Faits Vécus

T’étais belle comme une saison, tu portais les couleurs que l’été t’avait prêtées. Tu avais l’insouciance d’un enfant, tu te permettais encore de rêver. Tu vivais la vie que tu avais avant, celle que tu aurais dû vivre encore aujourd’hui. Mais tu as rencontré Satan, et il a décidé que ce bonheur-là lui appartenait à lui. Tu brillais comme une étoile, j’imagine qu’il s’est senti jaloux. Dans son trou à lui, y fait noir pis c’est tout.

Il est venu te rendre visite, il t’a pris quelque chose que personne ne devrait voler. Quelque chose de précieux, qu’il t’appartenait à toi de donner. Tu as demandé à l’univers que Satan retourne dans son trou. Mais il est resté là, le vil, et il t’a volé jusqu’au bout. Au bout jusqu’à ce que la vie d’avant décide de te quitter. Au bout parce que plus loin que ça il aurait fini par te tuer.

Tu as essayé de crier, il a vu le silence sortir de ta bouche. Tu t’es demandé si Dieu te punissais de te montrer si farouche. Tu as essayé de frapper le ciel de tes poings. Tu t’es débattue fort, tu t’es débattue en vain. Et Satan t’a laissé choir, vidée de ton essence. Il t’a laissé là à te demander si la vie avait encore un sens. Tu étais belle, c’est vrai, avant de croiser son chemin. Avant que ta tête se creuse sous l’emprise de ses mains.

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Depuis que c’est arrivé tu vis la vie que tu ne voulais pas. Tu as même arrêté de briller au cas où d’autre jaloux passent par là. Tu sens l’odeur de Satan à chaque coin de relations que tu finis par croiser. Tu te punis d’avoir été belle, tu as le sentiment que tu es allée le narguer. La vie que tu vies aujourd’hui, c’est la moitié de ce qu’était celle d’avant. Tu te sens mal d’avoir apprécié l’été et tu te refuses de rêver maintenant.

Mais ma belle, Satan t’aurait pris peu importe ce que tu avais à lui offrir. Il serait resté là même si Dieu en personne lui avait demandé de partir. Je sais que tu as mal, je sais que tu as peur. Je sais que probablement personne sur terre ne peut réparer son erreur. Laisse quand même le vent te souffler son bonheur. Et partage à l’univers tes sentiments, tes malheurs.

La vie que tu avais avant, elle ne va pas revenir. Mais tu peux remplacer ta vie de maintenant par une vie bien moins pire. Ça va être difficile, mais je sais que tu peux le faire. À coup de travail sur toi tes remords vont finir par se taire. Retourner dans le trou de Satan, où ils auraient dû rester. Tu vas retrouver lentement le courage de briller.

T’étais belle comme une saison, tu l’es encore aujourd’hui. Jamais rien ne va t’empêcher d’être belle, si tu veux mon avis. Mais maintenant laisse le temps t’aider à te reconstruire. Laisse le vent souffler à toi les poussières de ton bonheur qui n’auraient jamais dû partir. Je sais, c’est long, guérir ton inconscient de son passage. Et que ça prendra plus qu’un été pour te remettre de ses ravages. Mais on est avec toi, si tu ressens le besoin d’en parler. On est ici pour te soutenir et lentement de redonner le goût de briller.

 

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Sarah-Michèle Barrette

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