Style de vie

Pendant des années, j’ai vendu du rêve. J’ai vendu l’idée de journées ensoleillées parfaites en famille autour d’une piscine à 50 000 $. J’ai aussi vendu l’image du gars frais dans son gros pick-up jacké à 70 000 $. S’il y a bien une chose que j’ai pu comprendre en dix ans dans le domaine de la vente, c’est que tout le monde cherche à acheter le bonheur, croyant qu’à grand coup de surendettement, ils réussiraient à obtenir le mirage, l’image et la vie projetés par les pubs. Consommer au 21esiècle, c’est être !

Nous sommes loin du siècle des Lumières, vous en conviendrez. Le vide ressenti et partagé par des millions de personnes en 2019 provient de notre société axée sur les apparences et de l’individualisme qui gagne de plus en plus d’adeptes. Achetez tel produit et vous vous sentirez confiant, commandez telle nouveauté et tous vos tracas disparaîtront, fréquentez ce genre de fille et tous vos désirs seront comblés. Les recettes du bonheur sont partout à écouter les multinationales, les étapes du succès sont détenues par tous ces gourous des temps modernes, la liberté financière est de l’autre côté de la porte selon les loups du domaine économique et l’amour n’est plus qu’à un clic ! Les relations humaines sont maintenant rendues consommables et pratiquement jetables après usage, sauf si la baise en valait le coup… tant qu’on aura une bonne photo, une belle vidéo et que tout le monde sourit le reste, on s’en fout.

Les connaissances modernes en psychologie sont utilisées par les géants du marketing en cette ère où les médias sociaux dictent les comportements à adopter, régissent les sujets prioritaires à discuter et jettent les bases des valeurs de l’heure. On pourrait parfois croire qu’il existe les 10 commandements du parfait petit acheteur. Nos comportements d’achats sont souvent plus forts que notre raison. Nos pulsions consuméristes pour tenter de combler, ne serait-ce qu’un peu, ce malaise sans nom qui touche des milliers d’individus prennent le dessus sur le budget réel. L’image publiée vaut parfois plus que la simple satisfaction du moment avec des êtres aimés, la richesse étalée prime également certaines fois sur l’amour de ses proches et le temps consacré à travailler trop, par besoin financier ou par souci de performance, éloigne malheureusement parents et enfants.

 L’appréciation : la vraie clé du bonheur ?

Source image : Pixabay

À quel point sommes-nous obnubilés par les biens matériels ? Que certains préfèrent cumuler les heures supplémentaires pour avoir une énième paire de souliers de plus au lieu de simplement profiter d’une soirée en amoureux bien au chaud dans une doudou à regarder un film. Que d’autres fassent le choix de peu voir leurs enfants afin d’obtenir le contrat qui leur permettra enfin de rouler en BMW. Ou encore, que des couples soient épuisés, dépassés et surmenés, tout ça pour avoir la grosse cabane au détriment de leur relation, de leur complicité et des fois de leurs petits. Il me semble qu’il est temps que l’on ouvre les yeux en tant que société. Que les grosses marques, les chics restos à 400 $ et que les biens ne réussiront jamais à créer une joie et une paix intérieure durable, plaisante et enlevante. Certes, après un gros achat, un « rush » nous envahit, mais combien de temps avant qu’il ne s’estompe ? La durée du plaisir devient de plus en plus courte et ça en prend de plus en plus pour revivre cette petite extase. Comme l’a dit Jim Carrey, « je souhaite que tout le monde soit riche à souhait un jour pour comprendre que le bonheur ne provient pas de la richesse monétaire ».

La vraie exaltation de la vie provient de l’amour de nos proches, de la richesse que nous procurent les relations solides, authentiques et simples, des moments de qualité pendant lesquels on se permet tout simplement d’exister et de se laisser porter par le flow. Ces purs délices que nous offre l’ouverture à l’autre, que nous cultivons une soirée à la fois et que nous pouvons recréer à volonté : voici une source inépuisable de joie. Qu’il est bon le sentiment d’avoir passé un si beau moment avec des personnes que l’on apprécie vraiment. Juste à y repenser, on s’endort le sourire aux lèvres, le baume au cœur et la tête pleine de doux souvenirs.

C’est à quoi je vous invite, en écrivant ce texte : vous arrêter cinq minutes, peut-être dix si on est la fin de semaine, afin de prendre conscience de votre vraie richesse. D’avoir la chance d’être en santé, d’être choyé de faire partie d’une famille, d’évoluer au sein d’un cercle d’amis, de se coucher dans un lit chaud le soir et de manger trois repas par jour. Appréciez ce que vous avez, car il y aura toujours plus à posséder. Appréciez qui vous êtes, car tous sur cette planète n’ont même pas la chance d’être capables de lire. Appréciez votre partenaire, car malgré les opportunités miroitées par les utilisateurs Tinder de ce monde, vous l’avez choisi et il faut vous rappeler pourquoi. Pourquoi nous sommes sur cette Terre, ça j’en ai aucune idée, mais certainement pas pour enrichir des milliardaires en achetant massivement leurs produits sans se questionner. Consommez à outrance les temps entre amis, cultivez pleinement la richesse des relations et surtout, cultivez la bonté et la simple joie d’exister.

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Source image : Pixabay

Créez des moments, vivez de belles expériences et voyagez. Faites de votre vie une histoire qui vaudra la peine d’être passée en revue sur le seuil de votre cercueil. On ne vit qu’une fois et il faut en profiter au maximum avec ceux qui nous sont chers. Les premières années de vie de vos enfants, les premiers rendez-vous amoureux et les premières fois, voilà des choses qui ne reviendront jamais, peu importe l’argent dont vous disposez. Je vous invite à repenser à vos priorités, à ce qui compte vraiment et à la simplicité, en cette époque de choix infinis. Faites les bons choix, ceux qui sont gages de rires, de plaisir et de partage, car vous n’aurez jamais la chance de vivre une deuxième fois. Appréciez votre vie, quelle qu’elle soit, car même si parfois elle peut sembler sombre et difficile, il y a toujours de la lumière à qui sait regarder au bon endroit.

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Jonathan Lépine

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