Faits Vécus

Facile à dire, mais ô combien difficile à réaliser. On dirait qu’en 2020, une pression sociale s’exerce de manière continuelle envers notre personne pour que notre vie fasse du sens. On doit justifier le but de chacun de nos gestes, de nos choix et de nos manières de vivre. Je trouve de plus en plus difficile de trouver du sens dans un monde qui en a de moins en moins, dont les repères deviennent flous au fur et à mesure que l’on avance à vitesse grand V dans une ère de productivité, de technologies et de développement sans fin. Avec le rythme accéléré dans lequel nous évoluons tous, qu’on le veuille ou non, en raison des impératifs économiques du coût de la vie qui n’attendent pas pour se faire payer à la fin du mois, nous avons trop peu de temps, d’énergie et de disponibilité émotionnelle pour réussir à s’arrêter pour un moment et se questionner sur le sens. Le sens de la course quotidienne, de notre travail, de notre surconsommation et des pressions sociales, familiales et externes qui viennent tracer notre chemin comme si aucune autre voie ou possibilité n’était permise de voir le monde ou de vivre sa vie.

homme désespéré mains sur le visageSource image: Unsplash

À l’époque moderne d’une jeunesse éduquée ayant grandi en se faisant constamment remémorer qu’on peut faire ce que l’on veut de notre vie, que toutes les possibilités nous sont offertes, je pense, par moments, nous avons une myriade d’opportunités qui peuvent nous donner le vertige tellement nous avons d’options. Trop de choix, c’est comme en avoir trop peu, cela peut devenir insécurisant, voire même frustrant. Des questionnements constants surviennent, relativement à nos décisions, car, avec le poids de faire ce que l’on aime, de faire quelque chose qui fait du sens, beaucoup pataugent dans l’ambivalence et ont de la difficulté à trouver à quoi s’accrocher.

Je parle ici professionnellement, mais cela s’applique aussi à toutes les sphères de la vie. On peut parler à tort ou à travers de la religion, de l’Église catholique et des dérapes encourues dans notre passé pas si lointain, ici, au Québec, mais n’empêche…N’empêche que le tissu social était plus solide, plus soudé. Que les mots collectivité, voisinage, entraide et valeurs voulaient encore dire quelque chose. La religion, tout comme les Canadiens de Montréal, était ce qui nous unissait, nous rassemblait, nous guidait, pas toujours dans le bon sens, j’en conviens. Mais oublions les doctrines, les prescrits et les dogmes qui nous étaient imposés, ce que j’essaie de dire, c’est que je trouve que notre société a perdu son sens.

Trop nombreux sommes nous à transgresser nos valeurs profondes et nos aspirations pour des raisons économiques. Afin de consommer plus, ou de vivre plus confortablement au niveau matériel, on joue le jeu, on sacrifie une partie de nous et on met de côté notre humanité. C’est cela que je ressens des fois, qu’on inhibe complètement notre humanité pour remplir notre rôle dans le jeu de productivité et d’image qu’est rendu la vie actuelle, pour se détacher des répercussions que peuvent avoir nos gestes égoïstes. Je dis ce mot sans jugement, car quand on agit ainsi en majeure partie du temps, c’est parce qu’on se sent contraint, consciemment ou inconsciemment. On a une tâche à remplir et on le fait, car on a des obligations, des engagements et des responsabilités.

femme qui écrit dans son agenda croissant et caféSource image: Unsplash

Avec le coût de la vie qui augmente plus vite que les salaires, la crise environnementale qui nous est mise en plein visage à chaque jour et les différentes réalités auxquelles nous sommes confrontées jour après jour, nous avons tous besoin d’ancrages, de balises et parfois même de guidage. Que l’on parle d’une spiritualité qui vous est propre, de discussions authentiques et profondes avec vos amis sur le sens de la vie un peu (pas mal) éméchés à trois heures du matin ou bien d’instants de contemplation en pleine nature, il est bénéfique pour notre âme, notre cœur et notre humanité de trouver des moyens de re-solidifier nos bases. De ressasser nos valeurs profondes, de se remémorer nos convictions inébranlables et d’explorer nos sources de motivation intrinsèques. Tout cela afin de faire des choix pour nous, vraiment pour nous, en essayant de limiter les influences multiples qui tentent de nous indiquer comment vivre notre vie, quoi penser et quoi faire pour être heureux.

Hier soir, j’étais avec plusieurs personnes de ma famille, proche et élargie, à un spectacle du groupe 2 frères. Au lendemain d’une soirée avec mes meilleurs chums, écoutant les paroles souvent émotives, calquées sur nos réalités journalières, de ces deux personnes humaines et vibrantes, observant des centaines de québécois qui chantaient le sourire aux lèvres au rythme des sons folkloriques d’antan, remerciant le ciel pour ce moment magique passé en famille ainsi qu’avec ma conjointe, j’étais ému et en paix. J’ai ressenti tout le bon qui nous habite, toute l’humanité qui peut nous rassembler et je me suis dit qu’en bout de ligne, le sens, c’est nous qui le donnons aux événements. Comme cette soirée, qui m’a donné beaucoup de sens et fait du bien en cette période d’ambivalence qui m’habite dernièrement, ainsi que ma veillée avec mes vieux amis.

concertSource image: Unsplash

Au final, pas besoin nécessairement de se ressourcer dans une retraite de yoga au Tibet, de s’user les pieds sur le chemin de Compostelle ou de monter les marches de l’Oratoire Saint-Joseph à genoux pour trouver la lumière. Il nous faut tout simplement nous ouvrir aux leçons du quotidien que nous offre l’instant présent quand on réussit à s’y arrêter. Ouvrir notre cœur et notre pensée aux autres, au positif et aux liens invisibles à l’œil, mais que peuvent sentir ceux et celles qui s’y attardent. Laisser plus de place à notre sensibilité, notre bienveillance et à notre authenticité. C’est le défi de tous et chacun, un des plus gros dirais-je, que d’aligner nos pensées en lien avec nos émotions et d’agir en conséquence, de manière intègre et conséquente, mais je crois profondément que le jeu en vaut la chandelle.

Le sens est présent partout à qui sait dans quelle direction tourner son cœur!

Source image de couverture: Unsplash
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Jonathan Lépine

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