Faits Vécus Voyage

Le coronavirus n’a certainement pas touché tout le monde de la même façon. Ici, à Taïwan, il est presque irréel d’imaginer un Québec de restrictions et de distance. Ne vous méprenez pas, des mesures préventives ont aussi été mises en place, mais l’évolution lente et contrôlée du nombre de cas nous a permis de vivre une expérience d’expatriation plus « normale ».

Mon plan initial? Rejoindre mon copain pendant sa session d’études à Taipei, compléter mon mémoire, y rester moins de 90 jours comme le permettait mon exemption de visa. À ce moment, absolument tous les gens de notre entourage pensaient — et nous aussi — que nous courrions droit vers le cœur de la crise du COVID-19. J’ai pu atterrir à Taipei deux jours avant que le pays ne ferme ses frontières au reste du monde.

avion vol voyage cielSource image: Unsplash

Bonne gestion de crise

Ce qui s’est passé ne pouvait pas être plus différent. Taïwan a été exemplaire dans sa gestion des risques liés à la pandémie. Pour ne nommer que quelques-unes des mesures qui ont marqué notre quotidien, on parle de l’utilisation systématique du masque dans les endroits publiques et les transports en commun, ainsi que du désinfectant pour les mains toujours à la disposition et une prise de température obligatoire pour entrer dans les édifices. La base. L’accent a aussi été mis par le gouvernement sur les campagnes d’informations — disponibles dans toutes les langues — et l’installation d’affiches partout, en plus des données rendues publiques sur l’évolution de la crise.

Malgré tout, des déplacements possibles sur l’île (magnifique), des sorties dans les night markets (emblématiques) et dans les restaurants ou bars sont demeurés permis, comme tout le reste.

Au moment d’écrire ces lignes 443 cas ont été recensés à ce jour, dont 431 sont remis, et 7 sont décédés.

En quittant Montréal, nous pensions avoir l’opportunité de découvrir l’Asie. Les circonstances nous ont donné la chance d’avoir tout le temps du monde, à travers les études, pour tomber profondément en amour avec l’île de Taïwan. Trois extensions successives de visa de trente jours ont, une à la suite de l’autre, été annoncées par le gouvernement pour tous les étrangers sur le territoire pour éviter les fautes juridiques créées par des avions qui décollaient de moins en moins.

Eh oui, nos vols de retour ont été annulés. Pas grave, non seulement on est en sécurité, mais on peut légalement rester dans le pays. Ouf!

chutes eau Taiwan paysage

À propos de Taïwan

Taïwan, état insulaire faisant officiellement partie de la République de Chine, est une île de 23,6 millions d’habitants en 2018 située au sud-est de la Chine continentale. Son histoire complexe la place jusqu’à ce jour au centre de plusieurs débats politiques délicats, phénomène exacerbé par la crise sanitaire actuelle. La culture japonaise qui se mêle aux traditions chinoises est non moins vivante, témoin de son occupation du territoire pendant près de cinq décennies.

Aujourd’hui, le parti démocratique progressiste (PDP) est à la tête de son gouvernement et est dirigé par une femme. On retrouve à Taïwan une jeunesse instruite et ouverte ainsi qu’un peuple qui se démarque en Asie par sa tolérance, son ouverture et les libertés dont il fait bon jouir. Vivre ici c’est expérimenter un joyeux mélange de traditions et de modernité.

La religion prend encore beaucoup de place et les 12 000 temples au pays sont tous fréquentés quotidiennement. Ils se rattachent à différents courants religieux, les plus présents étant le bouddhisme et le taoïsme. Ces temples se retrouvent au détour de grandes rues en ville, ils se situent dans les endroits les plus incongrus, varient en taille et en grandiloquence. Ils sont aussi au fin fond des montagnes, derrière des cascades, au pied des falaises et dans des caves naturelles.

L’île de Taïwan rassemble une multitude de climats, en passant des zones tropicales à celles tempérées. On lui reconnaît donc une variété de paysages qui mutent d’un endroit à l’autre avec une faune et une flore qui s’y adaptent et qui profitent également des précipitations abondantes. Cette particularité permet aussi d’y cultiver localement pratiquement tous les fruits et légumes.

Le territoire prend place à la frontière entre plusieurs plaques tectoniques ce qui lui vaut de très fréquents tremblements de terre. Plusieurs de faible magnitude sont d’ailleurs reportés chaque semaine par le Central Weather Bureau. De notre côté, une fois seulement avons-nous senti des secousses assez fortes et assez longues pour avoir le temps de nous demander s’il fallait courir se réfugier. Pas assez fortes ni assez longues pour avoir le temps de le faire. Tout est sous contrôle. Les typhons, les inondations et les glissements de terrain sont également fréquents sur le territoire.

Ce qu’on retient, c’est que Taïwan c’est aussi et surtout pour nous les randonnées pittoresques, les paysages extravagants, le contraste entre la mer et les gorges, les forêts de bambou puis de conifères, de feuillus et de palmiers, c’est les sources d’eau chaude, les cascades et les récifs de corail, c’est la chaleur et le temps frais. Ce sont les rizières et les champs de thé. Ce sont également les papillons, les grenouilles, les serpents, mais aussi les tortues et les poissons. Bref, vous comprendrez, des paysages à couper le souffle.

Taiwan coucher de soleil paysage nuages

Apprendre à être dépaysé

Taïwan c’est un dépaysement total où l’on se sent bien. C’est avoir la possibilité, même si le chinois c’est dur à apprendre (lire ici, c’est impossible si on n’y consacre pas plusieurs heures chaque semaine), de communiquer avec la langue universelle de la gesticulation, des points d’interrogation dans le regard et des rires. Taïwan c’est découvrir de nouveaux plats et redécouvrir ceux qui se sont rendu jusqu’à la maison et ont été occidentalisés. J’avais lu quelque part avant de venir que c’était l’endroit où on comptait le plus grand nombre de restaurants par personne. Je n’ai pas de source fiable, mais je peux vous dire que les établissements qui vendent de quoi se nourrir sont partout. On y mange bien, on y mange pour pas cher et on découvre chaque jour de nouvelles adresses au coin d’une ruelle.

Note aventure se résume donc à se repaître (sérieusement un vrai délice – savoir que le bubble tea et les instant noodles ont été inventés par les taïwanais est déjà un bon indice de la richesse culinaire) et à vivre des aventures incroyables. C’est en ayant fait l’expérience de tout ça que nous revenons cette semaine à Montréal. Nous avons hâte de rentrer, mais sommes tout de même plein d’appréhension quant aux changements qui se sont opérés pendant notre absence.

J’ai l’impression que ces mois passés à découvrir et à apprendre sembleront avoir été vécus dans un espace-temps différent et sur une autre planète. 

paysage Taiwan mer océan

 

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Sophianne Poulin-Houle

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