Arts Style de vie

On le sait tous, Hollywood est une industrie extrêmement lucrative qui produit des films à la chaîne, portant ainsi au grand écran plusieurs centaines de films de divertissement par année. Néanmoins, nos voisins du sud possèdent un talent indéniable pour le septième art et réalisent bien davantage que des films de super-héros. Bien que beaucoup moins mainstream que les populaires Marvel, voici quelques films américains qui m’ont marquée de par leur humanité et leur pertinence et qui méritent absolument plus de reconnaissance.

Call me by your name (Luca Guadagnino, 2017)

Call me by your name, c’est l’histoire d’Élio et d’Oliver, d’un premier amour, celui qui déchire et dont on garde le goût sur le bout de sa langue toute sa vie. C’est l’histoire d’un étudiant américain qui vient passer l’été dans la résidence des Pearlman pour étudier avec le père de famille, un éminent professeur. C’est l’Italie des années 80, les baignades sous le soleil, les notes de piano qui s’échappent de la maison, les promenades à vélos dans l’air dense de la ville, les journées passées à lire à l’ombre d’un arbre et les nuits chaudes à faire la fête et être jeune. C’est aussi la peur de faire le premier pas, de tomber dans quelque chose qui nous consume et est bien plus grand que nous. Bref, c’est aimer quelqu’un assez fort pour l’appeler par son propre nom. Le jeu magistral des acteurs, la poésie des plans et cette histoire aussi belle que triste ne vous laissera assurément pas de glace.

Where to invade next (Micheal Moore, 2015)

Where to invade next est un documentaire inspirant de l’éminent réalisateur Micheal Moore. Le concept : « envahir » une sélection de pays européens dans le but de leur subtiliser ce qui se fait de mieux chez eux et les ramener aux États-Unis. À travers humour et intelligence, le brillant réalisateur nous transporte aux quatre coins du monde et met en lumière différentes manières d’organiser les systèmes judiciaires, d’éducation, de santé, etc. Ainsi, on apprend à ralentir avec les Italiens, à pardonner et à responsabiliser avec les Norvégiens et à étudier efficacement avec les Finlandais. Les façons de faire qu’on y découvre sont surprenantes et montrent que ce qu’on tient pour acquis n’est peut-être pas la seule avenue possible. C’est avec ironie qu’il démonte complètement le système américain. Un documentaire qui est en fait un grand pied de nez à cette puissance mondiale.

Her (Spike Jonze, 2013)

Her, c’est une histoire d’amour entre un homme et son ordinateur. Particulièrement pertinent à l’aube de l’intelligence artificielle comme on peut se l’imaginer, ce film percutant porte à la réflexion. L’histoire se déroule tout doucement, à un point où l’on vient à s’identifier au personnage et où l’idée d’entretenir une relation avec une machine ne nous paraît plus si farfelue. Le spectateur en vient à comprendre son amour pour l’ordinateur et ne le trouve plus bizarre. Et c’est là que ça fait réfléchir! Notre époque est marquée par la solitude, curieux paradoxe à l’ère des réseaux sociaux. Qu’est-ce qui différencie réellement les humains des machines? Réclameront-elles plus que la place que nous leur réserverons? Développeront-elles ds émotions? La ligne entre chair et virtuel, homme et machine, réel et fiction reste floue. Néanmoins, le film entame une belle réflexion sur la place des technologies dans nos vies, les relations humaines et l’amour.

6 years (Hannah Fidell, 2015)

6 years, c’est un couple qui sort ensemble depuis six ans (surprise!). Ce sont deux individus qui se sont vus grandir et qui se connaissent par cœur. Quand ils sont ensemble, c’est familier, authentique, désinvolte. Le problème, quand on s’est vu grandir, c’est qu’on change. On se mue tranquillement et un matin, on se retourne sans reconnaître la personne en face de nous. 6 years, c’est l’histoire d’un amour très fort, très pur, mais aussi d’un désir d’inconnu, de nouveauté, d’expériences, de découvertes, d’émancipation. C’est l’attrait des flammes, des feux d’artifices et des grandes tempêtes, alors que tout semble s’aplatir dans une relation de longue durée. C’est l’arrachement, le moment où être ensemble n’est plus assez. Le tout n’est pas liché:  la fin m’a beaucoup satisfaite de par son caractère réaliste, pour une fille qui n’aime pas trop les happy endings parce qu’ils sonnent faux. Une version peu classique d’une histoire d’amour, qui résonnera avec plusieurs.

Lady bird (Greta Gerwig, 2017)

Lady Bird, c’est une lettre d’amour à l’adolescence. C’est la relation mère-fille parfois pas toujours facile, ce désir poignant de s’affranchir et la quête de son identité. C’est pourquoi Christine, la personnage principale, insiste à ce qu’on la dénomme désormais Lady Bird : plus qu’un surnom, c’est sa façon de se délier des normes imposées par sa mère, comme de lui avoir attribuer un prénom sans son consentement! Avec verve et brillance, la jeune réalisatrice trace un portrait très ressemblant de cette période formatrice et parfois un peu cruelle. Entre amours et amitiés, querelles et réconciliations, on ne s’empêcher de se reconnaître à travers l’excentrique et sensible Lady Bird. Cette histoire au ton réaliste permet de se réconcilier avec cette partie de nos vies, avec son lot d’imperfections et de beaux moments.

As-tu déjà vu certains de ces films? Toi, quels sont tes longs-métrages américains un peu plus indépendants préférés?

Source image de couverture: Unsplash
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Mathilde Côté

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