Je veux dire, c’est ce qu’on entend partout, dans tous les films. Un couple marié. L’homme veut du sexe et la femme dit toujours qu’elle a mal à la tête. L’homme finit par se masturber devant de la pornographie dans le sous-sol en faisant semblant d’écouter le sport alors que la femme dort. Le plus vieux cliché du monde.

Mais, dans la vraie de vraie vie, est-ce que ça se passe toujours comme ça?

Non.

Pas du tout même.

Quelques hommes peuvent avoir l’air très portés sur la chose en parlant avec leurs chums de boys ou en discussion Tinder avec une demoiselle potentielle, mais dans le feu de l’action, c’est très différent.

J’ai l’impression, et détrompez-moi si je dis n’importe quoi, que les discussions entre hommes sur la sexualité sont plus de surface. Ils ne se parlent pas entre eux de ce qu’ils aiment, aiment moins ou des subtils détails de leur plaisir. Ils relatent des faits (on a fourré, elle m’a sucé, c’était le fun) et parlent de leurs exploits (j’ai un gros pénis, j’ai duré des heures, yes bro). Ne surtout pas montrer sa vulnérabilité.

Mais peut-être que ma vision est également basée sur des clichés de vestiaire!

Je peux témoigner qu’entre filles, on en parle beaucoup. De long en large. De chaque détail auquel on peut penser. Oui, mes amies savent ce qui me fait le plus jouir et la position que je préfère. Pas de gêne. Le fait d’en parler aide à comprendre, à découvrir de nouvelles méthodes et techniques et à normaliser certaines choses. Je trouve ça important d’ouvrir une discussion sans tabou sur le sexe. C’est sain et c’est éducatif. Surtout entre chums de femmes!

Mais est-ce qu’en parler plus influence la libido?

Non plus.

La réponse est un peu plate, mais c’est différent pour tout le monde.

Dans mon couple, je peux témoigner que j’ai beaucoup plus de libido que mon copain. Il a du désir pour moi, ce n’est simplement pas le centre de ses pensées. Pour lui, le sexe vient avec des sentiments et n’est pas particulièrement nécessaire au quotidien. Pour moi, il s’agit également d’un relâchement et d’un moment de détente. Quelque chose de purement physique, en plus de sentimental. Oui, c’est beaucoup plus agréable lorsqu’il y a de l’amour d’impliqué dans l’équation, je l’admets, mais ce n’est pas 100% nécessaire pour trouver mon plaisir.

Je suis donc celle qui initie l’acte le plus souvent. Et oui, je me fais souvent dire non.

Est-ce que mon copain est moins viril pour autant? Non, pas du tout. Est-ce qu’on a des besoins différents en termes de sexe? Oui, absolument.

Chaque couple vient avec sa personnalité sexuelle.

Mais qu’en est-il des célibataires? Est-ce qu’un homme célibataire a plus de besoins sexuels qu’une femme célibataire?

Encore une fois, pas nécessairement.

Peut-être sera-t-il plus à la recherche du sexe, mais la libido peut sensiblement se ressembler. Est-ce qu’une femme aura plus tendance à se tourner vers ses jouets plutôt que d’arpenter Tinder pour un coup d’un soir? Peut-être! Mais un orgasme reste un orgasme, qu’il soit avec quelqu’un ou soi-même.

La vraie question à se poser ici, c’est pourquoi est-ce que la société veut qu’on voit l’homme comme celui qui a le plus de besoin sexuel? Est-ce simplement basé sur une vieille croyance de l’ancien temps, alors que la femme n’avait pas le choix de s’adonner à ses devoirs matrimoniaux? Je serais tentée de dire que oui!

Le sexe a une force. C’est quelque chose de puissant qui a un énorme pouvoir de contrôle sur autrui. L’industrie du sexe rapporte des millions de dollars par année. Être celui à qui s’adresse cette grande agglomération, c’est avoir l’impression de posséder une part de pouvoir. D’avoir un pas d’avance, peut-être. Mais ça vient aussi avec beaucoup de pression pour l’homme à qui ça ne tente pas tant que ça.

Une femme qui aime ouvertement le sexe et est en charge de son plaisir est également plutôt mal vue, notamment par les médias. Car elle sait ce qu’elle veut. Elle n’est donc plus l’image de la femme soumise à son mari, un autre cliché d’antan. Et, c’est bien connu, une femme qui pense par elle-même et qui se fait plaisir elle-même, c’est dangereux.

Pour vrai, gang, est-ce qu’on peut juste faire ce qu’on veut? Avoir du sexe si ça nous tente. De ne pas en avoir si ça ne nous tente pas. Qu’on soit excité ou non. Asexuel ou non. Rendu là, les clichés, est-ce qu’on peut les jeter à la poubelle?

 

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Emmanuelle Ceretti-Lafrance
Éditrice et gestionnaire de blogue

Elle a un peu trop de livres, peut réciter par coeur les répliques des films du Seigneur des anneaux en français, est de son époque...

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