Faits Vécus

En octobre 2018, l’idée de poursuivre mes études universitaires me plaisait autant que d’écouter les discours ô combien éloquents du bien-aimé président des États-Unis.

Après plusieurs réflexions, j’ai pris tout mon petit courage et j’ai temporairement cessé d’être à la poursuite d’un diplôme de premier cycle.

À défaut d’être une universitaire en quête de A+, je suis devenue une barista à temps plein en quête de art latte réussis.

Bien que j’adore mes deux emplois, au fil de tous les iced soy latte with an extra shot of vanilla (dit le à voix haute pour te tanner bien comme il faut), j’ai toutefois difficilement avalé le fait de me faire mépriser. “ Oh, so you’re just a baristaaaaa? ”, m’a-t-on demandé le nez retroussé, comme si j’étais porteuse d’un virus susceptible d’éradiquer l’espèce humaine. « Qu’est-ce que t’attends pour retourner à l’école? T’as tellement potentiel, pourtant… », s’est-on questionné au sujet de mon pauvre sort. Parce qu’il semblerait qu’être barista, pour certains, ça revient au même que de vendre du crack à des pré-pubères en quête de sensations fortes.

Malgré que j’aie autrefois porté l’étiquette d’une étudiante destinée à devenir politicienne ou avocate, je me sentais tout de même très mal outillée pour répondre à cette élite qui conçoit la réussite en terme de salaire, de poste et de promotion.

J’ai d’abord été confuse devant ce manque total de respect. L’envie de me justifier auprès de ces gens était à peu près équivalente à celle que j’ai de me marier à un dude qui croit qu’une victime puisse courir après une agression.

Comme on évolue continuellement, ce mépris est heureusement devenu le moteur d’une réflexion m’ayant permis d’écrire cet article.

J’ai effectivement réalisé qu’avec le mépris, vient une foule de conséquences bien désolantes pour les gens qui en témoignent. Du haut de ton statut [anti]social, j’espère que ce qui suit te sera un jour plus utile que tes suits à 5 000$ (pssst, c’est pas ça qui fera de toi Harvey Specter, by the way).

First things first, le mépris s’accompagne habituellement d’une certaine fermeture d’esprit. Ce sont des tonnes de gens que tu balaies de ta vie pour la simple et stupide raison que leur « statut social » n’atteint pas des standards que tu juges légitimes de respect.

Pieds reflet marche

Source image: Alex Dozois

 

Au-delà de ce que les gens font de leur 9 à 5, il y a des histoires souvent surprenantes à écouter et d’étonnants talents cachés. Derrière la façade que tu construis autour du statut social des gens que tu rencontres se cachent des êtres que tu pourrais probablement apprécier. La différence donne naissance à de magnifiques rencontres, qui nous poussent généralement à sortir de notre zone de confort. S’entourer de personnes qui ne nous ressemblent pas nous amène bien souvent à nous remettre en question.

Se lier d’amitié avec des gens qui n’ont pas nécessairement les mêmes points de vue que soi, c’est se permettre de faire évoluer sa pensée dans un sens qu’on aurait jamais soupçonné autrement.

Si on s’était arrêté à l’odeur du fromage, l’humanité serait passée à côté de quelque chose, tu penses pas? Pas de pizza, pas de fondue, ça aurait été d’une tristesse…

Cette première réflexion m’a d’ailleurs menée à la seconde, c’est-à-dire, pourquoi devient-on méprisant?

N’y aurait-il pas là un manque de confiance à compenser? Peut-être est-ce de la simple méchanceté? De l’ignorance?

Dans tous ces cas, cela ne fait pas vraiment de soi un role model.

Il n’y a rien de plus admirable que l’humilité. D’ailleurs, jamais il ne faudra être parfait pour inspirer les gens qui nous entourent. Breaking news : on a tous des défauts et c’est très bien d’en prendre conscience. Cela ne nous donne pas pour autant le droit de cracher sur autrui pour la simple et bonne raison que notre salive nous semble plus propre que celle des autres.

Être humble, ce n’est pas de la fausse modestie. C’est prendre conscience de son potentiel et de son influence sans pour autant se considérer digne de plus de respect que les gens qu’on rencontre.

That being said, du haut de ton statut [anti]social, je te souhaite de te magasiner un peu de respect et de tolérance. Ça tombe bien, t’auras même pas besoin de toucher à un seul sous de ton gros salaire puisque c’est gratuit à l’année. C’est une offre quand même intéressante, considérant que tu peux juste le marchander contre un brin d’ouverture d’esprit.

Source image de couverture: Pixabay
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Daniella Vilaire

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