Style de vie Voyage

J’ai toujours aimé voyager. Je crois que cela vient du fait que j’étais toujours dans mes valises lorsque j’étais jeune. Mes parents s’étant séparés lorsque j’étais bébé, je suis habituée de me faire barouetter d’un endroit à un autre, d’une maison à une autre. Et étonnamment, ça ne m’a jamais dérangée.

J’étais donc destinée à aimer voyager. J’ai fait mon premier voyage sac à dos à 19 ans et j’ai immédiatement eu la piqure. Je me suis donc fait un honneur de voyager chaque année, plusieurs fois par année si je le pouvais. Avec un statut d’étudiant et un travail que tu sais qui ne sera pas celui de toute une vie, c’est plus facile de partir. C’est avant d’avoir 2-3 semaines de congé par année dans un emploi que tu veux garder. C’est avant d’avoir des responsabilités, ce gros mot qui fait peur et qui change une vie. C’est avant d’avoir une maison et de savoir ce qu’est exactement une hypothèque. C’est avant l’arrivée de quelconque enfant, ce chamboulement voulu par tant.

C’était dans un moment où je savourais une liberté sucrée et juteuse, sans m’en rendre compte, en la prenant un peu pour acquise.

Aujourd’hui, c’est différent.

J’ai toujours ce feu qui brûle, mais moins de temps, de budget. Plus d’obligations. Je dois être cette personne stable sur qui ce qui grandit dans mon ventre va pouvoir s’appuyer.

C’est terrifiant.

J’ai peur de m’ennuyer du voyage et de la liberté que cela me procurait, me procure encore. Pourtant, il y a tellement d’endroits que je n’ai pas eu la chance de découvrir. Et ça me fait de la peine de penser que, peut-être, je ne les verrai jamais. Parce que, pour être des plus clichés, le monde est si grand et il y a tant de choses à voir!

Je veux passer un mois ou deux en Nouvelle-Zélande. Je veux découvrir les pays nordiques et voir des milliards d’aurores boréales. Je veux affronter tous les animaux et insectes tueurs de l’Australie. Je veux aller à la rencontre des paysages africains. Je veux manger tout ce que l’Asie a de plus fou à m’offrir. Je veux voir les glaciers avant leur terrible disparition. Je veux faire la connaissance de pingouins à la Terre de Feu. Je veux m’installer dans une maison sur pilotis en Polynésie française ou sur les îles Fidji. Tout ça et plus encore!

Et je sais que c’est possible de voyager avec un enfant.

Beaucoup le font très bien! Cam en est un excellent exemple avec Paul.

Mais je ne peux m’empêcher de penser que ça ne sera pas la même chose. Et que, surtout, le budget alloué se doit d’être complètement différent. Aussi, ce n’est malheureusement pas tout le monde qui a accès à quelqu’un pour aider dans le quotidien.

Donc, d’emblée, l’accessibilité est significativement réduite.

Un enfant coûte cher. Voyager coûte cher. Et j’aurai certes tendance à vouloir m’assurer que mon enfant à ce qu’il a besoin avant de partir à la découverte du monde.

C’est un tout petit deuil à faire.

Je suis cependant convaincue qu’il en vaut la peine. C’est une adaptation et la preuve ultime que tout s’apprête à être sens dessus dessous.

Peut-être devrais-je voir le fait d’élever un enfant comme ma prochaine aventure.

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Emmanuelle Ceretti-Lafrance
Éditrice et gestionnaire de blogue

Elle a un peu trop de livres, peut réciter par coeur les répliques des films du Seigneur des anneaux en français, est de son époque...

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