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Je suis récemment allée souper au restaurant avec deux couples d’amis que j’adore. Étant célibataire éternelle (comme on m’a si souvent surnommée), le rôle du fifth wheel ne m’est pas inconnu et j’ai aucun problème à le vivre non plus. Au contraire, c’est un rôle que j’ai appris à aimer et je l’assume à 100%. Je suis la première à faire des blagues sur la situation. Je suis déjà allée patiner avec deux (autres) couples d’amis un 31 décembre au Vieux-Port. On s’entend, y’a pas plus fifth wheel que ça. Bref.

À un moment donné, la conversation est tombée sur les plants de basilic que chaque couple s’était achetés. N’ayant pas DU TOUT le pouce vert, je ne me sentais pas interpellée par leur conversation, surtout que dans leurs deux cas, avoir des plantes était un projet à deux. Je ne me suis jamais achetée un plant de basilic frais, encore moins avec quelqu’un d’autre. Je trouvais donc comique de lâcher à la fin de cette conversation un « Je ne me suis jamais sentie aussi célibataire ce soir que durant cette conversation ». Instantanément, j’ai eu un droit à une chorale de « Hoooonnnnnnnnn » de pitié.

Pis là, je suis restée bête. Je m’attendais à des éclats de rire, j’ai plutôt eu le droit à des têtes penchées sur le côté et des regards qui me disaient « lâche pas la patate ».

Le but de mon intervention n’était clairement pas de recevoir leur pitié, mais plutôt de les faire rire. Mais la société voit tellement le célibat comme un échec que c’est la première réaction des gens. C’est ce qu’on appelle le célibatisme (ou singlism en anglais).

J’ai déjà parlé du fait que j’étais célibataire et bien là-dedans (tu peux le lire ici), donc le but n’est surtout pas de m’apitoyer sur mon sort, mais plutôt de vous faire connaître ce terme qui m’était jusqu’à tout récemment inconnu. Le terme était inconnu, mais pas le concept puisque je l’ai trop souvent vu ou vécu.

Je vous explique. En gros, le célibatisme, c’est l’ensemble des préjugés auxquels font face les célibataires.

C’est la pensée qu’être célibataire est moins bien qu’être en couple (says who?) et comment celle-ci est reflétée dans la société avec les stéréotypes, la discrimination. Pensez-y bien, tout est fait en fonction d’une vie à deux. Mes amies emménagent avec leurs chums, ils peuvent se permettre de se louer un 3 et demi à deux. Moi, ce 3 et demi là, je n’ai pas le choix de le payer seule. À moins que je veuille dormir dans la même chambre que ma BFF, ce que je te confirme que non, je n’en ai pas particulièrement envie. Même chose pour les assurances, les avantages sociaux, et j’en passe. Même voyager seul dans un tout-inclus, par exemple, te revient PLUS CHER qu’à deux (pourtant, on s’entend que tu utilises juste une chambre, comme un couple?!). Ces exemples ne sont qu’au niveau monétaire, mais il y en a dans plusieurs autres catégories, comme au travail, dans ta famille, légalement, etc.

On va aussi souvent penser que les célibataires sont seuls, pourtant, il y a plusieurs études qui démontrent qu’ils sont la catégorie de gens ayant la meilleure vie sociale. « Les copines d’abord », comme dirait Brooke Davis dans les Frères Scott, c’est bien ça?

Il serait bien qu’en tant que société, on commence à reconnaître la force qui vient avec quelqu’un qui est capable de se débrouiller seul, la liberté de faire des choix personnels, l’autonomie financière quand tu n’as personne d’autre sur qui compter.

Donc, la prochaine fois que ton ami célibataire fait une blague sur son célibat, ris donc avec lui au lieu d’avoir pitié.

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Le look:

Maillot – Quintsoul

Lieu – Cuba

Photos – Vikki Snyder

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Marie-Chloé Falardeau
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