Faits Vécus

J’ai une question qui me démange de l’intérieur : L’amour en 2020, ça se résume à quoi?

J’y ai longuement réfléchi. J’ai donc fait les cent pas dans ma cuisine. J’ai demandé à mon frère de 14 ans (très mauvaise idée). J’ai dormi sur la question. J’ai donc pleuré sur la question. J’ai mangé de la glace, toujours en pleurant sur la question. Je me suis finalement rendue à l’évidence : ma réponse semblait rester la même, malgré mon acharnement à me bourrer le crâne de mensonges.

Ma réponse, que j’aime plus ou moins, est donc la suivante : Peur et facilité. Je pense que l’amour s’est perdu en cours de route. Il s’est sans doute trompé de direction, puisqu’il n’a pas atteint sa destination, soit : notre génération.

D’année en année, nous avons troqué les rendez-vous galants, pour des soirées de Netflix&Chill, couché sur ton divan.

Troqué le courtisage, par des small talks et de malheureuses dates Tinder.

Troqué les compliments, par quelques mains baladeuses sous les sous-vêtements.

Troqué les lettres d’amour, par des pick-up lines pas très glamours, lancées entre 2-3 bières un samedi soir éphémères.

Troqué la beauté de la complexité, afin de laisser place à la facilité.

Source image : Unsplash

Et nous avons fini par oublier.

Oublier à quel point c’est beau d’aimer.

En y repensant, l’amour ne s’est peut-être pas perdu en cours de route.

J’ai plutôt tendance à croire que c’est notre génération, qui tente sans cesse de lui faire faux bond.

J’imagine que dans le dictionnaire, en dessous du mot amour, on y retrouve la définition : MALADIE.

Sinon, pourquoi les gens en seraient à ce point terrifiés?

Et  puis, Tinder est arrivé.

Ça a été le vaccin miracle.

Le vaccin contre un cœur brisé.

Mais c’est aussi le poison de l’émotion.

De ce si beau sentiment qu’est l’amour.

De ce petit fourmillement le long de la colonne vertébrale.

De ces petits papillons prenants vie dans notre petit bedon.

 

J’en ai assez…

Génération 2020, écoute-moi bien.

Et si on choisissait, pour une fois, un chemin différent.

Et si on laissait tomber la facilité, par peur d’être blessé et que l’ont fonçait vers l’amour, droit devant, tête baissée.

Et si l’on choisissait d’arrêter de jouer cette game, qu’on s’est inconsciemment inventée.

Et si l’on arrêtait de tenter de tout planifier, de se poser mille et une questions insensées.

Et si…

Deux petits mots qui pourraient tout changer.

 

J’aimerais tellement pouvoir être seulement moi-même. Sans aucune règle, sans aucun problème.

Sans avoir peur d’être trop dépendante, sans avoir peur d’être trop agaçante. Sans avoir peur d’être trop quétaine, sans avoir peur de laisser mon petit côté lover prendre les rênes.

 

Est-ce que l’on peut juste prendre notre temps? Je t’annonce que l’amour n’a pas de date de péremption.

Arrêtons de nous presser.

deux personnes rire soleil amourSource image: Unsplash

Bâtissons quelque chose de vrai.

De solide, aussi solide que la troisième maison des 3 petits cochons.

Doux, autant que la barbe à papa d’une fête foraine.

Parfaitement simple, comme la recette de sucre à la crème de grand-maman.

Téméraire, au même niveau que le Schtroumpf qui porte ce nom.

Passionnelle, rêvasseur, et charnelle.

Je veux aimer à en avoir mal aux tripes, comme lorsque je fais les manèges les plus tumultueux de la Ronde.

Je veux rire avec toi autant quand écoutant un show de Marianna Mazza.

Pis je veux que ce soit simple. S’il te plaît.

Je veux de l’amour, du vrai.

Aujourd’hui génération 2020, je m’adresse à toi.

Je ne te demande pas une histoire d’amour comme dans les contes de fée, mais je veux pas plus d’une histoire d’amour sur le fly comme on le voit si bien de nos jours.

Je veux te dire que je suis tannée.

Je suis tannée d’être désolée.

Désolée d’avoir envie d’aimer et d’être aimée.

Désolée de croire du plus profond de mon être, que le vrai amour perdure encore au fil des années.

Désolée de ne pas avoir envie de te rencontrer sur Tinder, et que notre première date se passe dans ton lit.

Je suis désolée de ne pas vouloir, au premier obstacle, tout lâcher et tout abandonner.

Mais en réalité, plus désolée, d’être tannée de voir tous ces gens se jeter. J’insiste sur le JETER, parce que les relations durent seulement 2-3 mois ou bien souvent 2-3 nuits.

Désolée de ne pas avoir envie de m’amuser à liker ou disliker les gens, en me basant sur quelques photos clichées.

Je suis désolée de ne pas avoir envie de ce fameux amour Tinder.

Je suis désolée d’être désolée.

 

À partir d’aujourd’hui, j’arrête de l’être.

J’arrête d’être désolée d’oser croire.

J’y crois.

J’Y CROIS.

Autant que Peter Pan croit que les fées existent.

Alors oui, j’ai envie d’apprendre à connaître ta personnalité avant de connaître la grosseur de ton sexe, et non je n’en suis pas désolée.

Alors oui, j’ai plus envie de vivre dans les pages de notre amour, que dans le American Pie que tu me proposes, et non je n’en suis pas désolée.

Au fond, tout ce que je veux, ce n’est pas que tu me fasses vivre une histoire d’amour à la Nicolas Sparks, mais tout simplement me projeter dans le passé.

Comme dans le bon vieux temps, au temps de nos grands-parents.

Mains dans la main à danser sous un ciel étoilé, le tourne-disque bien usé et le vinyle grafigné, à force de ne jamais se lasser de s’aimer.

 

Parce qu’au fond, c’était ça l’amour, le vrai, et je n’en suis pas désolée.

Source image de couverture: Unsplash
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Marie-Soleil Lavoie

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