Par où commencer…. Si j’avais la chance de me revoir il y a dix ans, à l’Université Laval, je me chuchoterais à l’oreille : Aille la grande, tu vas en vivre des aventures et des échecs amoureux pour les huit prochaines années, mais accroche-toi, tu vas finir par trouver le bon!

À mes 20 ans, je me souviens encore de mon souper d’anniversaire pour souligner ce changement de dizaine: j’étais en amour avec un gars de mon baccalauréat de génie civil. Cet amour a duré plusieurs années, mais s'est terminé durant l'été: il avait terminé son baccalauréat et, moi, il me restait encore deux ans. Les changements de vies! Nous avons croisé le « Y »: j’ai pris à droite et il a pris à gauche.

S’en est suivi une multitudes d’amourettes, d’un an, deux ans, un plus long amour de trois ans avec un charmant policier qui s'est terminé en queue de poisson. Encore une fois, nos chemins s’éloignaient : je rentrais au bercail après six ans passés dans la ville de Québec pour revenir près de ma famille à Repentigny et lui voulait y rester.

Mon retour fut assez difficile, je suis tombée en amour avec de mauvaises personnes, j’ai été sur des sites de rencontre, je me suis fait du tort, j’ai causé du tort, j’étais complètement perdue. J’ai du prendre du recul, me questionner, me positionner dans la vie à savoir ce que je valais, ce que je voulais et ce que je m’attendais de recevoir de la vie. Il est assez évident que lorsque nous attirons toujours le même type de mauvais gars, il faut se recentrer sur soi et se questionner. Il faut vivre son célibat sans constamment chercher l’homme. Il ne faut pas avoir peur d’être seule un vendredi soir ou un weekend quand tous tes ami.e.s font des sorties de couple. J’ai appris un peu trop tard et un peu à mes dépens qu’il faut s’aimer, apprécier ces moments de solitude pour apprendre à bien se connaître. Il faut se donner de l’amour avant de pouvoir en donner aux autres. Il faut parfois plusieurs jours, mois, années avant de vraiment pouvoir répondre à cette question: « Qui suis-je? »

bonhomme coeur brisé fleur fanéeSource image: Pixabay

Je suis une fille généreuse, j’ai toujours voulu sauver les gens, donner de mon temps et plusieurs en ont profité. J’ai les défauts de mes qualités. Je suis intense, motivée, performante et je voulais une relation à ma hauteur, mais quelques fois, des relations aussi intenses amènent leurs lots de complications.

J’ai cherché un peu partout, en commençant par le gars super sportif comme moi : ÉCHEC assuré! Nos vies ressemblaient à « compétitions, manger, boire, dormir et sexe ». Il n’y avait pas d’amour, il se voyait à travers mes performances et mes médailles. Je sentais la pression et je voulais en donner plus, jusqu’à l’épuisement total et la dissolution complète du couple.

Je suis sortie avec un intellectuel. Je pouvais avoir de belles discussions, de bons échanges, des débats, mais sans attirance physique ni sexuelle, et bien, ça ne fait pas un couple très solide.

Je suis sortie avec un petit comique. Il me faisait rire, il me faisait passer des soirées mémorables. J’ai pu découvrir des endroits inusités et sortir mon coeur d’enfant. J’ai ri à chaudes larmes à en avoir mal au ventre et aux joues. Par contre, quand vient le temps d’être plus sérieux, de parler maison, enfants, famille et stabilité de vie, il n’était pas rendu à ce stade dans la vie et notre chemin s’est terminé là.

Je suis sortie avec un gars avec une shape de feu. Oufff, j’avais la pression de garder ma shape aussi en feu si je ne voulais pas le décevoir. Nous étions dans une boucle sans fin, entraînement par dessus entraînement avec une alimentation hors pair, sans aucune bifurcation. Nos vies n’étaient pas très agréables entremêlées d’anxiété de performance. Ils ne se gênait pas pour me comparer continuellement aux filles plus musclées, plus fines de la taille, aux seins et aux fesses plus rebondissants: ça n’a pas duré bien longtemps… C’est assez difficile sur l’estime de soi.

Je suis sortie avec un gars dont les moyens financiers étaient très au-dessus de la moyenne. Il me sortait ici et là, me payait des voyages, des restaurants, la grosse maison, bref : le gros luxe. Mais encore une fois, la passion n’y était pas.

Je suis sortie avec des plus vieux, des beaucoup plus vieux, des plus jeunes… encore une fois, échecs par dessus échecs.

J’ai fait la gaffe de sortir avec une personne qui exerçait une autorité sur moi (synonyme : un patron). Oufff. Il y a un dicton qui dit: don’t fuck with de payroll et bien c’est vrai, mais des fois, il faut expérimenter pour en tirer des conclusions et apprendre.

Et wow, à 28 ans, je peux enfin dire que je suis tombée sur la perle rare: un homme charmant, drôle, intelligent… Bref, une personne avec toutes les qualités, dont j’ai fini par réaliser, qui étaient importantes pour moi, ce qui me complétait, ce qui m’apportait du bien et ce dont j’avais besoin pour évoluer. J’ai mis de côté le superflu, mais j’avais besoin de passer par ce chemin rocailleux pour mieux me connaître. Pour savoir ce que j’aime et ce que j’aime moins. J’ai dû vivre des peines et des émotions fortes pour réaliser qui j’étais et jusqu’où j’étais capable d’aller. Je ne regrette rien de ce parcours, car il m’a permis d’être prête à rencontrer la bonne personne au bon moment. Il est le père de mes jumelles et j’espère pouvoir mourir à ses côtés.

genevieve asselin-demers couple jumellesSource image: Geneviève Asselin-Demers

Pour finir avec une note plus humoristique : comme mon père s’amuse à me taquiner, ça m’a pris beaucoup de garçons pour vraiment savoir ce que je voulais. Ma tante me disait: il faut essayer beaucoup de pénis pour trouver le meilleur pénis pour son vagin… un peu cru, mais je l’aimais comme ça !

En mémoire de ma tante Manon.
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