Faits Vécus

Je me suis mise à rire quand mon amie Maryline m’a textée hier après-midi pour m’annoncer que sa ville venait de remettre la cueillette de bonbons d’Halloween au lendemain, soit le 1er novembre. Elle explique dans son message que son ami vient de la texter pour lui apprendre la nouvelle:

Demain, y’annonce d’la schnoutte, fack pas d’Halloween!

Tout d’un coup, je ris un peu moins.

Je saute sur mon ordi et Facebook me confirme le tout: ma ville à moi aussi vient de remettre la fête des sorcières et des p’tits monstres au 1er novembre. J’ai senti ma pression s’élever d’un cran et j’ai pensé à mes enfants qui font le décompte depuis deux semaines. Eh misère, faites que les éducatrices de la garderie et de l’école leur aient annoncée avant moi…

Pas de chance, ils n’étaient pas au courant quand je suis allée les chercher, mais ils l’ont mieux pris que je pensais. Au fond c’est cool, on se déguise le 31 dans le jour pour l’école et la garderie et on se déguise à nouveau vendredi soir pour passer dans les rues. C’est beau la naïveté des enfants. Mais pour certains d’entre nous, c’est un peu plus compliqué. J’ai donc décidé de mener ma petite enquête maison et j’ai demandé à plusieurs de mes amis/contacts leur opinion par rapport à la nouvelle du jour. 

La grande majorité est heureuse de la décision des différentes municipalités. On ne veut pas que nos enfants soient malades pendant des jours (voire des semaines, la grippe est toff c’tannée comme dirait mon grand-père) juste pour ramasser des bonbons. D’autres font mention de la sécurité dans les rues. S’il pleut, plusieurs parents feront la navette entre les différents quartiers avec leur petite gang en voiture. Beaucoup de voitures + beaucoup d’enfants dehors + visibilité réduite à cause de la pluie, ça donne beaucoup plus de risques d’accident. On le sait, on a beau leur dire et leur re-dire, la règle qui dit de ne pas traverser la rue n’importe où n’est pas toujours respectée par nos touts-petits.

Oui, mais dans mon temps…

Oui, dans notre temps, passer l’Halloween se faisait le 31 octobre et ce n’est jamais passé par la tête de personne de changer cette tradition. Il avait beau pleuvoir, neiger, grêler, nous, on passait pareil. On faisait juste mettre notre salopette d’hiver en dessous de notre robe de princesse et le tour était joué. Par contre, la dernière fois que j’ai passé l’Halloween, ce devait être en 1995 (aouch! J’ai mal à mes rhumatismes tout d’un coup). En 1995, internet n’existait pas. Les cellulaires étaient réservés à la haute classe de la société. Alors dites-moi comment on aurait su, à 24 heures d’avis, que le maire avait décidé de remettre la fête au lendemain? Impossible!

Les temps ont changé. La preuve, certaines villes du Québec ont décidé d’officialiser la chose en déclarant la soirée du dernier vendredi du mois d’octobre comme étant la nouvelle soirée officielle de ramassage de bonbons. Sérieusement, j’ai trouvé ça intense comme décision. Mais tout comme la plupart de mes amis qui ont gentiment répondu à mon petit sondage, le problème n’est pas tant la date, mais le fait que les villes n’agissent pas toutes de la même façon. Elle fait quoi, mon amie infirmière, qui va faire un 16 heures de travail le 1er novembre pour compenser le congé qu’elle a demandé pour se permettre de passer l’Halloween avec ses enfants le 31? Entendez-vous, les villes! Si c’est le 31, ben c’est le 31 et nos enfants ré-ouvriront le débat dans 30 ans. Ou alors demandons à Monsieur Legault de trancher et le Québec en entier fêtera la même journée. Parce qu’en date d’aujourd’hui, la ville voisine à la mienne donnera des bonbons demain le 31, mais nous ce sera le 1er. Mon amie de Dolbeau a écrit ceci, qui résume parfaitement ce qui dérange plusieurs parents:

« Moi, ce qui m’agace, ce n’est pas de déplacer la fête, c’est plutôt que chaque ville ne choisit pas la même date… Chez moi, la ville voisine a fêté Halloween samedi passé le 26, l’autre ville d’à côté c’était le lendemain et, dans ma ville, c’est le vendredi 1er novembre… Sans compter que l’école fête Halloween le 1er novembre, et la garderie le 31….. Certains en prennent un malin plaisir et font la cueillette dans les trois villes! Ça fait trop de gens dans les rues pour les maisons qui donnent des friandises et à 18h30 les lumières se ferment par manque de bonbons. »

candy corn bonbons halloweenSource image: Pixabay

En résumé, d’un côté il y a les nostalgiques; ceux qui tiennent aux traditions et qui ne s’empêcheront pas de s’amuser dans les rues malgré le vent et la pluie annoncés. On ne commencera pas à changer les dates officielles à cause de Dame Nature.

De l’autre, il y a les plus prudents, les plus « pratico-pratiques » qui refusent de courir le risque de se faire mouiller et qui préfèrent ne pas courir après leur queue le 31 octobre entre un souper sur le coin du comptoir, le rush de sucre et le dodo à gérer.

Est-ce que 2018 a marqué la fin de l’Halloween telle qu’on la connaît? Et si on demandait à nos minis monstres quelle date ils préfèrent passer l’Halloween parce qu’au fond, c’est pour eux que nous avons ce débat. Pensez-vous vraiment qu’ils nous donneraient une date exacte? Je pense que tout ce qu’ils attendent de nous, leurs parents, c’est de ramasser le plus de bonbons possible, l’autorisation de se coucher le plus tard possible et profiter de la vie, tout simplement, avec un déguisement trop grand par dessus leurs vêtements d’hiver et le droit de manger du chocolat et des chips comme collation de fin de soirée. Et ce le 31, le 26 ou le 1er.

Source image de couverture: Unsplash
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Marie Claude Delage

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