Faits Vécus

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire de 25 ans. Et je ne sais pas trop comment me sentir par rapport à ça. Parce que c’est un chiffre particulier, on dirait que je sens que je dois me sentir apeurée, mais je ne le suis pas complètement. Oui, je commence à réaliser que le temps file, mais je réalise aussi que je n’ai jamais été autant moi-même que maintenant. C’est con, non? Pourtant, l’année passée, je ressentais probablement la même chose. Et c’est ce qui est beau avec le fait de vieillir: on apprend toujours plus à se connaître. Et j’ose croire que l’on s’améliore aussi, sinon, je trouverais la vie vraiment déprimante. Une erreur, ça arrive, mais ça nous permet aussi de grandir. Il faut jamais perdre cela de vue.

Je réalise aussi que c’est au début de la vingtaine que ma personnalité s’est le plus forgée: autant les bons que les mauvais plis. On pense souvent que l’adolescence est une période de changement, mais je pense avoir plus changé dans les dernières années que de 13 à 17 ans. Des grosses étapes de vie, j’en ai bien plus connues. Des murs, j’en ai bien plus frappés. De l’autonomie, j’en ai bien plus gagnée. Et tout cela fait de moi la personne que je suis aujourd’hui, 22 août 2019.

J’ai toujours été très ambivalente face à ma personnalité.

Autant que parfois je me sens comme un bébé (surtout quand je suis autour de mes parents et de ma soeur, je me permets de me laisser gâter et de dire des niaiseries comme quand j’avais 8 ans), que je sais que je suis rendue à un stade dans ma vie que jamais je n’aurais imaginé. On dirait que j’ai le syndrome de l’imposteur de ma propre vie, c’est normal? On me dit souvent que j’ai une vieille âme, je suis entourée d’amis plus âgés. Mais j’ai de la misère à me faire à manger. Je suis adulte, ou je ne le suis pas? Qu’est-ce qui fait que je suis adulte? Un état d’esprit? Un test qu’on passe en ligne sur Buzzfeed? Un nombre de chandelles sur un gâteau de fête (d’ailleurs, maman, si tu lis ce texte, gâteau au chocolat pleasssseeeee)?

Et j’ai tellement accompli de choses en 25 ans que je me donne le droit d’en être fière. J’ai travaillé fort pour me rendre où je suis rendue et j’ai, selon moi, jamais compromis mes convictions et valeurs pour y arriver.

Pourtant, ce qui me ronge, c’est tout ce que je n’ai pas été capable de faire.

Maudit que l’être humain est con parfois.

J’écris ce petit texte en pleurant (parce que je pleure tout le temps et je ne pense pas que ça va changer avec une chandelle de plus sur mon gâteau). Je pleure parce que je ne sais pas quelle émotion je devrais ressentir. Et c’est moi tout crachée ça. Je pleure quand je ne comprends pas. J’ai pleuré durant la finale du film Inception parce que je ne supportais pas ne pas comprendre, ça te donne une idée? Là, je suis dans l’inconfort de ne pas savoir comment je me sens. Pis je pense que c’est correct. Parce qu’au final, je ne pense pas que j’aurai si changé que ça demain.

marie-chloe falardeau bébé livre plageSource image: Marie-Chloé Falardeau
Source image de couverture: Unsplash
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Marie-Chloé Falardeau
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