Faits Vécus

Au cours de notre vie, on en rencontre en masse du monde.

À leur façon, ces gens-là laissent une trace dans notre parcours, dans notre cœur. Cette trace, on la sous-estime souvent, parce qu’on ne fait pas nécessairement attention à elle. On ne la voit pas. Ou l’on ne veut pas la voir. Certains souvenirs sonnent comme des ongles sur un tableau, pis personne ne veut endurer ça. Donc, on les tasse. Ou on les camoufle du mieux que l’on peut par d’autres, nos préférés. Ceux qu’on chérit, qu’on garde précieusement. Ceux qui nous font sourire chaque fois qu’on y pense, chaque fois qu’on les partage. Ceux qui viennent raviver la flamme quand elle perd de sa force. Une banque de douceurs pour les moments plus difficiles.

Ces gens, ils arrivent parfois au bon moment, quand la vie manque de couleur. Ils nous en font découvrir des nouvelles. Ils nous sortent de notre zone de confort. Et c’est là qu’on en apprend le plus sur soi-même. On se surprend à oser des activités, même celles qui nous faisaient peur. On découvre des facettes de nous qu’on ignorait, mais qu’on finit par admirer. On se surprend à jaser pendant des heures, à avouer des choses qui baignaient au fond de nous dans le noir. Une authenticité hypnotisante. On se surprend à rire aux larmes, pis maudit que ça fait du bien. On se surprend peut-être à pleurer aussi, parce qu’on réalise qu’on avait longtemps évité certains sujets, certaines blessures qu’on ne voulait pas raviver. Mais certaines personnes se pointent le bout du nez et nous aident à guérir du passé, naturellement. Et l’on se découvre en même temps qu’on découvre l’autre. Un vent de fraicheur. Une légèreté. On se surprend un peu plus tous les jours et c’est beau. Tel un rayon de soleil, leur présence nous réchauffe le cœur.

Mais on a peur de s’attacher. On ne veut pas trop s’habituer à ce genre de chaleur, parce que c’est là qu’on tombe de haut. C’est là que le froid dérange. Pis de toute façon, on a tous appris durement que les gens… bin ils partent un jour ou l’autre. Et des fois, ça fait plus mal que d’autres. Donc, on se protège. On se dévoile à moitié. On profite à moitié. Et peut-être qu’au fond, on s’arrange un peu pour que notre peur devienne réalité. On est coupable… à moitié.

Parfois, ils arrivent au mauvais moment. Quand on a le cœur barré au cadenas. Quand on est à boute des déceptions, découragé par l’humanité. Quand on ne veut pas risquer d’ajouter une cicatrice à notre cœur déjà magané. S’ils sont sincères et persévérants, ils arriveront à percer la carapace. Mais de nos jours, ça ne prend plus vraiment le temps. Si ça demande un peu d’effort, ça se sauve en courant. Tout doit être facile, tout le temps. Mais moi, mes plus belles relations ne sont pas parfaites. J’ai travaillé fort et je continue à le faire du mieux que je peux. Ces relations-là, elles impliquent des hauts et des bas. Des joies et des peines. Des erreurs, mais surtout du pardon. Il faut se le dire, ça ne se maintient pas par magie. Ça prend du respect, de la communication, de la patience et beaucoup d’amour. Surtout de l’amour.

pluie et parapluieSource image: Unsplash

Ton chemin, il est parsemé de gens.

Des gens qui ne s’arrêteront pas nécessairement. Et ce n’est pas parce que tu n’en vaux pas la peine, loin de là. C’est souvent une question de timing. Il y a des moments où l’on est centré sur soi, occupé à mener un combat par en dedans. Des moments où l’on est saturé d’émotions et des gens en général. Des moments où l’on marche et les visages qu’on croise sont flous. Peut-être que tu écopes de tout ça.

Il y a des gens qui vont s’arrêter, l’instant d’un petit moment volé. Et peut-être que c’est destiné à être unique. Peut-être qu’on évite des tempêtes de cœur, même si l’on finit toujours par se demander pourquoi ils ne sont pas restés un peu plus longtemps pour voir à quel point il fait beau par chez nous.

Certains vont s’être égarés. Ils vont marcher avec nous le temps qu’ils retrouvent leur chemin. Le temps que leur tempête se calme et qu’ils puissent y voir clair. Et quand ce temps est écoulé, au lieu d’être déçu de les voir s’éloigner, on peut être fier de leur évolution. L’important, c’est qu’on ait pu les aider avec toute la bonté et la gentillesse qui nous habitent. Une main tendue en silence lors des moments plus difficiles, c’est une reconnaissance inexplicable. Et même si l’on n’aime pas les tempêtes, elles nous font terriblement grandir. Elles nous ébranlent. Elles nous jettent par terre. Mais elles nous rendent plus forts. Elles nous forcent à changer, à nous améliorer. Et c’est là aussi que malheureusement des chemins se séparent. Parce qu’on fait du ménage à l’intérieur de soi. On finit par comprendre qu’il faut arrêter d’accepter moins que ce que l’on mérite.

Mais il y a ceux qui, dès le premier regard, vont voir quelque chose en nous. Quelque chose qu’on ignore souvent nous-mêmes. Ils vont s’ouvrir à nous sans méfiance. Ils vont nous partager leur joie de vivre, leurs histoires cocasses, leurs épines dans le cœur. Ils vont nous poser des tonnes de questions. Ils vont nous regarder avec de grands yeux intéressés. Des yeux remplis de tendresse. Ils vont partager nos succès. Ils vont être là dans les moments plus difficiles. Avec du vin et des gourmandises. Avec des promenades en auto et de la musique à fond. Ils vont nous ouvrir grand les bras pour qu’on s’y réfugie l’instant d’un moment, le temps d’une petite pause de la vie. Et quand on n’a plus la force de se protéger contre les gros déluges, ils vont nous mettre à l’abri sous un grand parapluie magique avec des imprimés de petits bébés chiens. Ils vont venir se coller dans notre solitude sans faire de bruits quand notre cœur est lourd et qu’on n’a pas le goût de verbaliser les blessures. Et quand on est fâché, ils vont nous écouter chialer. Participer un peu. Ils vont peut-être nous dire qu’on est cute. Ils vont rire de nos folies. Ils vont nous accompagner dans la prochaine.

gens dans la rue avec parapluieSource image: Unsplash

Cette complicité, c’est indescriptible. C’est un baume sur le cœur. Peu importe l’émotion, ils vont nous dire ce qu’on a besoin d’entendre et non ce qu’on veut entendre. Ils vont participer à notre quête d’identité et ils vont toujours vouloir ce qu’il y a de mieux pour nous. Ils ont un huitième sens. Une intuition qui pourrait souvent nous sauver des grosses bêtises. Mais souvent, on ne les écoute pas. Ils nous regardent aller. Ils nous attendent, prêts à nous recoller en morceaux. Ces gens-là, ils vont devenir nos humains préférés. Ils caressent notre cœur avec leur présence, leurs mots, leur sincérité. Ce sont des gens qu’on admire, qu’on respecte, qu’on aime inconditionnellement. Ils auront réussi à se frayer un chemin jusqu’à notre cœur. Ils vont s’y installer confortablement. Et je te jure que malgré la distance, ils arrivent à être là quand même. Ces gens-là, ils marchent longtemps avec nous, dans le meilleur des mondes.

Ce que je dis, c’est qu’il pleut des gens.

Des gens aimables. Des gens honnêtes. Des gens attachants. C’est le genre de pluie qui nous donne le goût de sortir dehors et danser, le cœur joyeux.

Mais aussi des gens égocentriques. Des gens arrogants. Des gens manipulateurs. Le genre de pluie qui nous donne froid dans le dos et qui nous transmet le rhume. Le genre de pluie qui explique pourquoi certaines personnes se promènent maintenant avec un parapluie à la main, prêtes à se protéger.

Mais n’oublie pas, il y a une raison derrière chaque rencontre, même celles qu’on voudrait oublier. Chacune d’entre elles explique un peu qui l’on est aujourd’hui, parce qu’à travers chaque leçon, on grandit un peu plus.

Donc, n’aie pas peur de te tremper un peu.

De toute façon, avec le temps, tu sauras quand te munir d’un parapluie.

Source photo couverture: Unsplash
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Caroline Demers Barbeaux

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