Faits Vécus

Quand les gens me voient pour la première fois, ils pensent que je suis d’origine dominicaine ou marocaine, personne ne se doute que je sois moitié ukrainienne et je ne les blâme pas. Je ne suis pas une Ukrainienne typique, j’ai obtenu ma peau bronzée grâce à mon autre moitié qui est congolaise. Dans ma famille, on est tous métissés et j’ai de la famille éparpillée un peu partout sur le globe terrestre. Je suis contente de voir qu’en 2019, les gens sont multiculturels, différents et ouverts aux autres (pour la plupart). Certains disent que d’ici 50 ans quasiment tous les êtres humains seront mixtes.

L’autre jour, j’observais ma petite sœur jouer avec ses amis qui viennent de partout dans le monde et je suis devenue nostalgique en pensant à ma propre enfance. C’est clair que grandir avec mes deux origines était super et qu’avec des années, j’ai appris à accepter mes deux côtés, mais je me suis rappelée qu’il y avait une fois que je ne savais pas trop dans quelle case me classer.

En tant qu’enfant, on ne devrait pas voir la couleur de peau de notre ami, si on joue ensemble, c’est parce qu’on s’amuse bien. En revanche, moi, je la voyais. En général, tout se passait bien et je ne faisais pas de réflexion philosophique sur ma couleur de peau à huit ans. C’est juste que je pouvais voir qu’il y avait une certaine différence entre moi et les autres. J’ai passé les dix premières années de ma vie en Ukraine et (hello!) vu que je ne suis pas une blonde aux yeux bleus, je ressortais bien du lot. Ma mère s’est toujours assurée que je sois bien entourée, elle m’a mis dans une bonne école, j’avais accès aux professeures privées et bien que j’avais de bonnes amies, la différence était quand même présente. Je m’entendais bien avec les autres enfants, ce n’est pas ça le problème, c’est juste qu’il n’y avait pas des enfants ou très rare qui me ressemblait durant ce temps. Aussi, certains autres enfants qui étaient mal éduqués aimaient me rappeler ma couleur de peau et ça n’aidait pas à mon malaise.

Une fois qu’on a déménagé au Canada, je me suis dit, j’aurais enfin la paix, je pourrais être amis avec tout le monde et on sera tous métissée. C’était ça et pas tout à fait en même temps! En première secondaire, je me suis liée d’amitié avec un groupe d’amie africaine. On avait beaucoup de « fun » ensemble, mais parfois elles me sortaient des remarques telles que « tu es trop blanche » ou « ça, c’est ton côté blanc qui ressort ».

Je suis trop blanche? Qu’est-ce que cela veut dire? J’étais trop blanche pour certains et pour d’autres j’étais trop noire. Dans le temps ça me mélangeait tellement. Finalement, j’ai trouvé ma solution: je suis comme un café au lait et je suis bien correcte avec ça.

un bon café, de la lavande et un bon livreSource de la photo : Pixabay

Une chance que je ne me suis pas trop attardée là-dessus et que j’ai fini par trouver ma place. On est tous différents et c’est ce qui est magnifique, de plus si on prend la peine de connaître l’histoire de nos ancêtres, on se rendra compte qu’on est tous mélangés et on vient tous d’ailleurs. Donc, lorsque j’observais ma sœur, je trouvais ça beau de voir qu’elle ne passe pas par les mêmes épreuves que moi et que la vision du monde change doucement, mais sûrement.

Quelques autres aspects que les enfants métissés vivent :

1. Si t’as une maman qui a des cheveux droits, c’est très probable qu’elle ne sait pas coiffer tes cheveux qui ont de la texture (cela était mon cas). Quoique, de nos jours, il y a tellement de classes qui permettent d’apprendre comment arranger les cheveux bouclés. Dans mon temps (voir que je dis ça, est-ce que je suis vraiment arrivée à cet âge?), ma mère a dû apprendre sur moi.

2. Quand tu te trouves avec ta famille à l’extérieur, tu peux sans problème parler une autre langue, si tu ne veux pas que d’autres personnes comprennent votre conversation.

3. La meilleure partie : tu as la chance de manger, dans le cercle de ta famille, les plats de ces deux cultures (miam!).

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Marie-Charlette Mfera

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