Sport & Santé Style de vie

Depuis un an, de nombreux yogis m’ont recommandé de suivre les programmes de l’organisation internationale Art de vivre, en commençant par le cours L’Art du bonheur. Un mystère entourait cette formation; je l’ai ajoutée à ma « to-do list ». Sans investiguer davantage, sans savoir si je la recommanderais au final, je me suis présentée vendredi dernier à la première de trois séances de trois heures. Trois jours éprouvants ont levé mes doutes sur ce point.

Art de vivre est une organisation internationale à but non lucratif, fondée il y a 36 ans par le leader spirituel et humanitaire Sri Sri Ravi Shankar. Il y a aujourd’hui plus de 10 000 centres Art de vivre à travers le monde. Seulement à Montréal, est tenue quasiment tous les weekends l’une des formations de base : L’Art du Bonheur (Respiration), L’Art de la Méditation (Meditation), Cours en Jnana Yoga (Conscience).

 « Pourquoi êtes-vous ici aujourd’hui? » a demandé d’entrée de jeu notre formatrice, Haleh Mazandarian, dont les habits témoignaient d’une journée passée au bureau. Pareil pour les trois autres participants, vêtus de tailleurs et assis – en tailleur –, autour d’elle. Génial, aie-je pensé. Du yoga pour tous. Pas que du yoga que pour les « yogis ». Ou encore : la possibilité d’être profondément « yogi », que ce soit au bureau, dans le domaine bancaire, de l’immobilier ou de la psychothérapie.

« Suis-je obligée de répondre à cette question à voix haute? a demandé l’une des participantes. La participation, a insisté Haleh, fera toute la différence pour cette formation ».

Lors de la troisième et dernière séance du weekend, m’étant vidée de près d’un litre de larmes, d’abord seule puis accompagnée par mes pairs de l’Art du bonheur, j’ai compris pourquoi Haleh avait insisté. Même si ça fait mal de s’ouvrir, s’il y a une résistance à montrer notre vulnérabilité, le partage fait toute la différence. Nous sommes ici ensemble. D’un bout à l’autre de la planète, malgré nos histoires différentes, nous partageons la même souffrance. Et nous trouverons le bonheur ensemble.

Outre la participation, il y avait quelques autres consignes à suivre pour ces trois jours : ne pas consommer de drogues, ni café ni alcool; ne pas manger de viande; arriver à l’heure; faire ses devoirs entre chaque séance. Parmi ceux-ci : pratiquer les exercices de respiration avant la tenue du cours à 10h, se faire trois nouveaux amis et poser trois gestes de de gentillesse. En toute honnêteté, je n’ai pas suivi toutes les consignes. Je suis arrivée en retard, j’ai mangé le poulet préparé avec amour par ma mère et je n’ai pas pratiqué les matins, alléguant que mon weekend était très chargé. Mais les consignes que j’ai suivies ont initié un changement en moi, concrétisé durant les trois jours de formation, et laissant des marques positives, des apprentissages pour le futur. Par exemple : j’ai réalisé que le café est ma drogue quotidienne; j’ai ressenti l’amour que m’ont procuré les trois gestes de gentillesse envers ma sœur; et j’ai appris que, parfois, il vaut mieux ne pas respecter les consignes pour prendre soin de soi-même et des autres.

Durant cette formation, j’ai bien sûr élucidé la mystérieuse technique de respiration

​« La respiration est la source d’énergie la plus vitale. Elle nous permet de nettoyer et purifier notre système, dynamiser et réguler la vie de nos cellules, régénérer et renforcer notre système nerveux. Le Sudarshan Kriya, enseigné pendant le stage, est une technique respiratoire unique qui permet d’harmoniser tout notre système, d’augmenter notre clarté d’esprit et notre stabilité émotionnelle. Autant de facteurs qui prédisposent favorablement à la méditation…et au bonheur! » (Art de vivre)

Lorsque nous avons terminé la pratique d’environ trente minutes, composée de trois différentes techniques enchaînées l’une à la suite de l’autre, Haleh nous a demandé de partager nos impressions :

  • J’ai une migraine depuis trois jours… Elle vient de disparaître! s’est exclamée l’une des participantes, sourire béat aux lèvres.
  • Je me sens siiiii bien! a lancé une autre, euphorique.
  • J’ai senti que… parfois je n’étais plus là, comme si j’allais m’endormir. J’entendais l’audio, mais je ne l’écoutais pas vraiment, a tenté d’expliquer le troisième participant, qui avait peut-être expérimenté, pour une première fois, un état méditatif.

Pour ma part, j’avais eu quelques sensations étranges, ressenties auparavant en de rares occasion, avec des plantes d’usage chamanique notamment. Après la respiration Bhastrika, j’ai senti tout mon corps en frétillement, léger et vibrant d’énergie, une sensation étrangement semblable à celle provoquée par l’inhalation d’une poudre fine de tabac, le rapé, au Brésil, utilisée pour le « nettoyage » du corps physique et subtil, censée aligner les chakras. À la toute fin de la respiration, j’avais des tensions très fortes à des endroits précis de mon corps, autour de l’œil droit, le long de ma gorge à droite (ressenti avec une autre plante chamanique), une sensation de froid, puis de chaleur intense dans la tête (semblable aux effets de l’Ayahuasca au Brésil). Puis lorsque nous nous sommes finalement étendus pour la relaxation en Savasana (je n’en pouvais plus!), j’ai ressenti un frétillement très fort dans l’hémisphère droit de mon cerveau (parfois ressenti après une pratique intense de Yoga Ashtanga), une clarté dans mes pensées, voire l’absence de pensées. C’était l’un de mes meilleurs Savasana!

Enfin, ce sont toutes sortes de réaction physique me laissant croire que… quelque chose se passe là-dedans! … et qui me permettent d’identifier, dans mon corps, des espaces qui ont besoin de se nettoyer… ce à quoi la respiration remédie probablement!

Mais j’ai gagné à Art de vivre infiniment plus que ce je venais y chercher.

J’ai adoré les discussions sur le bonheur, que ce soit le concept des sept parties de l’être humain (le physique, l’intellect, la mémoire, l’ego…) ou des cinq principes du bonheur, concernant, entre autres, l’importance que l’on accorde à l’opinion des autres sur soi ou aux moments plus sombres de notre existence. Le stage, composé d’applications concrètes, de jeux et de processus collectifs simples, permet d’intégrer ces principes du bonheur.

C’est le troisième jour que j’ai préféré. Celui où j’ai tout lâché. Où j’ai compris que de garder pour soi, de retenir, de porter seul le poids de l’existence n’avait aucun sens. Nous étions deux inconnues, mais nous avons partagé nos histoires de vie, notre silence et nos larmes, les yeux dans les yeux, main dans la main, cœur à cœur. L’une d’Iran, l’autre canadienne, l’une divorcée, mère et femme d’affaires, l’autre étudiante et rêvant de trouver l’amour, les deux ayant souffert de la violence, physique ou verbale.

Ce que je retiens de mon expérience personnelle : l’importance de la connexion humaine. Je vous recommande L’Art du bonheur, sachant que chacun y trouvera un apprentissage différent, et j’y retournerai, sachant que chaque fois sera différente.

(Pssst! Le centre sur Saint-Laurent offre tous ses cours de yoga à 5$ . À découvrir ici!)

Je vous souhaite une superbe expérience!

 

Source image de couverture : Unsplash

-->
Un article de
Gabrielle Lebeau's Avatar
Gabrielle Lebeau

Le Cahier a la chance de compter sur une équipe de collaborateurs spontanés. Pour en faire partie, écrivez-nous à [email protected]!

Mes articles 
Articles suivants
Article Featured Image

La vie est ailleurs