Arts Arts de la scène

J’ai eu l’honneur d’assister à l’une des quatre représentations en salle de 6.58: Manifesto, à l’Agora de la danse. Il s’agit d’un spectacle de 60 minutes de la chorégraphe colombienne Andrea Peña, qui met en scène 9 danseurs et une chanteuse soprano. C’est un concept qui montre l’humain dans toutes ses dualités. Le tout est divisé en trois segments.

Un manifeste en trois temps

Tout d’abord, lors du premier tableau, nous sommes accueillis par une voix off qui invite les danseurs, à tour de rôle, à effectuer une série de mouvements de danse dans des espaces délimités par du papier collant vert. La voix, dictée par une intelligence artificielle, émet une série de codes que les participants suivent sur un tempo qui va de plus en plus vite. À bout de souffle, ils s’écroulent un par un.

Dans le deuxième segment, on a l’impression de se retrouver dans une boîte de nuit. Les danseurs semblent prendre conscience des autres autour d’eux, ils ne sont plus en mode automatique. Les corps se délient, prennent vie, se mélangent. Ils ne sont plus chacun dans leur bulle, ils connectent enfin.

Enfin, dans la dernière partie du spectacle, une chanteuse d’opéra s’intègre à la troupe. Ses cris sont viscéraux et on ressent toute la vulnérabilité de l’humaine derrière la voix. Du côté des performances dansantes, les mouvements deviennent plus fluides. Les corps s’enlacent, s’étreignent, prennent le pouls de l’autre. Les artifices semblent avoir été abandonnés. Nous ne sommes plus dans le paraître, mais dans l’être, dans le moment présent.

Les concepts d’artificialité dans nos interactions

J’ai beaucoup apprécié le concept présenté. Comment l’être humain interagit-il selon le contexte? Le temps? L’espace? Nous sommes à la fois les créateurs et les consommateurs des carcans artificiels. Mais nous voulons nous en défaire pour vivre notre vulnérabilité et nos émotions de la manière la plus vraie possible. C’est une éternelle bataille à livrer, autant au niveau physique que mentale. Autant au niveau collectif que dans notre individualité.

J’ai également trouvé qu’une belle énergie découlait du spectacle. Autant au niveau des sons, que des mouvements, que des idées. C’est la première fois que j’assistais à une œuvre de cette chorégraphe, mais je serais intéressée à en voir encore plus. La prochaine fois que je vois son nom dans la programmation, je n’hésiterai pas une seconde à y aller. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à avoir apprécié cette magnifique performance de danse. Le public en salle l’a démontré en applaudissant chaudement à la fin. Avec raison! Les artistes ont tout donné sur scène et c’était franchement réussi.

Si ça vous intéresse de voir le manifeste d’Andrea Peña, il sera disponible en webdiffusion du 24 septembre au 2 octobre 2021.

Détails :

6.58: Manifesto

Webdiffusion

24 SEPTEMBRE AU 2 OCTOBRE 2021

Durée : 60 minutes

Coût : 15$

Source de l’image de couverture: Bobby Leon

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Mireille Beaubien

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