Faits Vécus

On se fait souvent dire qu’une femme indépendante, c’est attirant.

Texte-le pas en premier, attends qu’il te coure après. Ils aiment ça les hommes.

Mais est-ce que c’est mal de ne pas avoir envie de jouer cette game-là? Est-ce que si l’on décide de lui parler quand on en a envie, ça fait de nous des femmes dépendantes et désespérées, ou simplement des femmes qui apprécient l’autre et qui le démontrent aisément? Parce qu’à mes yeux, une femme qui sait ce qu’elle veut, c’est captivant. Une femme honnête, ce l’est encore plus.

C’est dommage que la société propage ces idées qui nous font douter de nos relations, de notre propre personne aussi. S’il ne me parle pas, il doit s’en foutre. J’ai peut-être dit ou fait quelque chose qu’il n’a pas apprécié. Peut-être que je l’énerve au fond… Le hamster court. Les émotions nous font vivre des montages russes. C’est désagréable pis en plus, on garde ça par en dedans. On ne voudrait surtout pas dévoiler notre vulnérabilité au grand jour. Avoir l’air de ceci, avoir l’air de cela…

On se sent toute petite dans nos shorts pis on espère. On espère grandir un peu.

femme montagne aventureSource image: Pixabay

On a l’impression que nos insécurités sont laides, qu’on ne pourrait pas être acceptées si elles nous collent à la peau. Plus on veut s’en débarrasser, plus elles se propagent. On se sent tellement imparfaites, mais c’est ce qu’on est toutes. Alors pourquoi ça prend autant de place?

Il y a une chose dont je suis certaine, tout se dit. Même si ce n’est pas toujours agréable. Même si l’on redoute un peu la réaction de l’autre. Si l’affection n’est pas réciproque, ça se dit. C’est une question de respect. Le soulagement de l’avoir fait est plus important que l’inconfort du moment. Et ça permet à tout le monde de passer à autre chose. S’il y a quelque chose qui dérange, ça se dit. La communication, ça fait des miracles. C’est le fun d’être sur la même longueur d’onde. C’est le fun, mais ça se fait rare.

Ça me fait peur, ce manque d’honnêteté. Le fait que les gens ne portent plus assez attention aux autre pour dire la vérité. Pour éviter aux autres de perdre leur temps. Pour éviter aux autres de se sentir comme de la marde dans l’attente interminable d’un petit salut qui ferait tant notre journée, mais qui ne viendra peut-être jamais.

Tu as bien raison, ce n’est pas un signe de vie de sa part qui devrait avoir le pouvoir de changer notre humeur. Mais c’est ça pareil. Je suis contente pour toi si tu arrives à t’occuper assez pour ne pas vérifier ton cellulaire chaque demi-heure dans l’espoir de voir son nom apparaitre. Entre femmes, on peut s’aider. C’est quoi ton truc?

femme blonde texte caféSource image: Pixabay

S’il ne te texte pas après votre rencontre, c’est qu’il n’en vaut pas la peine de toute façon.

Ça parait un gars qui n’est pas intéressé.

Est-ce que tu le ressens ce poids qui pèse sur les épaules de chaque personne qui espère avoir été assez intéressante pour un retour d’appel? Moi je trouve ça lourd.

Les petites voix dans notre tête qui embarquent, ce discours intérieur influencé par la société dans laquelle on vit, ne sont que nuisibles.

Cette fameuse insécurité, elle touche tout le monde. Même les femmes qui ont l’air si fortes. Certaines la dissimulent plus facilement, tout simplement. Mais à la seconde où l’on tient à quelqu’un, c’est immanquable. Ça arrive souvent en début de relation, parce qu’on a l’impression de marcher sur une corde où l’on pourrait basculer à n’importe quel moment dans ce grand vide qu’est le rejet. Mais ça peut arriver n’importe quand. Quand on ressent que l’autre change d’attitude. Quand on a l’impression qu’il perd intérêt, qu’il s’éloigne… C’est là que nos émotions prennent le contrôle sur le rationnel. Parfois, on a raison de s’inquiéter. Mais souvent, on se crée mille et une histoires. Des histoires qu’on finit par croire et qui sont souvent loin de la réalité. Souvent, on se torture soi-même. Tout ça, parce qu’on a peur de s’ouvrir. Parce qu’on a peur que nos insécurités et nos imperfections le fassent fuir. Mais au fond, il n’y a rien de plus humain. Il faut les accueillir et les assumer. Et quand ce sera fait, aucun homme ne sera plus important que le respect qu’on se doit.

Et si on se faisait une promesse d’authenticité, t’embarquerais avec moi?

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Caroline Demers Barbeaux

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