Faits Vécus

Je n’écris pas ce texte en espérant qu’il le lise, je ne l’écris même pas parce que je ressens le besoin de l’écrire. Mais je l’écris dans l’espoir qu’il puisse peut-être aider une jeune fille à passer au travers ça. Parce que du haut de mes jeunes 27 ans, ça reste sûrement l’épreuve la plus douloureuse que j’ai eue à surmonter. Ce n’était pas une grande épreuve pourtant, je veux dire une peine d’amour… on n’en meurt pas. Je te le jure. Mais c’était plus que ça et je sais qu’à ce moment-là, je pensais vraiment en mourir et dans le vrai sens du terme. Parce que j’avais aimé une personne pour la première fois et que ce n’était pas moi.

(À lire : À quoi s’attendre quand… On vit une peine d’amour)

J’avais 19 ans et à cette époque-là,  je me rends compte avec beaucoup de recul que je ne savais pas du tout comment aimer. Simplement parce que je n’avais jamais pris la peine de m’aimer moi et que je ne trouvais aucune raison de le faire. On avait rien en commun, en fait on était tout l’inverse l’un de l’autre. Il était entrepreneur, à son affaire et sûr de ce qu’il allait accomplir et moi une petite fille bien perdue qui n’était même pas certaine de qui elle était. J’imagine que la seule chose qui nous liait, c’était simplement l’amour. Celui avec le grand A. Pour l’aimer, je l’aimais. C’était ma seule raison d’aimer, en fait. Pour moi, on était un tout et j’avais besoin de lui pour être une personne. J’avais mal quand il n’était pas là et j’attendais son téléphone avec impatience à toutes les minutes de ma vie. C’est malsain d’aimer autant, c’est malsain de s’oublier et de vivre pour quelqu’un d’autre. C’est dangereux et ça fait mal. Parce que ça ne peut pas faire autrement. C’était juste invivable, pour moi mais surtout pour lui.

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Je me souviens encore de m’endormir en pleurant et de me réveiller en sursaut la nuit pour me remettre à pleurer après notre séparation. Ça a duré des mois pour ne pas dire une année complète. Ça fait longtemps, mais  le souvenir de cette douleur-là est frais dans ma mémoire et peut facilement me faire mal encore aujourd’hui seulement en y repensant. Ça ne s’oublie simplement pas.

J’aime croire quand même que tout ça, c’était vraiment spécial et qu’on a été amoureux à la hauteur qu’un premier amour devrait l’être. Mais c’était juste le mauvais temps. J’avais besoin de plus de temps pour moi. J’avais besoin d’apprendre à me connaître et surtout besoin d’apprendre à m’aimer. C’était juste les mauvaises circonstances et peut-être être même la mauvaise personne. Mais ça, ça prend du temps à comprendre. J’ai passé autant de temps à le détester qu’à me haïr. J’aurais écrit ces lignes il y a quelque années et elles auraient été complètement différentes. Parce que j’ai dû faire beaucoup de cheminement, j’ai dû trouver qui j’étais et surtout comprendre que j’avais besoin de personne pour l’être. Que j’étais forte et que rien au monde ne pouvait me faire sentir comme je me suis sentie à ce moment-là.

J’ai dû faire la paix avec toute cette douleur pour pouvoir avancer. Mais ça laisse une emprunte permanente parce que c’était la première et la dernière personne que j’aillais aimer plus que je ne m’aime moi.

Prends le temps de te connaître et de t’aimer, c’est le plus beau cadeau que tu peux te faire. Ton premier amour, ça devrait être toi. C’est cliché, mais on ne peut simplement pas aimer si on ne s’aime pas et ça je le sais par expérience.

 

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Genevieve Giroux

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