Faits Vécus

J’ai toujours aimé l’idée de la mer. De l’eau bleue à perte de vue. Sa beauté, son infinité, son immensité. Aussi effrayante peut-elle être, sa vue reste apaisante et rassurante. Ce sentiment-là, je l’ai connu d’une autre manière lorsque tu m’as regardée pour la première fois avec tes beaux grands yeux bleus. J’ai été déstabilisée, je ne m’attendais pas à ressentir quelque chose de cette envergure. J’ai donc plongé tête première, sans prendre la peine de lire les avertissements le long de la plage.

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Quand tu me regardais, soudainement je me sentais si calme, si bien. Je n’avais pas besoin de faire des efforts pour rester moi-même, j’étais à l’aise. On pouvait rire (Grâce à mes blagues de qualité supérieure, bien sûr!) ou encore même avoir des débats d’une importance primordiale (Est-ce que Winnie The Pooh est un garçon ou une fille?) ou même juste rester en silence à se regarder dans les yeux, on était juste bien ensemble.

À chaque fois que je voyais ton nom apparaître sur mon téléphone, il n’y avait plus rien d’autre qui comptait. Les problèmes s’effaçaient et disparaissaient avec mon focus. Je me sentais comme une petite fille de 5 ans qui reçoit la poupée de ses rêves. Je ne m’en rendais pas compte, mais j’étais tranquillement en train de tomber amoureuse de toi. Pourtant, j’aurais dû m’en douter… C’est comme être surpris de voir une méduse dans la mer…

C’était juste bien au début lorsqu’on n’avait rien de défini, on se voyait plusieurs fois par semaine et on faisait toujours des activités différentes. Il n’y avait pas de stress, pas de presse. Et pourtant, j’ai ressenti le besoin de poser la fameuse question du « On est quoi au juste? On s’en va où avec ça? ». Je l’ai vu tout de suite dans tes yeux. Il y avait subitement des nuages en haut de la mer. L’infinité commençait à avoir une fin. Tu m’as dit qu’on « date » et c’est ça jusqu’à ce que ça ne soit plus ça. C’est clairement pas la réponse que j’espérais, mais j’ai eu tellement peur que sur le coup je t’ai dis que ça m’allais. Que moi aussi je ne savais pas trop ce que je voulais en ce moment. Qu’on était bien comme ça.

Je m’en suis tellement voulue de t’avoir dit ça. Je voulais avoir l’air de la fille qui n’est pas trop exigeante et qui ne s’attendait pas à grand-chose de ta part, mais au fond de moi je le savais que j’étais en train de mentir. Que je me noyais moi-même.

On a continué à se voir pendant un certain temps et je réussissais plutôt bien à me convaincre que rien n’avait changé et que j’étais heureuse dans cette relation-là. Tu as fini par me dire clairement que tu n’étais pas prêt pour du sérieux et je t’ai dit que ça m’allait. J’avais peur encore une fois. Et si te dire la vérité te faisait partir? Et si finalement je n’étais plus une partie de ta vie?

Avec le temps, tu as commencé à dériver de plus en plus loin de moi. On n’était plus sur la même longueur d’ondes. Je ne sais pas si c’est de ma faute, je ne sais pas ce qui s’est passé.

Je suis partie à la dérive dans cette mer de promesses que je me suis moi-même créées. Je me suis perdue dans tes yeux et j’ai fini par oublier qui j’étais en cours de route. Je ne veux pas cette relation-là. J’aurais voulu être avec toi. Mais ça ne devrait pas me coûter qui je suis.

Je m’excuse et j’espère sincèrement que tes beaux grands yeux brilleront de nouveau pour la bonne personne.

Source image de couverture : Unsplash.com

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Émilie Martineau

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