Dans une chronique précédente, je vous ai présenté une liste de dix signes pouvant démontrer une certaine dépendance à l’exercice. Il est important de spécifier qu’il y a une grande différence entre une passion saine pour le sport et une obsession malsaine pour l’entraînement. La passion se veut une façon positive d’avoir du plaisir, de se changer les idées, de poursuivre un objectif sain et en accord avec nos valeurs. L’obsession se présente plutôt comme une relation punitive avec son corps, une façon de rechercher la perfection inatteignable ou la fuite de ses émotions dans des exercices intenses. C’est à vous de déterminer si vous courez une heure par jour par pur bonheur (et êtes capables de sauter une journée si vos amis viennent vous visiter ou si vous avez attrapé un gros rhume) ou parce que vous vous sentez obligés! Personne ne connaît votre motivation intérieure. J’avais auparavant une relation malsaine avec l’exercice et je ne reconnaissais pas que c’était néfaste pour mon corps et mon esprit. Le « wake up call » qui m’a permis de vouloir un sérieux changement de paradigme dans ma vie a été la blessure grave au dos qui a été provoquée à force de ne pas écouter ce dont mon corps avait besoin.

Un autre aspect inquiétant de l’obsession pour l’activité physique concerne les symptômes physiques qui peuvent devenir très désagréables dans la vie quotidienne: avoir toujours faim et toujours soif, avoir des douleurs musculaires qui ne semblent être soulagées que lorsqu’on s’entraîne à nouveau (les endorphines!), avoir des problèmes intestinaux, perdre ses menstruations chez la femme, perdre sa libido, etc. Encore une fois, tous ces symptômes ne sont probablement pas présents dans votre vie si l’entraînement se présente comme une passion vécue sainement!

entrainement exercice relation

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De plus, si l'exercice vous sert de thérapie, si vous courez pour fuir vos problèmes... effectivement, l'effet est incroyable sur le moment! Malheureusement, ce n'est pas une solution à long terme pour guérir des blessures du passé. Oui, s'entraîner peut être bénéfique pour la santé mentale, mais rien ne remplace le travail psychologique réalisé en thérapie!

Je tiens donc à vous donner quelques conseils qui m’ont beaucoup aidée, et qui peut-être vous permettront de cheminer de votre côté, sans bien sûr remplacer une thérapie si votre problème est relié à un trouble alimentaire grave comme l’anorexie par exemple.

  1. Développez une passion n’ayant aucun lien avec l’exercice (musique, lecture, bricolage, rénovation, animaux, jardinage, etc.).
  2. Allez prendre une marche au lieu de courir et appréciez le paysage (tout simplement observez l’environnement).
  3. Acceptez une invitation que vous auriez auparavant refusée et manquez un entraînement sans le remettre à plus tard.
  4. Jouez dehors pour le plaisir si vous avez des enfants ou un animal, sans que celà n’ait d’autre but que de jouer!
  5. Renouez avec des exercices plus doux comme les étirements ou le yoga.
  6. Retirez de votre fil d’actualité tout ce qui pourrait vous inciter à retomber dans une relation malsaine avec votre corps (tout ce qu’on lit ou voit influence nos pensées et nos actions). Adios les fitspirations!
  7. Prenez l’habitude quotidienne d’offrir un moment à votre corps pour décompresser, soit par un bain chaud, des respirations profondes, un massage (quand votre budget le permet!), une méditation, etc.
  8. Remémorez-vous ce qui vous rendait heureux avant que l’obsession de l’entraînement ne prenne toute la place dans notre vie. Réalisez que vous étiez alors une personne tout aussi valable qu’aujourd’hui et renouez avec vos anciennes passions.
  9. Si le besoin de s’entraîner est toujours présent, préférez les activités extérieures ou collectives à l’entraînement individuel au gym! Au moins, cela fera du bien à votre âme et vous donnera une bonne dose de vitamine D!
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