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Pour certains la culture du hockey ne peut vouloir dire pratiquement rien, mais pour ceux et celles qui ont vécu de près ou de loin avec un entourage familial ou amical comprenant des jeunes hommes, joueurs d’hockey, ce qui suit pourrait vous intéresser.

Le hockey est tout d’abord un sport particulièrement populaire au Québec depuis longtemps, et principalement chez les hommes, jeunes hommes. Souvent les garçons commencent très jeunes à être sur une glace et alors le hockey devient partie intégrale de leur éducation sociale. C’est pourquoi ces jeunes hommes feront alors partie de cette culture du hockey en grandissant, vieillissant, bref évoluant en tant qu’individu.

Détrompez-vous je n’enlève rien aux bénéfices de pratiquer un sport d’équipe comme le hockey dès le jeune âge parce que je comprends bien que cela peut apporter le développement de compétences sociales pertinentes et la prise en charge de sa santé autant physique que mentale, par exemple. Des compétences qui seront bien à utiliser tout au long de la vie du jeune homme, par contre en association à ce sport, la masculinité toxique est bien présente et cela très tôt dans le parcours d’un joueur de hockey.

Le concept de masculinité toxique est en fait le regroupement de tous les rôles, caractéristiques ainsi que les stéréotypes masculins qui sont associés à l’image ou l’idéal sociétal de ce qu’est un «vrai» homme. Donc, à mesure d’exemple, ce concept illustre un homme comme un être fort, qui ne pleure pas, qui ne partage pas ses émotions ou sentiments, qui n’a pas de faiblesses, qui doit performer avec les filles et sexuellement, qui ne demande de l’aide à personne, qui est dominant, qui est agressif pour se faire respecter par ses collègues, etc. Puis, en fait un jeune homme qui ne respecterait pas ce genre de caractéristiques dans la culture du hockey serait alors moins respecté qu’un autre qui serait plus «masculin» étant donné que la pression est palpable pour qu’un joueur de hockey soit «homme». Alors, un jeune homme pourrait se sentir dévalorisé et inconfortable dans un sport qu’il pratique fréquemment avec ses amis ce qui pourrait avoir un grand impact sur son estime de soi à long terme. Jusqu’à être prêt à changer qui il est pour ne pas être celui qui ne sera pas «capable» d’être un «homme» devant les autres.

arbitre hockeySource image : Unsplash

Un des pièges avec le concept de la «masculinité toxique» est le fait de faire tomber le jeune homme, qui deviendra éventuellement un homme, dans un rôle. Puis, le fait de jouer un rôle pour se contraindre à répondre aux exigences mentionnées ci-haut va apporter un grand sentiment d’appartenance à son sport et à ses collègues puisque tous ont vécu le même genre d’univers. On entend souvent ce qui se dit dans la chambre d’hockey reste dans la chambre, et bien je crois que certains dires ou actions auraient pu sortir bien avant pour éviter aux garçons d’avoir de la pression pour atteindre un idéal non justifié. En même temps qui aurait bien pu changer les choses puisque les adultes impliqués sont souvent des hommes qui ont joué au hockey également. La roue continue alors de tourner. Parce qu’en fait il n’y a rien d’humain dans la liste de caractéristiques énoncées ci-haut, mais seulement une liste de raisons qui ferait en sorte qu’un individu ressente de la solitude, de la frustration et de la tristesse. Un état d’esprit qu’on leur a interdit depuis l’enfance et qu’ils devront gérer par eux-mêmes par peur de ne pas être un «homme». Se sentir mal d’être vulnérable ne devrait pas être interdit à personne. Et pratiquer son sport préféré qui fait intégralement partie de sa personne ne devrait pas nous empêcher d’être nous-mêmes sous tous nos aspects individuels et uniques en soi.

Source image de couverture : Unsplash

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Laurianne André

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