Sport & Santé Style de vie

Quand est-ce que l’exercice physique est passé d’une activité bénéfique pour la santé et la gestion de mon stress à une obsession me créant de l’anxiété et me causant de multiples blessures? Le jour où je me suis retrouvée au gym à courir sur le tapis roulant alors que je revenais de chez le médecin prescription d’antibiotiques en mains pour une bronchite sévère, je ne me suis même pas posée la question si j’agissais de manière sensée. L’obsession était devenue partie intégrante de mon identité. J’allais courir tous les samedis et ce samedi-là ne ferait pas exception. Peu importe si je venais de prendre mon bronchodilatateur trois fois de suite pour mieux respirer.

Détrompez-vous : j’adore m’entraîner et bouger. C’est même une de mes plus grandes passions. Les longues randonnées en forêt, les balades en vélo ou en patins à roues alignées, le ski de fond, le yoga chaud… toutes ces activités me rendent heureuse. Toutefois, je vous mentirais en disant que j’aime faire des vidéos de HIIT devant ma télévision ou que j’aime courir sur un tapis roulant. Sincèrement, je déteste ça. Profondément. Et depuis quelques mois, j’ai complètement cessé de faire du conditionnement physique pour obtenir des résultats. Je bouge parce que ça me fait plaisir. Pas pour suivre un programme, brûler des calories, maigrir, tonifier mon corps ou ressembler à une championne de crossfit. Il n’y a rien au monde de plus malsain pour moi que tout cet univers du paraître et ces exercices intenses augmentaient mon niveau de cortisol. Si j’ai envie de courir, je vais courir, mais pas pour améliorer mon cardio ou battre un record de temps. Je promène mon chien pour le bonheur d’être avec elle. Je fais un peu de yoga pour dénouer mes tensions et respirer profondément.

exercice courir dehors

Source de l’image : Unsplash

 

Autant je crois en le bonheur de bouger et au bien-être que cela apporte dans la vie, j’ai aussi appris qu’il y a une limite à franchir entre le plaisir de faire du sport et le sentiment d’obligation et/ou l’obsession du fitness. Hernies discales, dégénérescence osseuse, genoux en compote, bursites et douleurs dorsales chroniques font malheureusement partie de mon quotidien parce que je n’ai pas écouté mon corps alors qu’il me criait de me reposer. J’ai 30 ans et un corps qui me torture tous les jours. J’ai constamment mal et je m’en veux parce que j’aurais dû réaliser que la quête d’un corps parfait n’allait m’amener que des misères.

Vous reconnaissez-vous dans les phrases suivantes?

1- Si je ne m’entraîne pas aujourd’hui, ma journée est gâchée.

2- Si mon entraînement n’est pas assez intense, il ne « compte » pas (ex: prendre une marche).

3- Si je ne m’entraîne pas, je ne peux pas me permettre de manger ceci ou cela.

4- Si je reste assis trop longtemps, je pense obsessivement au besoin de bouger et de brûler des calories.

5- Même malade ou blessée, je m’entraîne.

6- Je préfère manquer des événements sociaux ou familiaux plutôt que de manquer un entraînement.

7- Les gens passent des commentaires moqueurs sur l’importance ou le temps que j’accorde à l’entraînement.

8- Je ne peux m’empêcher de lire des articles, des blogues ou de suivre des réseaux sociaux concernant le fitness. Je compare mon corps à celui des fitgirls.

9- Peu importe l’entraînement, je ne suis jamais satisfaite, ce n’est jamais assez (ce qui me démoralise ou m’amène à augmenter l’intensité, la fréquence, etc.).

10- J’aurais de la difficulté à définir mon identité sans le fitness ou le sport dans ma vie (absence d’autres champs d’intérêt).

Si plusieurs de ses affirmations s’appliquent à votre vie, vous devriez vous questionner à savoir si l’entraînement a cessé de vous amener des bienfaits et se présente plutôt comme un lourd fardeau. Prendre une pause pour développer d’autres passions ou passer du temps avec vos proches vous amènera un grand soulagement. Si vous continuez de vous entraîner pour correspondre aux standards de beauté irréalistes de la société, vous finirez par développer des problèmes de santé. Nous ne sommes pas des machines.

Bouger est essentiel pour la santé et notre mode de vie sédentaire peut représenter un danger pour les maladies chroniques, mais personne n’a dit qu’il fallait suivre un programme d’entraînement intense pour autant! Jouer dehors, marcher avec vos enfants, danser dans votre salon, jardiner, pratiquer une activité que vous aimez réellement, c’est ça la santé! Cessons de nous prendre pour des militaires à l’entraînement et retrouvons une légèreté dans la pratique de nos mouvements quotidiens! C’est, selon moi, la seule façon d’intégrer le sport de façon saine dans notre vie.

 

Source de l’image de couverture : Unsplash 

 

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Laurence Lussier Locas

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