Les battements de mon cœur m’empêchent de trouver le sommeil ces derniers jours. Tu rends mes nuits fébriles. Est-ce que je rêve encore ? Est-ce que tout cela est réel ? Du coup, tout ce qui a toujours été sauvage en moi se montre docile envers toi. D’un simple regard, tu résous le mystère de mon cœur et celui de mon âme à la fois. Tu rassembles les morceaux dans l’univers, fais disparaitre le grand mystère et tapisses le ciel de nuages rosés.

L’amour, dans mon histoire à moi, était une course vers la disparition de mon essence. Il était une expédition impossible vers des sommets imaginaires. Il était un essoufflement constant, une perversion de qui j’étais réellement, et surtout, un discours dans une langue que je ne maitrisais pas. L’amour n’existait pas, point. Il n’existait plus. Je préparais mon âme entière à voyager en solitaire. Je l’entrainais à être fougueuse, rebelle et inatteignable. Je croyais avoir touché la vérité, et je riais secrètement des femmes qui aimaient les hommes. Les hommes.  Que je croyais incapable d’aimer, incapable de saisir et d’apprécier la féminité sans la démolir ou vouloir la posséder. Les hommes. Que je regardais de haut.

Ça, c’était avant toi.

Avant que, d’un coup de regard, tu anéantisses la garde royale de mon cœur de femme. Celui qui arrête le temps, et me rend docilement vulnérable aux sentiments. Moi qui embrassais la liberté, et qui croyais m’être complètement délié l’esprit de l’immense tromperie des émotions douces. Voilà que tu arrives. Tu arrives, et me fais perdre tous mes repères. Et je me rappelle que mon cœur à cet immense pouvoir d’aimer. De s’abandonner. D’être une femme qui aime un homme.

Toi, rien ne te ressemble. Rien ne t’abîme. Rien ne te fait de l’ombre.

Tu n’as pas peur des grands mots, des émotions qui éclaboussent, des âmes qui se dévêtissent. Tu ne crains pas la fougue, le réel, les lumières éblouissantes. Tu es si proche de ta propre essence. Tu m’as dit que tu t’étais toujours senti différent. Je la sens, je la vois, cette différence entre toi, et le reste du monde. Tu as une pureté rarissime. Tu as le cœur d’une transparence telle que je peux voir au travers, ta beauté. Tu as une beauté intérieure, une véracité qui me dénude complètement.

Savoir que quelqu’un comme toi existe me réconcilie avec l’humanité entière. Ta seule âme efface à elle seule tous les conflits que je porte en moi avec la vie et sa parfaite incohérence. Tu fais vivre la poésie qui m’habite depuis toute petite. J’ai longtemps cherché ma place, mais avec toi, elle devient claire. Elle est ici, dans ce monde, dans ce monde d’où tu viens. Hier, lorsque nous avons soupé ensemble, tu m’as demandé comment je m’étais sentie aujourd’hui. Personne ne m’avait jamais demandé, tout bonnement, comment je m’étais sentie au travers d’une journée. Et bien, sache que, je ne me suis jamais sentie aussi vue. Aussi entendue. Aussi reconnue. Et que cela repose mon cœur rebelle… enfin.

Image de couverture par Juan Rodriguez Duarte

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