Faits Vécus

Parce que j’ai du temps… Ou peut-être parce que je n’arrive pas à sortir de mon état de procrastination. J’ai développé un étrange besoin d’aller au fond des choses. Comme si je ne pouvais pas me contenter de rester dans les limbes.

J’ai besoin de savoir, de voir, d’essayer, de goûter…

Au risque d’être redondante, j’ai jadis eu le désir oscillant pour trois hommes. Trois mecs (#1S, #2E, #3B, lire mon texte à ce propos ici) en tous points différents, si ce n’est qu’ils ont éveillé en moi un désir différent. Le temps œuvrant parfois de lui-même, j’ai laissé partir le « E », qui n’éveillait en moi qu’amitié et douceur. Bien que ce soit celui qui m’ait enseigné la boxe.

Donc, il ne me restait que deux hommes dans le cœur. Et mon choix s’est porté sur celui qui me faisait vibrer jusqu’au plus profond de mon avidité, « S ». Le chant des sirènes qui m’attirait vers lui m’ensorcelait à un point tel qu’il était impossible pour moi de lui résister. Bien qu’il m’ait repoussée plusieurs fois, je continuais d’être attirée par lui. C’était l’élu, celui qui aura fait pousser une voilière de papillons, celui pour qui mes atomes auraient pu arrêter une pluie de météores.

Celui qui, je crois, n’est pas capable d’aimer quelqu’un d’autre que lui…

Mais, j’ai aussi décidé de garder « B » comme ami ; celui qui éveillait en moi un si grand ensorcellement. Il continue de susciter de l’admiration, de la fascination et je m’abreuve toujours autant de son senti et de son savoir. Il est vraiment intelligent et, en sa compagnie, je passe toujours de beaux moments. Mais, comme mon cœur s’est arrêté sur l’autre, notre amitié n’est maintenant plus teintée de désirs.

J’aurai vécu avec mon élu plusieurs mois de chaud/froid et de oui/non. Il cherchait autre chose que moi, il cherchait mieux que moi… Et je me contentais du peu qu’il avait à m’offrir. Ce peu se résumait à baiser, boire, s’allumer, et, comme je suis déménagée près de chez lui, il venait parfois m’aider dans quelques tâches.

La relation ne me convenait pas.

C’était un amoureux que je cherchais, pas un amant, mais je préférais n’être que sa maitresse que rien du tout. J’ai essayé d’arrêter plusieurs fois d’aller dans son lit, mais l’attrait que j’éprouvais pour lui me faisait toujours revenir. Il y a une chimie qui ne se commande pas et le sexe avec lui était débile! Je lui ai demandé qu’on devienne des amants exclusifs et il a refusé…

J’aurai donc vécu une relation très bizarre avec un homme qui me plaisait, mais à qui je ne plaisais pas et qui ne voulait que du cul lorsqu’il n’en trouvait pas ailleurs. Pour l’avoir lu partout, je sais qu’un homme ne tombe pas amoureux d’une femme seulement en couchant avec elle, mais j’avais espoir. Je rejetais toutes les autres propositions, puisque mon cœur était emmuré avec lui.

Si l’une de mes amies avait vécu ce genre de relation, je lui aurais dit de se sauver en courant le plus loin possible. Mais je n’arrive plus à reprendre mon rythme de course.

J’ai donc continué d’espérer jusqu’à ce que j’aie assez mal d’avoir attendu.

Je lui ai écrit pour lui dire que j’avais assez donné et que cette relation ne me convenait plus. Je lui ai demandé de nous laisser un moment de répit et de rompre le contact, dans le but de laisser à nos corps et à mon cœur le temps d’effacer toutes les traces de nous. Seulement alors nous pourrons voir si l’amitié est possible, puisque c’est le seul genre de relation qu’il pouvait y avoir entre nous…

La vie place drôlement les trucs sur notre chemin parfois. Comme si les pièces du puzzle n’attendaient qu’à prendre leur place. Le lendemain de ce message, mon ami fascinant « B » m’invitait à venir faire du kayak. Il savait mon amour pour les huitres et m’a proposé d’en déguster ensemble. J’ai accepté, sans arrière-pensées, mais en me disant que je devrais peut-être y voir un signe.

Nous avons passé ensemble une superbe journée, tant pour le corps que pour l’esprit. Je constate qu’il me fascine toujours autant. Je crois être une femme libre, mais ma liberté est égale avec la sienne que part son nom. Un vrai électron libre.

Ne voulant rien précipiter et voulant bien faire les choses, j’ai choisi de partir en fin de soirée. Il faisait froid, alors il m’a prêté une veste. Une veste qu’il avait portée et qui trainait sur le dossier d’une chaise et qui émanait son odeur.

Et c’est alors que j’ai été happée par une émotion, un sentiment. 

Même si cette veste prêtée a su m’apporter du réconfort, elle n’éveillait rien en moi. 

Ni désir, ni dégout, ni réconfort, ni aversion ; cette veste ne stimulait rien. Alors que j’aurais pu arriver à la maison et me lover dans celle-ci en cherchant une consolation, j’ai préféré la déposer sur le dossier de ma chaise, en attendant le jour où je retournerais la rendre à son propriétaire.

J’en suis pantoise… Que dois-je en comprendre? Que se sont nos sens qui gouvernent nos désirs? Ou, qu’au contraire, que l’absence d’envie laisse une page blanche à la fin d’une grande histoire?

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Melanie Lay

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