Faits Vécus

Nous avons dû laisser partir notre chien Boris, il y a environ un mois et la blessure est toujours vive. Boris était un Shar Pei qui a toujours été de nature anxieuse. Mon conjoint l’avait acheté dans un élevage lorsqu’il était encore bébé et l’avait élevé depuis. Boris est entré dans ma vie il y a trois ans et je le trouvais vraiment beau avec ses multiples plis dans le visage. C’était un chien qui ne voulait pas jouer avec les autres, mais qui aimait beaucoup recevoir notre attention. On possède une grande cour et il a toujours aimé aller se coucher à l’extérieur au soleil. Un jour, ma fille est née. On nous avait dit que les chiens pouvaient changer lors de l’arrivée d’un enfant, ce qui est compréhensible puisque nous aussi ça nous a changé. Boris s’est bien adapté, il était très protecteur auprès de ma fille et ce, dès le premier jour. Les gens ne pouvaient pas s’approcher du landau sans avoir passé par moi et par l’avoir salué en premier. Lorsque nous recevions un colis, particulièrement avec les hommes, Boris jappait et refusait que la personne entre. Puis, Boris a commencé à avoir de la peine lorsque nous partions. Il lui arrivait déjà avant notre fille de faire des pipis au sous-sol ou de manger les cadrages de porte, mais rien de dramatique. Sauf qu’à la fin, lorsque nous partions, il pleurait et haletait beaucoup. Plus le temps passait, plus ses comportements destructeurs augmentaient. Il mangeait littéralement les murs de la maison, il faisait pipi, il détruisait les cages lorsque nous avions essayé cette option et il pleurait dès qu’il s’apercevait que nous allions quitter et ce, même si c’était pour dix minutes.

Shar Pei chienSource image: Marie-Pier Carle

Nous avons donc fait affaire avec une compagnie de dressage de chiens afin d’essayer de corriger les comportements destructeurs et essayer de trouver des astuces pour lui afin qu’il gère mieux son anxiété de séparation. Nous avons essayé les gâteries cachées pour qu’il mastique et qu’il se calme, nous avons essayé de lui offrir une pièce avec un environnement calme, nous l’avons pratiqué à mettre une barrière lorsque nous étions là, bref nous le pratiquions à être isolé. Nous avons essayé de partir peu de temps et augmenter le temps graduellement. Cela fonctionnait pour quelques semaines, puis même si nous le marchions, il recommençait ses comportements après peu de temps. Nous l’avons fait voir par un vétérinaire, puis nous avons commencé la médication. Il avait besoin d’un soutien lorsque nous quittions. Il a bien répondu à l’antidépresseur, mais après quelques temps, il a recommencé les comportements sauf que cette fois-ci, il grognait souvent après notre fille et commençait à grouiller et tourner souvent autour d’elle. Nous avons augmenté la médication, changé la médication, puis il ne nous resta plus beaucoup d’options. Boris ne se serait pas habitué à une autre famille, cette race de chien n’a qu’un seul maître. Boris coûtait relativement cher en médication et en nourriture spéciale et nous ne voulions pas qu’il soit mal traité ailleurs. Nous avons eu notre part de responsabilité dans le changement de comportement. Un enfant, ça occupe beaucoup. Cependant, nous avons tout essayé pour aider Boris.

Un jour, il montra les dents à ma fille. Je n’étais plus rassurée. Puis, nous sommes allés au parc avec ma fille et il a sauté sur un chien, juste comme ça et il n’avait jamais fait ça. Il marchait et regardait partout, le stress avait pris le dessus. Nous ne reconnaissions plus notre Boris et il avait l’air très malheureux. Nous avions tenté de le donner en adoption à des organismes. Cependant, ceux-ci ne prenait pas les chiens qui avaient des signes d’agressivité et n’assumaient pas les frais de médication. Nous avons essayé de faire affaire avec une garderie de jour une fois par semaine également. Nous avons donc décidé de le faire euthanasier. Nous étions en paix avec notre décision, car nous avons essayé pendant un an de faire tout en notre pouvoir pour améliorer la situation. Il mangeait énormément la maison, notre chambre, celle de notre fille, il se coupait, il faisait pipi et même sur son lit. La situation allait de plus en plus mal.

Shar Pei chienSource image: Marie-Pier Carle

L’équipe vétérinaire nous a permis d’avoir une pièce calme et tamisée afin de le laisser partir dans un environnement calme. Nous l’avons accompagné jusqu’à la fin. Nous avons encore le cœur brisé. Le jour de l’euthanasie, nous sommes sortis main dans la main, sans notre chien et avec des larmes qui coulaient sans cesse. L’équipe nous a consolés et nous ont écrit par la suite pour nous faire part de leur soutien. Encore aujourd’hui, j’ai l’impression de l’entendre lorsque quelqu’un se stationne près de chez moi, et quand il y a du tonnerre, je le cherche près de moi, car il en avait peur. C’était un bon chien notre Boris, mais il était malade et nous ne pouvions plus le voir souffrir de cette façon. Cependant, je pense que le deuil est une étape qui est longue et qui prend du temps pour chacun. Chez nous, nous avons retiré tous les objets nous rappelant Boris et nous avons pris du temps en famille pour passer au travers de cette épreuve. Je pense que l’important dans cette étape a été d’être bien accompagnés et d’avoir un personnel traitant vraiment exemplaire qui nous a aidés dans toutes ces étapes. Nous ne t’oublierons pas cher Boris.

Shar Pei chienSource image: Marie-Pier Carle
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Marie-pier Carle

Marie-Pier est maman de deux jeunes filles et intervenante qui aime vous partager son quotidien, ses observations et ses petits bonheurs de la vie. Elle...

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