Faits Vécus

Ça fait vingt-cinq ans que nous ne sommes plus des ados.

Cette adolescence, on l’avait pourtant partagée ensemble.

Tu n’étais pas grande. Je t’appelais la puce. Tu rayonnais comme personne.

Tu as été ma vraie première meilleure amie ; celle que je n’ai jamais embrassée, mais celle qui comptait énormément dans ma vie. Tu es apparue dans un moment plus difficile de ma vie, parce que l’adolescence c’est tough pour pas mal tout le monde, mais ton sourire et ta présence rendait tout plus supportable.

Ça fait vingt-cinq ans qu’on ne se côtoie plus.

On s’est croisés une fois, par hasard. On était heureux de se voir. On s’est ajoutés sur Facebook et j’ai commencé à avoir des nouvelles de toi quelques fois par année, par ta vie virtuelle.

Ça me suffisait.

Ça n’enlevait pas l’importance que tu avais eue dans ma vie, loin de là. Je m’intéressais à ce qui t’arrivait. Tu avais l’air heureuse, partageant un lien particulier avec ta belle-fille. Je pouvais reconnaître sa chance.

Je ne savais pas que le cancer t’avait trouvée.

Je ne savais pas non plus qu’il allait trouver une façon de te vaincre.

J’aurais aimé le savoir, sache-le. Mais je comprends que le temps devient précieux lorsque le cancer frappe vite et qu’on garde ce temps pour l’immédiat, le présent. Tu t’es mariée juste avant de partir et je te jure que j’aurais tout fait pour être là. J’aurais représenté le volet de ta jeunesse, sans dire un mot, en retrait. Quelle belle façon de quitter ce monde, que de célébrer. Cela me dit que tu n’avais donc pas changé, belle Marie-Claude!

Ce message de ton époux sur ta page, ce vendredi, je ne l’ai pas aimé. C’était un super beau message. Il a dû l’écrire avec le cri au coeur que ce genre de douleur provoque.

Ça m’a pris cinq minutes pour réaliser que tu n’étais plus là. Que je ne vais plus voir ta vie défilée, à l’occasion. Je verrai dorénavant les années s’additionner sur cette triste date. Le dur rappel que la vie est précieuse et que seuls le présent et les souvenirs comptent.

Je t’oublierai jamais.

Je vais me pardonner de ne pas t’avoir dit tout ça avant, de ne pas avoir renoué contact. Mais Marie, tu auras toujours tes chapitres dans ma vie et, lorsque j’y retournerai, je sourirai chaque fois.

Veille sur ceux que tu aimes et j’espère que je suis apparu dans le film de ta vie. Que lorsque tu m’y as vu, tu as souri comme moi je souris maintenant. Malgré les larmes.

Merci d’avoir été cette fille-là, cette femme-là.

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Stéphane Henri

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