Style de vie

Je veux simplement te donner mon mode d’emploi. Je viens de la campagne. Ben oui. Je ne suis pas tannante avec ça… dans le sens que je ne vends pas les bienfaits de vivre loin du bruit à tout bout de champ. Non, je ne suis pas comme ça moi! Je veux juste te dire comment ça marche dans ma caboche. C’est pas trop compliqué à saisir le temps de la campagne…

Quand nous sommes petits, on n’a pas d’espace-temps. Quand notre mère ou notre père nous disaient d’aller dormir, on ne voulait pas, on voulait encore jouer même s’il était neuf heures… ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais moi j’ai grandi comme ça. C’est-à-dire que je suis incapable dans ma tête de fixer le temps. Je ne le comprends pas. C’est quelque chose qui m’échappe totalement. Ce n’est vraiment pas drôle. J’ai mis plusieurs années à m’en rendre compte. Récemment, en lisant un livre d’Eckhart Tolle « Le pouvoir du moment présent », je suis tombé sur un passage où il conseillait de régler le temps horloge. Par exemple, lorsque l’on a un rendez-vous à 10h00, c’est d’y être à l’heure. Et ensuite d’oublier ce temps horloge et de se concentrer sur le moment présent. Enfin, j’ai pris conscience que j’étais dans le moment présent pas mal tout le temps. 

C’est en regardant mon rétroviseur du passé que j’ai compris que je n’ai jamais réglé le temps horloge. Je n’arrivais jamais en retard nulle part. Mais j’ai compris que pour moi passer cinq heures sur un devoir de math pouvait être la même chose que de passer une petite heure pour quelqu’un d’autre. Ça, c’est explicable : c’est mon côté perfectionniste qui ne lâche pas… Pour moi m’investir dans un comité et d’y mettre tout mon coeur, n’a pas de temps spécifique. Sévère envers moi-même, je ne suis pas capable de remettre un travail que je ne juge pas au point. 

Ce temps de la campagne, il est présent aussi socialement. On va se rencontrer. Un jour. On va manger et parler. Longtemps. Ne regarde pas ta montre, si regarde là en pensant à moi, mais sens le moment. Je te le dis, moi je ne regarderais pas le temps. Je vais le savoir. Mon corps et mon coeur vont me le dire quand il sera l’heure de te dire au rendez-vous prochain. Spéciale la fille…sans l’ombre d’un doute. 

Enfin, c’est juste un petit bout de mon mode d’emploi…je ne t’ai pas encore parlé d’horoscope… comprend l’essentiel : je ne vois pas le temps, dans le bon sens. Je suis si investie dans ce que je fais et ce que j’entreprends que je le fais avec mon coeur. Je le fais avec tout ce que je suis capable d’y mettre. Moi je n’ai pas le temps horloge, j’ai le temps de la campagne : on prend le temps. 

Petite anecdote : J’étais au Subway il y a quelque temps. J’attendais pour remplir mon verre à la machine de boissons en fontaine et il y avait cette femme avec ses deux enfants qui leur dit de se dépêcher. Moi je m’empresse (littéralement), avec mon plus beau et sincère sourire de leur dire de  prendre le temps, que je ne suis pas presser et à elle de me dire en toute exclamation : « c’est rare ça du monde pas pressé! Bonne journée! Dépêchez-vous les enfants la madame attend! » J’ai été tellement surprise! Je vous jure, si je vous dis ça, un jour, c’est vrai! Je ne le dirais pas sinon que je ne suis pas pressée!

C’est le temps de la campagne.  

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Laurie Guay

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