Faits Vécus

Récemment, j’ai pris du poids à la suite de plusieurs épreuves dans ma vie. J’ai déménagé en appartement où j’ai appris à être indépendante avec tout ce que cela implique: faire son ménage, sa lessive, son budget, ses repas, etc. J’ai refait mon cercle d’amis et commencé mes études en région éloignée.

Beaucoup d’épreuves à surmonter en peu de temps.

Malgré la vague positive que ces changements ont apporté dans ma vie, j’ai dû faire face à beaucoup de stress, d’insécurités et de nouveaux apprentissages.

J’ai été laissée à moi-même. Ma famille, qui n’a jamais réellement été là, a graduellement arrêté de me parler. Ce fut d’ailleurs la raison de mon départ: mes parents ne pensaient qu’à leurs soucis, sans jamais prendre de mes nouvelles. Mes sœurs ne pensaient qu’à me dicter comment je devrais agir.

Lorsque la souffrance a fait surface, je n’ai pas su comment l’accueillir. Une larme de tristesse et les phares se sont éteints sur mon horizon.

Je me suis égarée.

main qui sort d'un champ de fleurs jaunesSource image: Unsplash

J’ai commencé à sauter des repas, à priver mon corps de carburant. Mon ventre me criait sa faim, mais je ne pouvais pas lui donner ce qu’il voulait.

Je me sentais affreuse, horrible.

Le soir, je m’empiffrais, car j’avais trop faim: pain, Nutella, croustilles, etc. Aussitôt, je me sentais terrible. Comme un monstre ambulant qui ne méritait personne ni rien. Puis, je recommençais à sauter des repas.

C’était un cercle vicieux.

Lorsque je suis revenue dans mon ancienne ville, la première remarque qu’on m’a faite a été sur mon physique.

« Mais voyons, il s’est passé quoi ? T’as pris genre 30 livres ! Regarde-toi. »

miroir écrit warningSource image: Quote Master

Pas de « comment vas-tu », de « tu as l’air heureuse ». Rien, nada. Personne ne s’est informé de comment j’allais.

Mon poids comptait plus que ma santé mentale.

J’ai donc adopté la diète Keto sous la pression de ma sœur. Aussitôt, j’ai commencé à manquer d’énergie. Après trois semaines, je ne pouvais plus me tenir. Je me sentais faible et j’avais des rages de nourriture. J’ai arrêté et j’ai essayé du mieux que je pouvais de recommencer à manger normalement, d’adopter de saines habitudes de vie.

Mais la motivation n’était pas là.

Il y a un peu plus d’un mois, je me suis fait un copain et des amis qui se soucient de moi, qui me trouvent belle malgré mon surpoids. Les premières personnes qui se soucient plus de mon bien-être que de ce que j’ai l’air.

Je ne sais pas ce que j’aurais fait si je n’avais pas rencontré ces personnes à ce moment de ma vie. J’aurais probablement continué à m’autodétruire.

Toi qui me lis, je ne te connais pas. Peut-être que tu as pris du poids récemment, que tu en as perdu, que tu te sens mal dans ta peau. Peut-être que tu es simplement curieux. Ce que je veux te dire, c’est que des préjugés et des personnes jalouses, il y en aura toujours. Tu n’as pas à t’arrêter à cela. Être en bonne santé physique, c’est important, je le sais, mais rien ne te vaudra jamais les commentaires dégradants des autres. Une personne en surpoids mérite le même respect que tout autre individu.

Oui, j’ai pris une quinzaine de livres récemment et cela fait partie de la vie. Je n’ai pas besoin de quelqu’un d’autre pour contrôler mon corps, me dire ce que je dois faire avec. Je suis et serai toujours la seule personne. Un corps, on n’en a qu’un, une vie aussi.

Alors vaut mieux être bien dedans.

Et si tu ne peux pas me voir avec un léger double menton, de la graisse autour des bras, un petit ventre, je t’invite à fermer les yeux et à partir, car je n’ai pas besoin de personnes comme cela dans ma vie.

Je t’aime. Peu importe ton physique.

Prends soin de toi.

Source image de couverture: Unsplash
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Andréa Maheux

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