Faits Vécus

Trop souvent, on m’a dit qu’on allait garder une relation de surface, on me prévenait qu’on n’allait pas s’attacher, qu’on n’allait pas se caser pis qu’on n’allait surtout pas s’aimer. On m’a demandé si ça me convenait, parce que t’sais, de toute façon, on était pas rendu là. J’avais déjà un pied dans la porte, toute excitée, avec l’envie de me lancer, fait que oui, sans hésitation, je disais que c’était parfait. Beau défi. J’accepte le compromis. Anyway, je vais faire avec, c’est ça ou rien. Pis j’avais le goût de « ça». Fait qu’on rédige le contrat, on se serre la main pis on verra ben comment ça se passera.

On se demandait comment se passait notre journée, on faisait l’amour-pas-de-tendresse, on se parlait de nos plans pour demain pis bye bye mon cowboy, on se reverra quand on sera dû pour un prochain rodéo.

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Je refusais de voir que j’aimais pu ça autant qu’avant. Mais comme si de rien n’était, on continuait pis je m’accrochais. Sauf que j’ai compris que j’étais prête pis que tu l’étais pas. Que j’aurais de la peine pis que t’en n’aurais pas. Je ne voulais pas avouer que, depuis le début, le deal que j’acceptais, c’était pas vraiment ce que je voulais. Je faisais comme si notre relation sans émotion me satisfaisait pis je me pensais forte, parce je tolérais ça. Ça me tuait chaque fois qu’on parlait de nos visions de l’avenir qui différaient, mais je ne voulais pas affronter le moment où je te dirais que j’étais pu bien dans ce qu’on était. Jusqu’à ce que je remarque que chaque jour où j’ignorais ce sentiment de vide, je m’aimais un petit peu moins en tant qu’humain. Je me négligeais, je m’oubliais pour honorer notre contrat. Je laissais de côté mon amour-propre pour prouver à toi et à moi-même que j’étais capable d’endurer ça. Après tout, c’est moi qui l’avais voulu. Fallait ben que je me rende jusqu’au bout. Mais je culpabilisais tellement de pas être en mesure de te donner pleinement et simplement ce que tu voulais. J’étais prête à me conformer à tes besoins en abandonnant les miens. Maudit que c’est malsain. Comment est-ce que j’ai pu me rendre compte de rien ?

J’ai finalement compris que ce qui demandait le plus de courage, c’était pas de me taire et de me contenter de la liaison superficielle qu’on avait. C’était d’y mettre un terme et de m’avouer que je voulais plus que ce qu’on m’offrait.

Fait qu’aujourd’hui, je te le dis.

Non, je suis pas comblée par ta graine. J’en veux plus.

Je mets fin à mon engagement. Pis je devrais pas me sentir faible pour autant.

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Alexane Ricard

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