Faits Vécus

Je l’ai rencontré dans un party il y a quelques années et j’ai tout de suite senti une connexion. Lui aussi. C’était évident, pas de doute possible. On a immédiatement « tripé » l’un sur l’autre. Ce n’était même pas gênant. Pas de malaise, pas de regards timides. C’était comme si on se connaissait déjà. C’était naturel, on se plaisait et on avait le goût d’être ensemble.

Mais j’étais en couple et lui aussi.

D’ailleurs, nous sommes toujours en couple chacun de notre bord, avec les mêmes personnes qu’au moment de notre rencontre… il y a quatre ans. Mais c’est étrange, le fait d’être déjà en couple n’avait rien à voir avec notre rencontre, avec le fait qu’on s’aimait. Eh oui, j’ai bien écrit cela : on s’aimait! Et d’ailleurs, je l’aime encore et je crois que je l’aimerai toute ma vie. C’est comme si cette rencontre, cet amour, était complètement indépendant de ma vraie vie. Ça ne la concernait pas. Ce n’était ni une échappatoire, ni une aventure, ni une recherche de nouvelles sensations. Je n’ai, en fait, jamais fait de lien entre ma vraie relation de couple et cette rencontre-là. Je suis simplement tombée en amour avec un autre.

Mon couple allait bien. Je ne l’ai jamais remis en question. J’étais toujours aussi amoureuse de mon chum. Je n’ai jamais pensé le laisser. Je n’ai même jamais imaginé ce que serait une vraie relation avec l’autre. Cela n’a jamais été une option. Cependant, je ne pouvais pas faire semblant que l’attirance, le désir tant physique qu’émotif, n’existait pas. Je devais vivre cette relation. Je crois que si je ne m’étais pas donné cette permission, ça aurait pu dégénérer. J’aurais probablement commencé à obséder avec ça et qui sait où cela aurait pu me mener.

MainsSource image : Unsplash

Il y a une citation d’Oscar Wilde qui dit « Le seul moyen de résister à la tentation, c’est d’y céder ». Eh bien voilà! C’est ce que j’ai fait. Je me suis donné la permission d’aller explorer juste un peu cet amour interdit. Juste assez pour me faire du bien, mais pas suffisamment pour me faire du mal. À moi ou à d’autres d’ailleurs.

Je me suis permis de vivre quelque chose qui m’a rendue heureuse. Je me suis donné le droit d’aller dîner en secret. Je me suis donné le droit de caresser le cou, les bras, les mains d’un autre. Je me suis donné le droit d’échanger des mots doux. Et même des baisers. Je me suis donné le droit de dire « je t’aime » à un autre. Je me suis sentie belle, désirée par des yeux nouveaux. J’ai senti des mains nouvelles autour de ma taille, sur mon visage. J’ai senti des lèvres nouvelles sur les miennes. Et tout ça m’a suffi.

Il n’y a jamais eu d’attentes entre nous. On s’est rapidement dit qu’il n’y aurait jamais rien de plus. Je n’ai pas eu besoin de mentir pour aller le rejoindre. Je n’ai pas eu besoin de faire l’amour avec lui. Je n’ai pas eu besoin de me laisser aller à vivre une vraie histoire d’amour… et d’adultère. Je n’ai jamais eu l’impression de le décevoir, car je ne me donnais pas assez. Je n’ai jamais attendu plus de sa part.

Pendant quelques années, nous avons simplement été deux êtres humains qui avons décidé de nous permettre de vivre quelque chose, ensemble, sans conséquence. Et, aussi spontanément que cela a commencé, cela s’est terminé il y a quelques mois. Encore une fois, sans conséquence.

Nous avons dîné ensemble au début de l’hiver. Nous ne nous étions pas vus depuis l’été. On était contents de se voir. Mais cette fois, pas de regards remplis de désir, pas de main qui s’attarde sur celle de l’autre, pas de baiser passionné au moment de se quitter. Juste deux êtres humains qui s’aiment et qui sont heureux de faire partie de la vie de l’autre.

Pieds

Ce gars-là et moi, ça a été le coup de foudre, mais on ne sera jamais ensemble. Et c’est bien correct comme ça. Je n’ai aucun regret aujourd’hui. Je ne regrette pas d’avoir vécu cette histoire. Je ne regrette pas de ne pas être allée plus loin. Mais je retiens une chose très importante de tout cela. Cette histoire m’a fait du bien. Je n’en avais pourtant pas besoin, j’allais déjà bien. Mais elle a été comme un cadeau spontané, inattendu, dans ma vie et je l’ai accueillie avec bonheur.

Alors est-ce que j’ai trompé mon chum? Peut-être, je ne sais pas. Mais je sais que je ne l’ai pas vécu comme ça. Je sais que je ne me sens pas coupable. Je sais que cette histoire n’a aucun rapport avec ma vie de couple, avec mon histoire d’amour avec celui qui partage ma vie. Je suis certaine qu’elle ne se poursuivra pas. Je le sais, je le sens. Et c’est parfait ainsi.

Source image de couverture : Unsplash

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