Faits Vécus

Je viens de Saint-Léon-le-Grand, municipalité de paroisse située dans la municipalité régionale de comté de Maskinongé, dans la région administrative de la Mauricie. Le village compte (roulement de tambour) une population d’environ 900 habitants.

Mes parents étaient fermiers et agriculteurs. Les sols défrichés par mes arrières-arrières-grands-parents entouraient ma maison (oui, mon arrière-arrière-grand-père, il a défriché la terre, t’avais bien visé Mes Aïeux). Les membres du voisinage étaient mes oncles et tantes, l’instinct grégaire à fond dans l’tapis. Le genre de petit village où tu connais le petit cousin de l’autre et où on peut te dire où est la maison d’un tel. Le village dont tu dois nommer les villes avoisinantes pour que les gens arrivent à se faire une idée géographique de ce territoire méconnu.

On dit qu’on peut sortir la fille de la campagne, mais jamais la campagne de la fille. C’est pour ça que, quand je prends la sortie 174 direction chez mes parents, je ne peux pas me sentir plus chez nous qu’ailleurs. J’ai peut-être l’air, de prime abord, de la fille girly, fidèle au cliché de la blonde aux yeux bleus superficielle. Mais d’où je viens, j’ai passé la plupart du temps dans mes bottes de caoutchouc, mes vieilles paires de jeans délavés et mes chemises un peu trop grandes à faire de l’escalade sur les balles de foin, à glisser dans la bouse par maladresse et à apprendre à conduire prématurément tout ce qui est muni d’un moteur.

jeune fille qui court dans un champ avec une robe roseSource image: Pexels

À la campagne, j’ai appris à avoir du plaisir avec presque rien, ce qui m’a amenée à apprécier la simplicité et à être débrouillarde. J’ai appris à respecter les animaux et l’environnement puisque j’ai côtoyé la nature et les autres espèces très jeune. À la campagne, j’ai connu la proximité des gens, ce qui m’a amenée à être une personne chaleureuse. À la campagne, j’ai appris à reconnaître le dur labeur, parce qu’avoir une ferme, c’est être disponible 24/7 et sortir parfois en pyjama pour assister au vêlage imprévu d’une vache à trois heures du matin.

jeune agneau qui tète Source image: Unsplash

Bien qu’en étant plus jeune, j’avais espéré vivre en ville non loin des magasins et des événements convoités et que je me voyais, déjà à l’âge de 18 ans, déménager dans les métropoles, je me rends compte aujourd’hui que je suis vraiment chanceuse d’être issue de ce milieu et que j’y suis très attachée.

Bien qu’il existe certains préjugés rétrogrades associés aux gens des régions, je peux vous assurer que, vivre en région, c’est cool et que ça nous amène à nous recentrer, plus près de l’essentiel et plus loin des artifices.

Source image de couverture: Unsplash
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Jessica Bergeron

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