Faits Vécus

Traumavertissement: Agression sexuelle. Des ressources sont disponibles à la fin de l’article.

 

On dit qu’une femme sur trois sera victime d’au moins une agression sexuelle au cours de sa vie. Une sur trois. C’est beaucoup trop.

Dès que j’ai eu l’âge de marcher, on m’a appris à ne pas parler aux inconnus. À ne pas les approcher. On m’a appris à crier si un homme me suivait de trop près. On m’a appris à garder ma clé dans ma main et à regarder par-dessus mon épaule quand je marche dans la rue tard le soir. À faire semblant de rentrer chez moi quand je ne me sens pas en sécurité, alors que ma maison est à trois maisons de là. À faire semblant de parler au téléphone. On m’a appris à ne pas porter de camisole spaghetti, parce que, des épaules, c’est « trop sexy ». On m’a appris à porter des shorts qui descendent aux genoux parce que mes cuisses pourraient donner des idées à certains.

Des milliers de femmes ont appris à faire la même chose. Pourtant, un tiers d’entre elles seront victimes d’agression sexuelle. Ce chiffre me fait peur et m’insécurise. J’aimerais qu’on change ce chiffre, qu’on arrête l’hypersexualisation, qu’on arrête de dire aux victimes d’agressions sexuelles: « c’est de ta faute », « tu l’as cherché », « il a toujours été comme ça, tu savais dans quoi tu t’embarquais ». Rien, ABSOLUMENT RIEN ne justifie un tel geste. Même si tu avais commencé, même si, au début, tu en avais le goût, tu as le DROIT de changer d’idée. Ça ne fait pas de toi une agace ou une salope. Ça fait de toi une HUMAINE qui a des envies ou qui n’en a pas, point. Tu as le droit de FLIRTER avec une autre personne sans vouloir coucher avec. Tu as le droit de dire NON. Ces derniers jours, comme c’était le cas durant les vagues #MeToo et #BalanceTonPorc, je vois des femmes et des hommes dénoncer des abus sur les réseaux sociaux. Je veux prendre deux minutes pour souligner le courage que ça prend pour en parler. Vous êtes incroyablement fort.e.s.

Pour ceux qui ne se sentent pas prêt.e.s, sachez que cela ne rend pas votre histoire moins valide que les autres. Vos sentiments ne sont pas banals. Votre histoire n’est pas banale. Tout le monde a son propre cheminement personnel, sa propre histoire. Prenez votre temps.

Ce que je veux dire, c’est que ton histoire est VALIDE et RÉELLE peu importe le cheminement que tu décides de faire. Tu n’es pas sale, tu n’es pas vide. Tu es fort.e.s, courageux.se et tu as une communauté qui te soutient peu importe ton choix.

*** J’ai écrit ce texte en employant majoritairement le féminin et en parlant surtout d’agressions gars/fille. Ceci étant dit, je ne reconnais pas moins une agression sexuelle commise par une femme ou sur un homme. Ces agressions existent et sont toutes aussi valides que celles commises par un homme sur une femme. Un homme ne devrait jamais se sentir humilié de parler de son agression à ses proches, à un spécialiste ou sur les réseaux sociaux.

SOUTENONS-NOUS.

agression sexuelle hypersexualisationSource image: Unsplash

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Audrey Robitaille

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