Une histoire de lâcher prise

2017 a très mal commencé chez moi. Alors que je m’en allais joyeusement faire le ménage au sous-sol, produits nettoyants et bébé dans les bras, j’ai perdu pied dans l’escalier et en tombant, je me suis fracturée le pied à trois endroits. Plusieurs marches d’escalier montées sur les fesses et quelques radiographies plus tard, me voilà affublée d’une merveilleuse et ô combien stylée botte d’immobilisation et de béquilles pour un mois, avec l’interdiction formelle de déposer mon pied gauche par terre.

plâtre

Dans mon entourage, je suis reconnue comme étant celle qui n’arrête jamais. Comme dirait mon chum et mes collègues, je « spinne », en essayant toujours de faire mille et une tâches à la fois et en ayant beaucoup de difficulté à déléguer. On s’entend que présentement, niveau autonomie, je suis environ au même niveau que ma fille de 22 mois.

On dirait que je pense que la vie essaie de m’envoyer un message, celui de lâcher prise. Ce n’est pas grave si la vaisselle n’est pas ramassée dans la minute qui suit le souper. Ce n’est pas grave si ça traîne un peu dans la maison, si le lavage n’a pas été plié, si on mange des déjeuners pour souper depuis deux jours. Au bureau, c’est un peu la même chose, je suis dépendante de mes collègues (merveilleuses, soit dit en passant!) pour aller remplir ma bouteille d’eau, chauffer mon dîner, me faire un café. C’est difficile pour l’égo évidemment, de devoir constamment demander. Ma fracture aiguise actuellement ma patience autant que mes muscles des bras.

On essaie souvent d’être des superwomans, des supermamans, des superemployés, mais on oublie souvent de s’arrêter, de prendre le temps requis pour exécuter une tâche sans être déjà centré sur la prochaine chose à faire (quand nous n’essayons pas d’en faire plusieurs à la fois). On oublie souvent de demander de l’aide, de déléguer, de lever le drapeau afin de mentionner que nous sommes débordés. C’est un peu ce qui m’est arrivé, et vous connaissez le résultat.

Je vous partage donc la petite leçon que j'apprends en ce moment. Ne te sens pas coupable lorsque tu t’assois sur le divan alors que ton lavage n’est pas fait, que tu relaxes dans ton bain malgré le comptoir plein de vaisselle. Ne te juge pas de demander de l’aide ou de dire à ta patronne que tu pourras seulement exécuter telle tâche demain. N’hésite pas à faire appel à une femme de ménage, à ton frère pour garder ton enfant afin d’avoir une soirée de libre, à tes parents pour te faire une sauce à spaghetti afin de moins courir les soirs de semaine. Cela te surprendra peut-être, mais en général, les gens sont contents d’aider. N’aies pas peur de laisser ton chum cuisiner le repas. Il ne sera sans doute pas fait à ta façon, mais tu le mangeras quand même avec plaisir. Et fille, cesse de le surveiller, ce n’est pas un enfant et il sait faire autre chose que cuire des rôties.

L’ensemble de ces règles sera un mantra pour moi, pour le prochain mois, afin de lâcher prise et de laisser mon pied guérir.