On m’a toujours vu comme un garçon avec de l’énergie à revendre, avec mille et un projets et une joie explosive. Bien que derrière mon visage souriant, j’ai longtemps caché des blessures faites par une personne. Aujourd’hui, je lui dis adieu pour de bon.

Ce texte n’a pas pour objectif de blesser, discriminer ou me lancer gratuitement dans des insultes pour me défouler. Certes, il y avait des moments de faiblesse où j’ai presque perdu le nord et que j’aurais pu faire des actions de non-retour en me laissant emporter par mes émotions.

La route n’a pas été facile, mais j’ai surmonté la personne qui m’avait fait le plus de mal. Car la roue tourne toujours à notre avantage.

Dans mon récit, aucun enfant, au grand jamais, ne devrait subir de l’abus physique, mental et émotionnel. Je vous rassure, les traitements que le jeune enfant que j’étais a reçus ne relevaient pas d’un proche parent. Mais d’un inconnu qui s’est immiscé dans ma famille pour mettre le désordre.

Le petit garçon que j’étais a subi de la maltraitance et de la violence alors qu’il n’avait pas la capacité de se défendre. Il était le plus jeune de sa famille et n’avait pas le courage de riposter. Il ne pouvait qu’encaisser, encore et encore. Même sous les regards impuissants de ses proches, l’inconnu a continué pour son malin plaisir.

Saturé de la violence, d’avoir mal : mon père ne pouvait me consoler, au risque d’en subir les conséquences. J’ai pris la décision de couper les ponts à 12 ans pour ma sécurité. J’ai commis une erreur.

En 2017, le 26 décembre, mon père est décédé. J’avais 19 ans. Je n’étais au courant de rien, et un cancer des poumons me l’a enlevé. J’aurais voulu le savoir. Mais on l’a caché, on ne m’a pas invité aux funérailles et j’ai reçu un message de haine de la part de mon bourreau m’accusant de ses malheurs.

Cette personne m’aura enlevé une enfance, de la joie et un père à tout jamais.

Image via Pixabay

Et pourtant…

Depuis l’âge de 6 ans, je n’ai pas eu un chemin facile. Le décès de mon père m’aura secoué au point d’en négliger mes études. J’ai mis trop de projets sur mes épaules et ma santé en a pris un sacré coup.

J’ai souvent pensé à renoncer et à baisser les bras. 

J’ai souvent eu des épisodes dépressifs, des moments plus colériques avec mes proches et j’avais perdu le goût en plusieurs aspects. 

Et pourtant, où j’en suis ? Pouvez-vous me le dire ?

Quand je me regarde dans le miroir, je vois maintenant une personne qui a su se relever malgré tous les coups. 

L’enfant que j’étais a su tendre la main auprès d’une deuxième famille, ses amis. Il a acquis une maturité forte et une détermination d’acier pour atteindre des sommets. 

Il a été maltraité. Mais il a pu se laisser guérir par des gens au cœur vaillant qui tient à lui.

Que maintenant, il peut enfin pleurer des larmes au naturel et afficher un beau sourire au lieu de porter un masque pour rassurer les autres !

Il était temps.

Dernièrement, j’ai reçu un coup de téléphone qui a changé ma manière de me voir. 

Cet appel avait pour message que mon bourreau n’a pas changé. Au contraire, cette personne a perdu l’objectif de me briser et cela s’est retourné contre elle. 

Je pourrais lui écrire que le karma s’est chargé d’elle, que c’est bien fait pour sa pomme. Mais j’ai eu de la peine. 

Je lui ai écrit mes adieux sans arrière-pensées. Que j’espère qu’un jour, elle pourra remonter la pente par laquelle elle a descendu. Mais jamais mon cœur ne pourra s’ouvrir pour pardonner les atrocités qu’elle a faites.

J’ai enfin gagné ma bataille personnelle d’un enfant qu’on n’écoutait pas quand sa belle-mère se déchaîner contre lui ? Mes tourments ont finalement pris fin.

Aujourd’hui, je commence à prendre soin de moi et je pars pour poursuivre mes études dans le domaine de la criminologie, le sourire aux lèvres.

« Chers lecteurs et chères lectrices, chaque histoire est unique. Ne vous privez jamais de vous faire entendre. Quand des gens vous ont maltraité, cela fait mal. Mais bien que les histoires sombres pensent être sans fin, on trouve toujours une lumière à la fin de ce triste chapitre de notre vie.

Pour ma part, elle se termine maintenant. Car aujourd’hui, je vois enfin dans le reflet de mon miroir, un jeune garçon qui peut enfin être lui-même et mordre la vie à pleines dents. Et en compagnie de ses proches pour de nouvelles aventures. 

Ne laissez jamais votre bourreau devenir un nuage sombre au-dessus de votre tête. Souriez toujours, car vous êtes des personnes aux histoires uniques.

Image de couverture par Dallas Reedy

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