Faits Vécus

Salut toi.

Oui toi. Est-ce que tu m’entends? Toi, mon futur prince charmant. Dans ma tête, ce terme-là sonne un brin sarcastique. Mais sincèrement, après tous les films à l’eau de rose que j’ai regardés, tu ne peux pas vraiment m’en vouloir. Tu ne peux pas m’en vouloir d’y croire. J’Y CROIS. J’y crois, non pas pour l’avoir vécu (puisque ce n’est pas le cas), j’y crois parce que je l’ai côtoyé. Pas seulement dans les films (ne t’inquiète pas (!!!)), mais dans la vraie vie réelle. Je l’ai vu de mes yeux vu, à travers le regard de ma sœur, de mes parents , de mes grands-parents. Du GROS GROS love. Tu comprends? Du love qui fait battre un cœur à 200 milles à l’heure. Alors oui, j’y crois. Je le sais qu’il existe. Donc, par conséquent, je sais que toi, tu existes.

Nature, chemin, champsSource image : Unsplash

Je ne sais pas où est-ce que tu te caches, mais je sais que tu es là, quelque part. Au fond, c’est peut-être mieux comme ça. Parce qu’honnêtement, je suis un peu (beaucoup) mêlée. Je ne sais même pas si je serais prête là tout de suite, à te rencontrer. À faire ta connaissance demain matin, en te croisant au petit dep du coin. Je sais que j’ai encore bien du chemin à faire dans ma vie, avant de pouvoir y faire entrer quelqu’un. Je me sens forte. Plus forte qu’avant. Forte, mais tout de même un peu fragile. Pas facile à suivre enh? Voilà pourquoi je suis quand même assez mitigée à savoir si je suis réellement prête. Je le sais que les séquelles que le dernier visiteur a laissé dans mon cœur, sont encore plus qu’omniprésentes. Beaucoup plus présentes que je n’oserais l’admettre.  Je suis forte, parce que j’ai passé au travers d’une relation qui m’a fragilisée. Au travers d’une relation qui, je te l’avoue, m’a réellement et incroyablement brisée. Alors d’un côté, je me dis que si tu n’es pas caché, anyway moi je le suis. Dans le fin fond du grand Nord à part de ça. Alors ce sera à toi de me trouver j’imagine. On jouera à cherche et trouve.

Je t’écris cette lettre comme si l’on se connaissait (c’est niaiseux un peu non?). Mais je te l’écris surtout, parce que je le sais bien que jamais tu n’auras l’occasion de la lire (et jamais je ne te la montrerai). Je vais donc me permettre d’être aussi transparente qu’une porte-patio. Ces temps-ci, je pense beaucoup à toi. Toi que je ne connais pas. J’ai peut-être juste écouté trop de films quétaines amoureux du temps des fêtes. Ça, ou bien je me dis, et là je vais contredire tout ce que j’ai dit plus haut : je le suis peut-être vraiment ; prête. J’ai peut-être vraiment haussé d’un petit (gros) échelon sur mon échelle de maturité. Bon, je sais que ça peut paraître un brin farfelu dit comme ça, mais je pense véritablement que du haut de mon tout petit 21 ans (hashtag, on m’appelle encore le bébé quand je travaille derrière le bar), j’en ai réalisé beaucoup plus sur moi-même que je ne l’aurais imaginé. Et ce, en si peu de temps. En même pas un an. J’ai compris que je valais beaucoup plus que je n’osais me l’admettre. J’ai compris que j’avais tellement à offrir, pour celui qui saura BIEN l’accueillir. J’ai compris que j’avais tellement de belles qualités et j’ai compris que je n’avais pas besoin de quelqu’un pour me les nommer. J’ai compris et appris à être mon propre réconfort. J’ai tellement grandi. Tellement compris. Tellement appris. Et tout ça, depuis la dernière année. Depuis la fin de ma dernière (ma seule vraie) relation. Ma seule vraie rupture. Pis dans le fond, c’est peut-être pour toutes ces raisons que je me sens prête. Pour l’amour, le vrai. Parce que j’ai enfin appris à m’aimer pour moi-même, d’abord et avant tout. Oui j’apprends encore, mais je m’améliore. J’apprends à me connaître, à me comprendre, et à m’apprivoiser. Dorénavant, ma devise est la suivante ; je m’aime pour ce que je suis, je ne suis pas pour que tu m’aimes.

champs, ciel, phareSource image : Unsplash

Aujourd’hui je l’ai compris. Parce qu’avant, tout ce que je voulais, c’était de plaire. Je me privais d’être moi. Et là, je ne te dis pas que je me suis totalement trouvée à ce jour. Loin de là. Je me cherche encore, mais je m’accepte et j’accepte le fait qu’il me reste encore bien du chemin à parcourir. J’en ai pris conscience, et ça, pour moi, c’est déjà un très grand pas. Donc je me sens peut-être prête pour de vrai. Admettons à 75%. Parce qu’au fond, qui l’est réellement à 100% ?

Je me sens prête, puisque j’ai beaucoup plus envie de me retrouver dans tes bras, que de me retrouver à danser sur les caisses de son du bar d’à côté (avec la Covid je n’ai pas trop le choix). Non mais sérieusement, c’est vrai, Covid ou pas Covid. J’ai réalisé que ce fameux terme vie de jeunesse, et bien je l’ai plus qu’exploré. À ma façon. Et je l’explore toujours, mais j’aimerais peut-être ça l’explorer avec toi. J’en ai encore beaucoup à apprendre. Mais on pourrait apprendre à deux. C’est toujours moins plate. J’ai l’impression que je suis dans l’âge de transition. Celui où tu passes d’une gamine à plus ou moins une adulte. L’âge où tu explores et vis un nombre incalculable d’aventures. Et je me dis qu’on pourrait les vivre à deux. Et se les raconter plus vieux. Et à nos futurs petits-enfants (bon je suis rendue un peu trop loin, commence donc par me donner ton nom). Plus je t’écris cette lettre, plus je réalise que j’aimerais vraiment transitionner d’âge avec toi (je sais pas si ce mot existe, mais ici on va dire que oui). J’aimerais ça avoir les idées pas claires avec toi, parce qu’on a encore trop bu de shooters de téquila. J’ai hâte de te rencontrer finalement. Très hâte. De te connaître et de faire connaissance avec l’amour, le vrai. Ne t’inquiète pas, je ne suis pas pressée. Je t’attends. Patiemment. Mais pas trop, je veux quand même qu’on transitionne ensemble. Pis qu’on boive trop de téquila pas de citron, sur le plancher de notre apparte défraîchi. Celui qu’on se dit qu’on va repeindre à chaque semaine. Je t’attends. Patiemment. En attendant, je vais acheter la bouteille de téquila. Et le pot de peinture. Juste au cas.

En admettant qu’on se rencontre peut-être vraiment demain matin, au petit dep du coin.

Source image de couverture : Unsplash
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Marie-Soleil Lavoie

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