Style de vie

Il y a peu de temps, j’ai commencé une série d’articles sur la vie de blogueuse. Un sujet me torture depuis quelques mois: l’achat de fans sur Instagram. Entre blogueuses, on en parle parfois dans nos groupes Facebook privés, quand on se voit dans des événements ou autre. À chaque fois, on se sent impuissantes face à cette pratique tellement malhonnête. Parlons-en.

PS: Pour ceux qui n’ont pas lu les autres articles de la série, on peut retrouver le premier article de la série est ICI, il tente, en résumé, d’expliquer comment fonctionne le métier de blogueuse. Le second de la série, qu’on peut trouver ICI parle du côté travail.

Aujourd’hui, je veux vous parler d’authenticité, de transparence et de certaines pratiques douteuses au sein de notre milieu. Le monde de la blogosphère, je le connais, je suis une personnalité publique sur Internet depuis 2008. Ça va donc bientôt faire 10 ans. C’est fou de dire cela. Mais ces 10 années (presque) m’ont appris plusieurs choses et la première, c’est qu’il est impossible de cacher qui on est vraiment si longtemps. La vérité finit toujours par sortir. Choisir de vivre sur le web, que ce soit via Instagram ou son blogue, c’est choisir de s’exposer et de partager des parties de sa vie. Avant qu’Instagram n’arrive, certes, il y avait quelque sensations Facebook qui se faisaient suivre en masse sans avoir de blogue, mais la plupart des personnalités connues du web québécois étaient des blogueurs: des gens qui prenaient le temps d’écrire de longs articles ou du moins de prendre des photos. Au commencement, on ne voyait rien de marketing dans la pratique. Je me souviens encore quand on bloguait pour bloguer simplement pour le plaisir d’écrire, de partager et, ne se le cachons pas, de se monter un portfolio au moment de finir l’université.

Instagram a changé le terrain de jeu. Avec Instagram est arrivée l’ascension des instababes, ces filles qui utilisent leur fil pour mettre plusieurs belles photos d’elles, souvent en petites tenues et qui obtiennent énormément de likes. Ces instababes sont devenues si populaires, dans certains cas, qu’elles n’avaient pas besoin d’un blogue selon plusieurs: elles ont réussi à monétiser leur présence.

Je fais ici une parenthèse: elles croient qu’elles n’ont pas besoin de blogue, toutefois, Instagram est une plateforme qui ne leur appartient pas. Elles n’ont aucun contrôle sur les changements qui peuvent advenir et sur la fluctuation du nombre de personnes qui verront leurs contenus. Sur le web, posséder son site, c’est avoir sa propre maison, c’est contrôler son environnement et c’est s’assurer une longévité. Oui, il faut continuer de se créer des présences sur les réseaux sociaux qui ramèneront au blogue, mais sans cette maison, on peut vite devenir les victimes des choix des Facebook et Google de ce monde. Fin de la parenthèse.

L’arrivée de ce phénomène de monétisation des fils Instagram a accentué une chose: la course aux chiffres. Les personnalités du web cherchent souvent à avoir la plus grande audience possible. Mais quand l’argent entre en jeu, tout le monde veut en faire. Et alors, l’achat de fans est devenu, pour plusieurs, une pratique populaire. Comment ça fonctionne? C’est simple, on se rend sur un site, on donne son URL et on achète des fans, ou des likes, ou des commentaires ou les trois. Ça se fait autant sur Instagram que sur Facebook. Et là, d’un coup, on a des meilleurs chiffres, mais on vient aussi de tuer tout ce qu’on a fait auparavant. Je m’explique. On est sur le web pour échanger avec d’autres humains, pour rejoindre un public. Mais rejoindre un public acheté, c’est de rejoindre un faux public. Avec l’apparition du mot influenceur, si on achète ses fans, on influence qui au juste? Personne. Et c’est là le problème: on vient de tout fausser. Et les compagnies, qui achètent des publications sur le fil Insta ou Facebook de ceux qui ont acheté des fans ne voient pas de retour sur leur investissement. C’est normal: ladite personne qui a fait cet achat n’est en train d’influencer personne, alors comment la compagnie pourrait-elle voir des retombées? Si vous me suivez, vous êtes surement arrivés à la même réflexion que moi: c’est tout simplement frauduleux. Oui.

Et qu’en est-il de ceux qui n’achètent pas leurs fans, leurs commentaires ou leurs likes? Ils continuent de galérer et se sentent impuissants dans tout cela. Je fais partie de ce lot. Voici, ci-bas, une capture d’écran du site FOHR card (merci de la découverte Gabrielle Lacasse) qui permet de statuer qu’au moment de la photo, après analyse de plus de 30% de mes fans, 98% sont de vrais fans authentiques. Ainsi, 98% des 53 000 personnes qui me suivent sur Instagram sont vrais, ce qui prouve que lorsqu’une compagnie choisit de travailler avec moi, elle s’adresse à un vrai public.

Pourquoi est-ce que je vous montre tout cela? Parce que c’est fâchant, pour moi et d’autres du domaine. Dans la presse traditionnelle, c’est coutume de taper sur la tête des influenceurs et de les affliger de tous les maux. Et c’est frustrant de voir sa profession se faire traîner dans la boue parce que certaines personnes ont des mauvaises pratiques. Alors je dénonce et je dis non à l’achat de fans, de likes ou de commentaires. Soyez authentiques, vrais et intègres, les gens sauront le reconnaître et vous suivront pour qui vous êtes!

-->
Un article de
Camille Dg's Avatar
Camille Dg
Fondatrice & Rédactrice en chef

Camille Dg est une femme d'affaires québécoise ayant fondé sa première agence de marketing web en 2008. Pionnière dans son domaine, elle fut l'une des...

Lire la suite
Mes articles 
Next articles
Article Featured Image

Maquillage à petit prix... Des astuces !