est dans la chaleur de ma deuxième maison que je t’accueille, celle où j’ai dormi la nuit quand je n’avais pas les moyens de me payer un système d’alarme.

Je m’intéresse à ce qui te fait « douleur » présentement, je m’intéresse à ce que tu veux faire plus tard, à tes objectifs.

Quand j’affiche un prix, c’est le prix de détail suggéré par le distributeur, le prix qui assure une pérennité dans la vente de ce type de produit. Si tout le monde vend au coûtant, plus personne ne vendra ses produits, ce sera la fin de ce produit, la fin du rêve qui appartient à quelqu’un au-dessus de moi, qui y a cru autant que moi que c’était possible d’être entrepreneur.

Le pire, c’est quand on vient me voir pour des demandes de garanties, sur les produits que je vends, mais qui a été acheté en ligne. Eh bien, c’est en ligne que tu devras faire ta demande de garantie l’ami.

Ça me fait penser à cette femme qui achète des lunettes sur amazone et qui veut se les faire ajuster chez l’optométriste. Écoute fille, va les faire ajuster chez amazone tes lunettes ou « souffre du derrière d’oreilles » le temps que tes lunettes dureront.

Arrête de penser avec ton nombril. Arrête de calculer ma marge bénéficiaire potentielle en étant simpliste, elle n’est pas nette cette marge bénéficiaire.  Essaie de voir un peu plus loin que le 100$ que tu laisses de profit sur mon comptoir. Essaie de voir les assurances, les salaires, le loyer, les employés, le déneigement, l’électricité, les charges sociales, la publicité… Tout ça pour que mon rêve, porté à bout de bras, soit enfin viable. Juste viable, parce que chaque entrepreneur saura te le dire; 100 fois sur le métier, travail acharné, nuit d’insomnie.

Au final, tu y gagneras quoi à ne pas encourager mon entreprise ?

Une économie de 20$, pas de garantie, pas de service après-vente ?

Dans un contexte où la pénurie de main-d’œuvre est un défi énorme, où l’approvisionnement est difficile dans plusieurs domaines je t’invite à encourager ceux qui te donnent un excellent service. Je t’invite à aller au-delà des conseils que tu recherches, je t’invite à humaniser ton achat. Derrière chaque entreprise un grand rêve, des petites bouches à nourrir. Participe au succès des entreprises de ta région, font briller les passionnés. On te le rendra bien c’est promis.

Image de couverture de Clay Banks

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