Arts Cinéma

Le 9 février dernier s’est tenue la 92e édition du gala des Oscars. Cette soirée réputée récompense divers succès, autant techniques qu’artistiques, de productions internationales dans l’industrie du film. Ainsi, différents prix des plus prestigieux sont remis aux directeurs photo, monteurs, réalisateurs, mixeurs, costumiers, etc. qui font des films qui animent nos grands écrans ce qu’ils sont.

Plusieurs statuettes dorées, dont la plus illustre remise pour le meilleur film, ont été raflées par un film sud-coréen, Parasite, en faisant ainsi la toute première production cinématographique non-anglophone à gagner cette énorme récompense. Bong Joon-ho a fait l’histoire cette année, en montrant qu’un film de langue étrangère pouvait aussi démontrer profondeur, suspense et prouesses techniques.

affiche du film parasite de bong joon hoSource image: Les Oscars

Aussi, depuis le début des Oscars en 1929, seulement cinq femmes ont pu se compter chanceuses d’être gagnantes du prix remis à la meilleure réalisation. Cette année, aucune n’était même nominée dans cette catégorie.

Tout le monde le sait, preuves à l’appui, Hollywood est un gigantesque boy’s club. Les femmes qui tentent de s’y tailler une place sont le plus souvent ignorées, sans parler des femmes de couleur. Peu de femmes réalisatrices, productrices et scénaristes, bref, peu de femmes dans pas mal toutes les grandes positions de l’industrie du cinéma. Et si on a des actrices, elles performent bien souvent des rôles de piètre qualité qui véhiculent de fausses idées. Voir des femmes à l’écran, oui, mais les voir jouer la belle blonde à moitié habillée, la jolie poupée seulement présente pour apporter du soutien et rehausser l’acteur, ça ne change pas grand-chose au niveau de la représentation.

buste de poupéeSource image: Unsplash

Bref, Hollywood manque de diversité. Avec la renommée et le grand public qu’il possède, ils auraient tout avantage à montrer de la couleur, de la différence, de l’unicité, autrement dit, des personnages qui nous représentent pour de vrai. Ce sont des milliers de jeunes noirs qui ont regardé leurs semblables à l’écran se faire tabasser et insulter à cause de leurs origines; de jeunes filles qui pensent que pour être une femme acceptée des hommes, il faut diminuer légèrement son niveau d’intelligence et utiliser son pouvoir de séduction.

Si ce n’est pas Hollywood qui va nous les montrer, à qui incombe la responsabilité de mettre en lumière les points de vue des peuples du Moyen-Orient, d’encourager les productions dirigées par des femmes? C’est à nous de goûter à toutes les productions existantes aussi différentes qu’il existe de nationalités, de paires de yeux à travers lesquels éprouver le monde qui nous entoure. Il  nous revient le devoir d’encourager et d’inciter ces créateurs indépendants, mais tout aussi talentueux, à filmer, écrire, produire, réaliser! C’est à nous de consommer de l’art qui nous dépayse, qui nous fait voyager, qui bouscule nos valeurs et nos coutumes.

Hollywood continuera sûrement d’être un homme blanc encore bien longtemps puisqu’il le fait depuis maintenant 92 années et ça marche. Mais si nous prenons la décision d’écouter un film étranger par mois, d’encourager ceux réalisés par des femmes, ceux mettant en scène des autochtones, des homosexuels, des gens avec des déficiences, il est sans contester que nous en ressortirons grandis.

Il est dit que le cinéma est l’art de l’empathie, mais en ce moment, il ne nous aide pas vraiment à comprendre la myriade de réalités qui existent hors de la nôtre, la culture occidentale. C’est à nous de le rendre à l’image de notre belle planète.

Source image de couverture: Unsplash
-->
Un article de
Mathilde Côté's Avatar
Mathilde Côté

Le Cahier a la chance de compter sur une équipe de collaborateurs spontanés. Pour en faire partie, écrivez-nous à [email protected]!

Mes articles 
Articles suivants
Article Featured Image

365 jours plus tard… plus forte.