À 26 ans bientôt 27, je me fais poser la fameuse question plus souvent que jamais. Quand j’étais en couple, on me disait : « Pis, c’est pour quand les enfants? ». Maintenant que je suis célibataire à nouveau, la formule change, mais le message reste le même : « Penses-tu avoir des enfants un jour? » À force, j’avoue que ça devient lassant. Toutes les filles qui sont un peu comme moi et qui n’ont toujours pas entendu l’alarme de l’horloge biologique sonner doivent se dire la même chose. Pourquoi poser cette question? Ça mène où ce début de conversation boboche là? Je ne peux pas m’empêcher de ressentir un peu d’énervement quand le sujet est abordé de cette manière. Dans ces circonstances, la petite susceptible à l’intérieur de moi a tendance à vouloir prendre le contrôle et répondre : « R’garde, quand ça va arriver, je t’appelle ok? En attendant, si t’as rien à me dire, dis-moi rien! » Mais je reste polie, bien éduquée que je suis.

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Bien que dans notre société et dans la culture générale moderne il ne soit pas attendu, voire obligatoire, d’avoir des enfants, je sens – par expérience personnelle – qu’on impose encore un jugement sévère à ceux et celles qui ne pensent pas aux enfants MAINTENANT. Je souhaite de tout cœur en avoir, un jour. J’ai simplement la conviction que je dois profiter de mon restant de jeunesse pour continuer à me connaître, travailler à m’aimer avant d’aimer quelqu’un d’autre et accomplir quelques-uns de mes rêves du moins avant de me consacrer entièrement à un autre être humain.

En d’autres mots, j’ai l’impression que l’intérêt d’en vouloir ou pas demeure quelque chose de très personnel et intérieur. Le fait de ne pas avoir encore considéré dans mon avenir rapproché de fonder une famille ne devrait pas impliquer de jugement à caractère péjoratif. Oui, je veux des enfants. Non, je ne suis pas pressée de me reproduire avant 30 ans. D’ailleurs, mes parents m’ont eu à 37 et 42 ans et leur âge n’a jamais nui à mon développement. Plus jeune, rares étaient les amis dont les parents avaient le même âge que les miens. Or, la situation a beaucoup changé depuis. On voit beaucoup plus de couples qui fondent ou même agrandissent leur famille « tardivement » et j’aime les voir heureux et accomplis dans leur cheminement. Je n’ai toutefois pas de difficulté à croire qu’ils doivent recevoir leur lot de questions et de jugements concernant leur choix. En même temps, on assiste quand même à plusieurs changements dans les ménages québécois et je trouve MERVEILLEUX d’observer ce que la diversité des situations familiales apporte à notre société. L’ouverture d’esprit et le changement sont la clé d’une éducation riche et significative des prochaines générations et ce sont entre autres ces changements qui ouvrent le chemin vers une meilleure compréhension des choix que la vie nous offre.

D’un autre côté, l’identité et l’image d’une personne – et principalement ici d’un ou d’une jeune adulte – sont souvent liées à son approche ou à sa vision de la vie professionnelle et de la vie familiale. Est-ce qu’il veut faire carrière seulement ou y jumeler deux, trois, quatre enfants? Est-ce qu’elle veut avoir des enfants rapidement parce qu’elle veut être maman depuis l’âge de 5 ans et le reste est secondaire? Les multiples façons d’entrevoir son propre avenir et celui de sa famille démontrent un besoin imminent à ce que chacun ait l’opportunité de bâtir sa vie comme lui/elle l’entend et non de faire des choix plus ou moins réfléchis parce que l’entourage ou les conventions en ont décidé ainsi.

Dans sa déclaration du 23 mars dernier sur son site web, l’animatrice Julie Bélanger s’est montrée franche et directe; elle n’aurait jamais d’enfant. (Si tu ne l’avais pas lue encore, clique ICI). Lorsqu’interviewée dans son émission Ça finit bien la semaine, Julie se fait demander comment elle se sent de savoir qu’elle ne vivra jamais ce bonheur d’être maman et comment elle réagit à ce vide… Eh bien selon moi, la question aurait dû être posée de manière plus objective, parce qu’on sent clairement le biais dans la question. Le nuage gris et lourd du t’as pas d’enfant = t’es une mauvaise personne. C’est beaucoup demander, mais avoir ou ne pas avoir d’enfant, vouloir ou ne pas en vouloir ne devrait pas apporter de connotation positive ou négative, sans pression sociale. C’est un choix de vie et c’est tout.

En fait ce que j’aimerais voir s’améliorer, c’est l’acceptation de l’entourage d’une personne lorsque celle-ci n’évoque pas l’idée d’avoir des enfants dans ses projets à court ou long terme. Une acceptation sans jugement, sans commentaire, sans dénigrement, qui permettrait à la personne de ne pas se sentir amoindrie parce qu’elle ne veut ou ne sait pas si elle aura des enfants. La pression qui en résulte est tout simplement futile et je souhaite à chaque personne vivant une situation semblable à la mienne de prendre le temps d’y penser et d’écouter son p’tit cœur parce qu’être heureux pour soi-même et non pour les autres, ça n’a pas de prix.

Crédit photo de couverture: pixabay.com

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