Sport & Santé Style de vie

J’ai débuté mon baccalauréat il y a trois ans avec un grand désir d’apprendre sur la sexualité humaine, car je considère que les notions reliées à celle-ci sont mises de côté et non priorisées en société. Pourtant, la sexualité humaine représente une partie de l’intégration d’une bonne santé, du bon fonctionnement social et du bien-être d’un individu. Il était donc important pour moi de pouvoir m’éduquer afin de pouvoir, par la suite, transmettre ces connaissances autour de moi.

Par contre, j’ai vite réalisé que je venais de m’embarquer dans un projet de vie, ce qui n’a pas toujours été facile et ne le sera pas tous les jours qui subsistent, mais auquel je suis prête à participer à 100%. Je m’explique.

Je commencerais tout d’abord en exposant les réactions négatives des individus lorsque la fameuse question : « Tu étudies dans quel domaine? » était lancé vers moi lors des trois dernières années. Il y avait beaucoup de visages inconfortables, de rires indiscrets, de questions à savoir si nous avions des cours pratiques et si j’avais besoin d’un partenaire pour étudier, par exemple. Plusieurs remarques ou affirmations à mon égard furent lancées aussi telles que : « Ah oui! Toi on le sait, tu aimes le sexe! » ou bien « Toi tu es à l’aise avec le sexe, donc c’est correct! ».

Enfant surpriseSource image: Unsplash

Pour être honnête, parfois, il m’arrivait de mentir en répondant que j’étudiais en psychologie pour éviter la confrontation des gens avec le terme « sexologie » ou pour éviter d’être dans une position inconfortable. Je crois que c’est surtout parce que la sexualité, pour moi, représente tellement plus que « baiser » et j’avais l’impression qu’il n’y avait pas beaucoup de personnes qui semblaient en accord. La sexologie est en fait l’étude de la sexualité à un niveau humain psychosocial, culturel, relationnel, biologique, moral, etc. La sexologie n’est donc pas l’étude du sexe, des pratiques sexuelles ou bien du « kamasutra ».

Avec le temps, en accumulant les réactions négatives face à mon domaine, particulièrement des hommes en fait, j‘ai compris qu’il y avait un certain inconfort face à une femme qui possède des connaissances en sexualité. Un inconfort avec la sexualité point, en fait. Je crois que cela est dû en partie au manque d’éducation à la sexualité que la population reçoit ce qui fait en sorte que nous sommes tous laissés à nous-même à apprendre dans l’intimité. Parfois, on ressent alors une sorte de pression à savoir qui est le ou la meilleur.re, à vouloir prouver ou bien vouloir être à l’aise dans une situation intime ou relationnelle rapidement. Il serait important de prendre conscience que tout le monde a un parcours différent surtout lorsqu’il est question de sexualité et qu’il est primordial de bien s’écouter. En fait, personne ne devrait se sentir inférieur ou supérieur face à la sexualité en se comparant à une autre personne, ce n’est pas encore une compétition. Les femmes avec des connaissances sur la sexualité ne devraient pas être vues négativement, bien au contraire, car le plaisir sexuel de la femme a longtemps été absent en société.

Parties génitales version fruitsSource image: Unsplash

Fait historique surprenant  :

Le premier vibromasseur a été inventé par un médecin au XIXe siècle afin de soigner la soi-disant « hystérie » des femmes. En fait, le médecin masturbait les femmes afin de les libérer de cette maladie mentale. Les rapports sexuels étaient axés sur la pénétration vaginale afin de se reproduire, donc le plaisir de la femme n’était pas pris en compte. En fait, cette hystérie était une ignorance et un manque d’éducation sexuelle envers les femmes.

Selon moi, on devrait pouvoir partager l’importance de la sexualité de tous et chacun à part égale sans se fier à une notion de sexe à la naissance ou bien de genre. J’ai donc réalisé à la fin de mon baccalauréat en sexologie que mes études m’avaient donné un certain pouvoir. J’ai développé ma propre sexualité et une curiosité de toujours en apprendre plus sur moi afin de m’offrir une sexualité épanouie et une meilleure santé mentale à long terme. J’aimerais donc pouvoir offrir sur cette plateforme l’explication de notions simples pour permettre aux femmes, aux hommes et aux personnes non binaires de pouvoir améliorer leur rapport avec leur sexualité. Puis, assurément, maintenant, quand on me demande mon domaine d’études, je le dis avec une grande fierté peu importe les réactions qui pourront bien suivre. La sexualité devrait être un sujet à aborder!

Source image de couverture: Unsplash
-->
Un article de
Laurianne André's Avatar
Laurianne André

Le Cahier a la chance de compter sur une équipe de collaborateurs spontanés. Pour en faire partie, écrivez-nous à [email protected]!

Mes articles 
Articles suivants
Article Featured Image

12 illustratrices québécoises pour embellir ta vie