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Depuis le début de ma collaboration avec le blogue Le Cahier, je me suis fait comme mission de faire connaître la physiothérapie en rééducation périnéale (ma profession) et de «détaboutiser» les troubles du plancher pelvien ainsi que leurs solutions. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un syndrome féminin méconnu qui est probablement le plus tabou de tous: le syndrome d’excitation génitale persistante. Le connaissez-vous? Cette condition est rare, mais très souffrante pour la femme qui en souffre… souvent en silence!

C’est quoi?

Le syndrome d’excitation génitale persistante crée plusieurs symptômes embarassants. La femme ressent une excitation génitale non désirée soudainement et fréquemment. L’excitation survient dans des contextes sexuels, mais aussi non sexuels (ce qui est plus dérangeant).La femme peut avoir des orgasmes spontanés (le jour ou la nuit) et dans d’autres contextes, l’atteinte de l’orgasme peut, ironiquement, être difficile et long. Ce syndrome peut aussi s’accompagner de douleur au niveau des organes génitaux. Il faut savoir que ce syndrome est, dans certains cas, relié à une problèmatique au niveau du nerf pudendal, nerf qui s’occupe de l’innervation de la région génitale entre autres.

Hypersexualité, donc?

L’hypersexualité est un trouble sexuel décrit dans le DSM, «bible»des troubles mentaux. Ce trouble est caractérisé par une sexualité compulsive où la personne recherche continuellement le plaisir sexuel et il est à distinguer du syndrome dont je parle. Dans le syndrome d’excitation génitale persistante, l’excitation est présente en l’absence de désir sexuel, c’est important à saisir! Cela est extrêmement difficile à vivre et à comprendre pour la personne qui en souffre d’ailleurs. Dans certains cas, la femme peut en venir à adopter des comportements de compulsions sexuelles pour tenter de soulager ses symptômes. L’hypersexualité devient alors une conséquence du syndrome.

#tabou

Vous vous doutez que la femme qui souffre de ce syndrome garde souvent le silence, ne sachant pas à qui s’adresser, mais aussi par peur de ne pas être crue ou de voir ses symptômes se faire banaliser. #help

Crédit photo : Anthony Tran

Trop de conséquences

Vous ne serez pas étonnée de voir que la femme qui souffre de cette excitation génitale persistante perd sa qualité de vie, sa capacité de concentration, sa qualité de sommeil… Cela amène une détresse psychologique pouvant mener au stress, à l’anxiété, à la dépression et même dans certains cas, au suicide, malheureusement.

Et les solutions?

Très mal compris jusqu’à maintenant, ce syndrome ne semble pas pouvoir être complètement guéri, mais il peut être soulagé. Il existe peu de consensus, mais plusieurs pistes. La rééducation périnéale (pour traiter la problématique abdomino-pelvienne sous-jacente souvent présente), la sexologie (pour apprendre à vivre avec la problématique, pour gérer l’anxiété qu’elle apporte, etc.), les techniques de méditation et de relaxation ainsi qu’une médication appropriée prescrite par un médecin (pour réduire les symptômes) sont souvent des solutions à appliquer en combinaison.

Parlons des troubles pelvi-périnéaux haut et fort pour que les maladies orphelines comme celle-ci voient de meilleures solutions se développer! #breaksilence

Douanka Gendreau, physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne

 

Crédit photo principale : Anthony Tran

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Douanka Gendreau

Douanka est douce et d'une grande simplicité. Par contre, peut-être que son amoureux pourrait débattre sur cette dernière qualité (oups)... Réservée parfois, elle fonce sans...

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