Je ne tenais pas vraiment à jaser de préménopause, mais comme c’est ce que je suis en train de vivre, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de vous faire quelques mises en garde. Question pour vous de savoir à quoi vous attendre si vous vivez avec une personne en périménopause.

D’entrée de jeu, la préménopause dure plus ou moins entre quatre et sept ans, tenez-vous-le pour dit. Si vous croyez que c’est long, imaginez celles qui le vivent. Disons que les changements apparaissent chez la femme de façon graduelle, un peu comme les changements chez une adolescente, mais à l’inverse. Chez l’adolescente, le corps se prépare à avoir ses premières menstruations, alors que le corps de la femme dans la quarantaine ou la cinquantaine se prépare à ne plus avoir de menstruations.

En fait la périménopause c’est de devenir une ado « recyclée », continuez de lire vous allez comprendre. Comme chez l’adolescente, les règles chez la femme « mature » deviennent irrégulières. Si on était réglé comme une montre suisse, on oublie ça, c’est terminé,  notre corps est un peu comme la météo, c’est à dire, imprévisible.

On peut bien faire attention à notre alimentation et faire de l’exercice, mais une prise de poids variable est quasi inévitable, gracieuseté de la baisse d’œstrogène et progestérone. Évidemment, la prise de poids, joue sur l’estime que l’on a de nous-mêmes. On s’aime moins, on se trouve moins belle, on croit être moins désirable, finalement on se critique assez durement. Alors, n’hésitez pas à faire des compliments bien sentis.

On peut aussi dire qu’on a le « pétage de coche » assez facile. Le danger est que ça peut arriver à tout moment et pour n’importe quelle raison. Un bloc de C4 a l’air de plasticine à côté de notre humeur massacrante. La mauvaise humeur peut aussi être accompagnée de crise de larmes. Dans les deux cas, pour votre sécurité, ne nous demandez pas ce qui ne va pas. « On l’sait pas ! » Par contre, si vous ne vous souciez pas de ce qui nous arrive, on vous accusera probablement d’être insensible. Autant vous le dire tout de suite, il n’y a pas d’issue, vous êtes assurément dans un champ de mines. Bonne chance !

Préparez-vous à jouer du thermostat. Madame a des bouffés de chaleur, comme en pleine canicule, mais en janvier, en fait, toute l’année. On parle ici de devenir rouge parce qu’on a trop chaud, de transpirer comme si on avait couru un cinq kilomètres alors qu’on est encastré dans le sofa à regarder Netflix. Avoir des sueurs nocturnes au point que les draps deviennent trempés. Donc, quand on connait ce genre de bouffées de chaleur, les feux de l’enfer à côté de ça, c’est de la petite bière.  Un conseil, munissez-vous d’une « tite laine » parce que ça risque d’être frisquet pour vous. 

Si vous avez eu le privilège d’avoir une partenaire patiente, tolérante et compréhensive, j’espère que vous l’avez appréciée à sa juste valeur. Il est fort à parier que vous ne voyiez cet aspect d’elle, un peu moins souvent. Par contre, vous risquez de voir une autre facette de madame, impulsive et sans filtre. Pareil à l’ado, si quelque chose ne fait pas son affaire, votre chérie ne passera probablement pas par quatre chemins pour vous le faire comprendre.

Ça va jusqu’à maintenant ? Vous êtes toujours là ? D’accord, je continue… L’insomnie, parce qu’évidemment les heures de sommeil sont impactées. Moins de sommeil, moins de patience, mois de patience, plus de sautes d’humeur, plus de sautes d’humeur, plus de crises de larmes. Bienvenue dans le cercle infernal. Bien que ce ne soit pas une vérité de la palisse, c’est une suite logique d’événements.

Il est aussi possible que la libido se fasse la malle. La baisse d’hormones occasionne une atrophie des organes génitaux et la sécheresse vaginale. Donc, le sexe ne nous amène plus au septième ciel, mais plutôt au troisième sous-sol. Comme si ce n’était pas suffisant, notre mémoire et notre capacité de concentration sont aussi affectées, non ce n’est pas l’Alzheimer. On peut répéter les mêmes choses et oublier pourquoi on devait passer à l’épicerie.  On perd presque n’importe quoi, nos lunettes, nos clés et pourquoi pas notre voiture dans le stationnement du centre commercial. Si vous nous dérangez lorsque l’on fait quelque chose, vous pouvez être quasiment certain que l’on passera les cinq prochaines minutes à se demander ce qu’on était en train de faire.

Les femmes n’ont pas toutes beaucoup de symptômes, certaines n’ont presque rien. Vous ne vivrez pas nécessairement l’enfer avec votre douce moitié. Il y a des hormones de remplacement que le médecin peut prescrire, ça aide passer ce cap. 

Faites preuve de patience, donnez un maximum d’amour et rappelez-vous que ce n’est qu’un dur moment à passer.

Image de couverture via Pixabay

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