Le rôle de maman.

Je me souviens encore quand on me questionnait au Cégep, à l'Université ou dans la phase 25-30 ans: «mais toi Geneviève veux-tu des enfants?», la tante qui te dit après l'accouchement de ta soeur aînée, «mais toi Geneviève c'est pour quand les enfants?»... Et moi dans ma tête de me répondre que je ne savais pas si j'en voulais des enfants, je ne savais pas si j'allais être une bonne maman, si j'avais cette fibre maternelle, l'horloge qui devait sonner, ne sonnait pas!

Bref, les années passent et finalement, la merveilleuse surprise d'être enceinte de jumelles. Je ne vous cacherai pas que j'ai vécu 9 mois d'incertitude, si j'étais vraiment prête, si j'allais vraiment être bonne, si j'avais cette base en moi pour élever deux enfants.

J'ai accouché, j'ai eu mes doutes, j'ai eu mes craintes, des nuits d'insomnie, des pleurs, de la colère, elles ont maintenant 3 ans et je navigue encore entre un mélange de fierté et de remises en question.

Il y a ces gens qui affichent avec fierté leur don d'être une mère parfaite: patiente, indulgente, empathique, passionnée d'élever et d'éduquer, cette facilité d'être une bonne pédagogue; à colorier, bricoler, peindre, jouer à saute-moutons ou à cherche et trouve, et il y a moi! Moi qui me cherche dans tout ça, qui aime passer du temps avec elles, mais qui aime aussi mes moments à moi, est-ce qu'on appelle ça de l'égocentrisme? Moi qui perds patience de temps à autre, qui sens la boule de colère monter par moments, qui ait envie de tout lâcher, qui se sent mauvaise mère, qui se questionne, qui se repositionne, qui perds confiance, etc. Avec tous ces gens qui jugent, qui apportent des conseils souvent maladroitement qui te font douter et qui finalement te brisent en mille miettes.

Encore à ce jour, je me pose des questions et chaque étape de vie des jumelles me remet en déséquilibre sur mon rôle de maman, s'il est bon ou mauvais. Chaque victoire est éphémère, rien ne doit être tenu pour acquis et souvent un travail de longue haleine qui ne laisse que trop peu de répit.

Se faire confiance est un long chemin de travail sur soi en constante évolution, il faut arrêter de se comparer, de tenir pour acquis les commentaires des autres, écouter sa petite voix intérieure et se laisser aller. Il y aura des erreurs, des victoires, du recalibrage et le chemin sera sinueux. Accepter que plusieurs essais puissent être requis pour arriver à un bon résultat, que rien n'est parfait et c'est justement ça le rôle d'une maman. Une fois que tu prends conscience que rien ne se réalisera comme tu le souhaites, tu as un bon bout de chemin de fait, keep going tu es sur le bon chemin!

Récemment j'ai compris qu'il y a plusieurs chemins, plusieurs autoroutes, des chemins de campagne ou des chemins de gravel et que peu importe celui qu'on choisit, on arrivera à quelque part de beau. Ce n'est pas parce que tu n'as pas pris le chemin que tes parents, ta sœur, ta voisine ont pris que ce n'est pas un bon chemin.

Image de couverture via Unsplash

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