Faits Vécus Vie de bureau

Depuis que je suis jeune, j’ai une grande peur au fond de moi : ne pas réussir au niveau professionnel. Ma mère est comptable, elle évolue au sein de grandes entreprises, elle sait que sa paie arrivera régulièrement directement dans son compte de banque et depuis que je suis née, c’est comme cela. Mon père a travaillé à son compte comme graphiste durant ma jeunesse. Je l’ai vu réussir, mais aussi avoir des problèmes avec son entreprise, mettre un terme à celle-ci et tombé dans une période un peu plus sombre. Tout va bien pour lui maintenant, mais pourquoi? Car il a un poste au gouvernement et qu’il sait que sa paie rentre toutes les deux semaines.

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Tout le long de mon DEC et de mes études à l’université, je me disais une chose : je ne serai JAMAIS travailleuse autonome. C’est beaucoup trop de stress pour une petite fille comme moi qui angoisse à rien. Ne pas savoir si tu vas avoir le même contrat longtemps, faire tes propres factures, te vendre (parce que c’est comme ça que les gens vont te faire confiance) et plusieurs autres facteurs porteurs d’incertitudes qui font en sorte que j’aime beaucoup mieux faire partie d’une liste de salariés  qu’autre chose.

Malheureusement, je me suis rendu compte qu’aujourd’hui, en 2018, être pigiste ou travailleur autonome c’est comme ça que tu commences ta carrière. Je ne dis pas que c’est comme ça dans tous les domaines, mais pour plusieurs c’est la meilleure option.

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J’ai commencé (à mon grand dam parce que ça veut dire que je suis un adulte) à me chercher un emploi en traduction vers la fin de mes études. J’étais pleine d’espoir, j’avais eu des stages rémunérés, j’étais sur la voie des travailleurs « normaux » comme j’aime dire (mais qui est faux dans son sens). J’ai commencé à faire de la pige ici et là, parce que des jobs ça ne tombe pas du ciel. Eh bien, en faisant de la pige, je me suis aperçue que je n’aimais pas vraiment le monde de la traduction. Alors, en plus de stresser pour l’argent qui rentrait de façon irrégulière, je n’étais pas bien dans mes différents emplois et ça augmentait mon stress de 50 %.

J’ai donc décidé, après beaucoup d’introspection et de réflexion, de laisser tomber la traduction et de me réorienter. Le plus gros problème? Je fais quoi moi durant ma « réorientation »? C’est pas vrai que je vais retourner vendre des vêtements pour avoir une sécurité financière, mais retrouver une instabilité mentale (ceux qui ont travaillé dans des magasins de linge comprendront). La meilleure solution a été d’accepter des contrats et de créer mes propres opportunités. Même si ça n’a pas fonctionné chaque fois comme prévu, j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu et avancer d’un pas vers une carrière plus stimulante dans un domaine qui me passionne plus que la traduction : les communications.

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Je ne dis pas que je suis maintenant une pro des communications, comme ça, en un claquement de doigts. Non, non. J’ai trois emplois en ce moment. Je jongle entre un emploi à temps partiel qui m’assure un minimum de sécurité financière (mais je suis de retour au salaire minimum), un emploi à temps partiel dans un bureau qui me permet d’élargir mes connaissances en communication (allo la travailleuse autonome ici) et un autre contrat en travail autonome avec Le Cahier.

Je ne dis pas non plus que je suis super heureuse en ce moment d’être travailleuse autonome. Ça fait beaucoup, ça remplit un horaire et ça me fout la chienne tout ça. Le bon côté? Même si j’angoisse, j’aime ce que je fais et tranquillement, je m’aperçois qu’être travailleuse autonome, ça a plusieurs bons côtés. Je fais mes horaires, j’ai mes soirées libres, je combine projets personnels et projets professionnels, je garde un meilleur contrôle sur mes finances et j’arrive lentement au bonheur.

Les peurs, ça se surmonte. C’est pas l’fun. C’est difficile. Ça demande beaucoup d’efforts, mais après ça c’est tellement plus agréable de se dire « j’avais peur d’être travailleuse autonome, je me suis lancé et finalement, je peux faire ce que je veux, c’est ma vie » que « ben j’ai pris la première offre qui passait parce que je dois payer mes factures ». Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées.

 

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Camille Paul
Chargée de projet

Une tasse de bonne humeur, un quart de tasse de gêne, une belle grosse cuillère d’autodérision et une pincée d’akwardness et de sarcasme, voici la...

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