Faits Vécus

Tu es parti et cela fait plusieurs mois déjà. Tu m’as laissé finir mon énième verre de whisky, bien écrasée dans le divan à regarder de tristes télé-romans aux fins tragiques.

Comme le nôtre.

Tu m’as regardé avec une pointe de jugement dans les yeux, une pointe de pitié. Je voyais que tu te demandais comment je m’étais rendu là. Je voyais dans le bleu de tes yeux que tu voulais comprendre, mais en même temps que la vérité t’effrayait. Tu désirais un beau mensonge. Mais je ne t’en ai pas donné, je ne t’ai rien donné d’autre qu’un long silence rempli de remords. J’aurais aimé avoir été assez forte pour me lever et te dire que tu n’as pas vécu mes tempêtes. Que tu n’es pas passé par déserts et océans pour te retrouver seule sur le pavé de tes pires cauchemars. J’aurais aimé te dire que tu ne sais pas ce que c’est que d’être touché et ravagé par la maladie mentale. J’aurais aimé te dire que tu ne sais pas ce que c’est de se faire emporter par le courant, alors qu’on essaie de nager à contresens. Mais même si j’aurais prononcé tous ces mots, peut-être aurais-tu fait à ta tête, pour soulager ta conscience et te dire que j’étais l’unique responsable de cette rupture. Mais n’oublie jamais que dans une relation, nous sommes deux.

Toi aussi, tu t’es égaré; toi aussi, tu as commis des erreurs.

seule femme breakup relationSource image: Unsplash

La seule différence est que tu as jugé la mienne irréparable. Celle d’être instable émotionnellement, de pleurer le soir avant de dormir. Celle de remplir mon corps d’alcool lorsque le vide devenait trop grand. Celle de crier lorsque la pression de la vie, la douleur des souvenirs brisés se faisait trop sentir.

Tu sais, j’aurais voulu être une de ces princesses qu’on voit dans les films, une de ces perfections incarnées par la vie. Sauf que ta future femme, tu l’avais déjà idéalisée. Et je ne lui arrivais pas à la cheville. À peine tu m’avais rencontrée et tu te disais que je ne serais pas assez bien pour toi. Et ça, ton cœur l’a cru.

Mais dis-moi, l’herbe était-elle vraiment plus verte chez le voisin?

Je croyais que tu étais la pièce manquante du casse-tête, alors que je n’étais pour toi qu’un ensoleillement passager, un divertissement à court terme. Je pensais comme une gamine que l’univers nous avait réunis, que nous étions faits l’un pour l’autre. La rêveuse en moi avait disséminé tout le négatif de notre relation pour me faire voir que le romantisme et ses étincelles.

Quand tu es parti, j’ai cru que je m’étais éternellement perdue et plus rien ne pouvait me réparer. Mais bien évidemment, tout cela était faux.

Mais tu sais, la roue tourne. Lorsque tu comprendras ce que c’est d’être confronté aux difficultés des relations et des sentiments, peut-être serais-je avec le véritable homme de ma vie.

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Andréa Maheux

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