Faits Vécus

J’ai peur de tes grands yeux bleus qui me regardent intensément. J’ai peur de ta gentillesse, de ta patience et de la douceur de ton toucher. J’ai peur de cette chimie du corps et de l’esprit que nous partageons.

J’ai peur parce que mes blessures sont à vif encore. Parce que je suis séparée depuis seulement six mois. Parce que j’ai encore tellement mal rien qu’à penser aux dernières années de mon mariage toxique. Une relation parsemée de bons moments, mais assombrie par la violence. Une relation où j’ai appris à marcher sur des œufs et à donner sans rien demander en retour. Des années à chercher la bienveillance, le soutien, l’affection et l’amour inconditionnel. Une dynamique malsaine qui a laissé mon coeur meurtri ainsi que des cicatrices encore trop fraîches pour passer inaperçues. J’ai mal tous les jours et je sais que j’aurai encore mal pendant longtemps.

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Soure image : Unsplash

Je suis encore en plein coeur de tempête. Non, plutôt d’un cyclone. J’ai la tête sous l’eau par moments. J’étouffe. Je m’étourdis. Je tourne en rond. La vie me bouscule. Je tombe. Je me relève. Je ne suis pas du tout prête à être en couple à nouveau. J’ai besoin d’être en paix avec moi-même. J’ai besoin de me retrouver, de me pardonner et de me reconstruire. J’ai besoin d’apprendre à respirer.

Je prends juste des petites doses de nous, juste des p’tits bouts. Pourtant j’ai juste envie de me déposer dans tes bras et de me laisser porter. Je réalise que mes règles de dating, je n’ai pas le goût de les respecter quand je suis avec toi. J’ai l’impression de me tenir sur un fil à la recherche de cet équilibre que je ne connais pas vraiment. J’ai peur de tomber dans le vide et d’être trop avide de tes baisers et de ton étreinte. Nos phéromones se mélangent et me font vibrer. Il y a beaucoup de passion et de feu entre nous. Un bon feu doux et apaisant. Mais le feu ça brûle et j’ai peur de me brûler. Devant toi je ravale quelques larmes de bonheur pour cacher le bien que tu me fais. J’ai peur de te faire fuir si je te montre trop à quel point tu deviens important pour moi. Je me juge moi-même de ressentir tout ce que je ressens, après si peu de temps. Parce que oui, déjà, j’ai les yeux brillants quand je parle de toi.

J’ai la chienne. J’ai peur d’avoir mal, peur que tu me rejettes, peur que tu ne ressentes pas ce que je ressens. Tu vois, j’ai appris que les hommes nous font souvent du mal, qu’ils se servent de nous. Et à mes yeux, l’amour ça fait mal et c’est normal d’accepter certaines choses parce que quand on aime, on pardonne tout. J’ai toutes ces croyances dans mon for intérieur, même si on me dit que ça existe des relations saines et des hommes fondamentalement bons. Même si on me dit que c’est possible de régler des conflits sans violence, dans le respect.

Je ne te connais que depuis peu. Je ne te connais pas vraiment en fait. Mais j’ai des papillons quand je te vois et je souris quand tu me textes chaque matin pour me souhaiter bonne journée. J’adore quand tu me souhaites bonne nuit chaque soir et quand tu prends des nouvelles pendant la journée. J’me pose des tas de questions en essayant de me convaincre de prendre ça comme ça vient, sans pression ni attentes. Mais la vérité c’est que je suis en train de m’attacher alors que tous les deux on avait envie de vivre un long moment de célibat après nos récentes séparations respectives.

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Source image : Unsplash

J’ai peur de m’embarquer dans une autre relation toxique teintée de violence ou de déception. Mon instinct ne m’a pas protégée de la toxicité de mon mariage. Je ne les ai pas tous vus les signes. Je les ai encore moins écoutés. Cette petite voix intérieure dont tout le monde parle. Je pense que la mienne est défectueuse. Alors, comment me faire confiance à nouveau? Comment savoir ce qui est normal et acceptable? Comment vais-je le savoir si c’est bon pour moi ce que je vis avec toi? Si tu abuses de moi, qui va me le dire? Qui va me protéger?

Alors voilà, on me dit de profiter de ces doux moments sans trop me poser de questions et de me fier à mon instinct, puisque j’ai supposément justement appris des épreuves que j’ai vécues ces dernières année. Alors je plonge et advienne que pourra, parce qu’être avec toi c’est tout simplement un baume pour mon coeur brisé.

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Karine Martin

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