Depuis que je suis toute jeune, j’ai toujours dit que je voulais une grande famille. Pour moi la vie sans enfants n’a pas de sens. Je me voyais déjà maman de ma petite marmaille qui allait m’épuiser, mais me remplir d’amour. Je m’étais fixée l’âge de 25 ans pour avoir vécu tout de même assez de choses dans ma vie et en avoir assez profité. À partir de 25 ans, les mois passent et j’attends impatiemment le petit plus sur le bâton. Et les mois passent... j’ai 26 ans, je ne me décourage pas je me dis certains couples mettent plus de temps avant que ça arrive... 27 ans... toujours pas de petit pois dans mon bedon. Rien.

Puis une fois, j’ai du retard, je ne m’emballe pas mais je me dis ça y est, ce doit être la bonne fois. Test négatif... Bon simplement un petit retard... 2 mois de retard... je refais un test...négatif! Bon peut-être qu’une prise de sang serait plus précise. Je prends rendez-vous, aucun signe de petit pois. Après 6 mois de retard je commence à paniquer un peu... je me demande si je n’ai pas de problème d’utérus... Je rencontre ma gynécologue pour un examen. Résultat, je suis en santé, tout est parfait. On investigue plus loin... et le SOPK va entrer dans ma vie. Le Syndrome des Ovaires Poli-kystique. On me parle, mais je n’entends plus, je me dis bon au moins je n’ai pas de cancer. Puis deux mots résonnent dans la pièce. Deux mots qui ont eu l’effet d’un coup de poignard: infertilité secondaire.

femme seule triste infertilitéSource image: Unsplash

C’est quelque chose de réversible qu’elle me dit. Même si on me dit que mon rêve n’est pas entièrement anéanti, je n’arrive pas à me réjouir du tout. Là commence toute sorte de médication désagréable avec pleins d’effets secondaires. Qui donne quoi? Absolument rien! On finit par me dire que je dois perdre du poids pour renverser la situation. Mais j’ai un trouble alimentaire. Même avec toute la bonne volonté du monde il me serait difficile d’y arriver. Mais je n’abandonne pas mon rêve d’avoir ma petite marmaille à moi et je me bats chaque jour pour y arriver. J’aurais préféré être une jeune maman c’est certain, j’aurais aimé en avoir plusieurs, mais aujourd’hui je me dis que si la vie daigne m’en donner qu’un seul, ce sera déjà tout l’or du monde pour moi.

Bref, chaque annonce de grossesse dans mon entourage me fait l’effet d’un coup de poignard en plein cœur, j’en suis rendue à détester les nouvelles mamans, égoïste non? Je n’ai pas de contrôle là-dessus, c’est viscéral! J’essaie de me réjouir pour les autres, mais je n’y arrive pas. À chaque fois que je vois un bébé, mon cœur devient lourd et je refoule mes larmes en souriant, en faisant comme si de rien n'était, mais en dedans, c’est la tempête. Je n’en ai jamais parlé. Peu de gens sont au courant. Mais j’ai décidé d’en parler, parce que certains commentaires me font du mal, mais les gens ne savent pas, donc je ne leur en veux pas. Mais quand je vois certaines personnes se dire que j’aurai probablement pas d’enfant, vu mon âge qui avance et aucun signe de bébé en vue, ils se disent que c’est probablement un choix, que je préfère mes chats plutôt qu’une famille. Et bien, ils sont dans le champ. Un jour, j’espère avoir la chance de devenir maman. De voir ce «mini nous» grandir, de lui faire découvrir les beautés de la vie, de lui donner tout ce qu’on a de meilleur en nous deux. Un jour, petit cœur, on se rencontrera, toi et moi, et je ferai tout en mon pouvoir pour que ce jour arrive enfin.

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