Faits Vécus

Petit sujet sensible aujourd’hui… Je me permets cette question : avez-vous déjà perdu un proche ? Comme vraiment proche ? Un ami, un parent, un super collègue de travail ?

Moi, comme la plupart d’entre vous, j’ai perdu mes grands-parents. J’ai connu mes grands-parents maternels, mais pas les paternels. Je n’étais pas si proches d’eux, malheureusement. J’ai aussi perdu un de mes amis du secondaire, qui est devenu un collègue de travail. Accident de voiture, alcool au volant, il s’est fait happer. Il n’a eu aucune chance. Une cousine également, par la maladie. Frappée de plein fouet par la pneumonie. Elle était déjà malade, mais on ne s’y attendait pas. Et finalement, une tante. Cancer. Ce satané cancer.

Mais j’ai failli perdre bien pire. Un membre de ma famille immédiate. Une énorme douleur que ce fût d’apprendre cette terrible nouvelle. Heureusement, avec les traitements, il a pu s’en sortir. Aujourd’hui, la rémission compte sept années. J’ai conscience que cette chance n’est pas donnée à tout le monde.

Et malgré toutes les recherches faites de nos jours, le cancer emporte toujours plus de victimes. Aujourd’hui, ma meilleure amie fait face à ce fléau. Son père ne remportera pas la bataille. Et ça me fait capoter. Et pourtant, ça ne me touche pas autant qu’à elle. Je veux dire, c’est son père, pas le mien. Je le croise quelques fois par année, aux fêtes des filles surtout. Je ne le connais pas beaucoup. Mais ça me fait capoter. Alors je ne peux imaginer sa douleur à elle.

J’ai une certaine idée, pour avoir presque vécu la même histoire. Mais voilà, le mot magique est dit, presque. Cette personne dans mon entourage, elle s’en est sortie. Pour ma meilleure amie, ce ne sera pas possible.

J’essaie donc d’être présente pour elle du mieux que je peux. Mais comme je ne vis plus dans la même ville, c’est assez difficile. Je redescends la fin de semaine, mais elle a bien d’autres préoccupations que de voir ma petite personne. Il ne lui reste plus autant de temps qu’espéré avec son père. Il est sa priorité, et je serais égoïste de lui en vouloir. Elle doit profiter de chaque moment possible, chaque sourire, chaque rire, chaque souvenir. Et essayer de gagner le peu de sommeil disponible pour elle. Elle a une famille à faire vivre. Un emploi à conserver. Elle a tout le support nécessaire auprès de son amoureux, grâce au ciel. Mais la vie ne s’arrête pas malgré la maladie. Quoiqu’elle le souhaiterait certainement de tout son cœur.

Je ne peux imaginer les sentiments qui l’habitent à cet instant. Elle doit perdre tous ses repères, ressasser de vieux souvenirs… Vivre une telle douleur. J’espère seulement que la culpabilité n’est pas présente, qu’elle est restée cachée.

Ainsi, j’essaie de m’armer de patience. Et lui transmettre tout mon amour par télépathie. Tout mon soutien. On se parle de temps en temps, mais si peu à mon avis. Je ne vis rien de si exceptionnel, ce n’est pas de moi que je veux parler, mais d’elle. Être là pour elle. Selon elle, mes efforts sont plus qu’acceptables. À la limite, elle trouve que c’est elle manque de temps pour moi. Ce n’est pas du manque de temps ma chère, tes priorités ont simplement changé. Et je serais stupide de t’en vouloir.

Le cancer touche beaucoup trop de familles. Profitez de chaque instant. Ils sont tellement précieux.

 

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Jécika Guévremont

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Je n’arrêterai pas de parler de ma dépression