Faits Vécus

À tous ceux et celles qui voient la beauté chez les femmes qui s’encouragent et célèbrent leurs succès respectifs plutôt que de se comparer entre elles.

 

*Le titre aurait dû être Pourquoi on ne s’encourage pas au lieu de s’envier? ou encore Les femmes: f*ck la jalousie, on se soutient!  mais ça faisait trop quétaine ou un peu pancarte de manif. Fait que à place c’est pas n’importe quel titre.

 

La compétition féminine est un concept vieux comme le monde auquel nous sommes tous malheureusement accoutumés. Entre femmes, il y a une rivalité que l’on semble tolérer qui nous unit et nous divise du même coup. Par là, je veux dire qu’il n’y a rien qui asphyxie plus la solidarité féminine qu’une femme qui en jalouse une autre, mais il n’y a rien de plus fort que le lien qui unit deux femmes qui haïssent la même madame. Je ne comprends pas que ce comportement passif-agressif soit perçu comme banal dans un contexte social actuel où l’on ponctue fièrement nos réseaux sociaux à grands coups de #GirlPower, tout en se comparant allègrement à des filles sur Instagram la seconde d’après. Que ce soit dans notre milieu de travail, dans les écoles secondaires ou même à la maison, c’est une deuxième nature pour les femmes de se détester et ce, dès le premier regard.

Depuis notre tendre enfance, on nous montre que l’envie est un comportement légitime de la nature humaine chez la gente féminine. Le phénomène de la méchante belle-mère qui envie la beauté juvénile de sa belle-fille ne date pas d’hier. On se rappelle d’un film fétiche de petite fille où les demi-sœurs déchirent la robe d’une certaine princesse pour ne pas qu’elle soit plus belle qu’elles au bal?

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Source : giphy.com

Triste constat, on ne s’étonne plus en voyant des femmes être « gentilles » entre elles pour ensuite lâcher dès que l’une quitte la pièce un : quelle conne… Et as-tu vu ce qu’elle porte en plus? On a normalisé la compétition féminine puisqu’on la voit partout. Les magazines montrent des femmes qui n’existent pas et nous entraînent à nous comparer à des standards impossibles à atteindre, sans compter les femmes croisées dans la rue qu’on envie pour leurs cheveux ou leur silhouette. On n’entrera pas dans le sujet de l’anxiété chronique et des troubles alimentaires associés à la méchanceté entre demoiselles, mais vous voyez le tableau.

Le vrai problème c’est qu’on est tellement habitués à ce scénario que l’on s’étonne lorsqu’on aperçoit deux femmes s’apprécier et s’encourager. Pourtant, y aurait-il quelque chose de plus naturel que deux humains qui s’appuient dans leurs projets respectifs? Dès la première rencontre, on est programmées pour détester la belle femme qui se tient devant nous. Si j’avais fait le compte des fois où une fille m’a déclaré sans aucune gêne : la première fois que je t’ai vue, j’me suis dit c’est sûr que cette fille-là c’est une bitch, je ne serais pas au bout de mes peines. Pis finalement, t’es vraiment nice! Et le pire dans tout ça, c’est qu’on trouve ce genre de comportement banal.

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Source : huffingtonpost.com

Je suis certaine que ces situations ne vous sont pas totalement inconnues. Mais pourquoi on ne s’élèveraient pas les unes les autres au lieu de se détester, se comparer et se rabaisser? Serait-ce si difficile de laisser aller un peu de cette pression sociale pour faire place à une complicité solidaire?

Nous ressentons déjà tellement de pression à être une amante généreuse, une mère patiente, une femme de carrière accomplie en plus de se confiner au moule des normes de beauté impossibles à atteindre véhiculées par la société. Mais de la part de nos consœurs, la jalousie et la comparaison sont d’autant plus malsaines puisque nous nous trouvons toutes dans le même bateau.

Au contraire, nous devrions nous entraider et nous regrouper afin d’unir nos forces et rendre le monde un endroit où les femmes sont célébrées et non réprimées. Pour nos filles et nos petites-filles, les relations saines devraient être entre nous un réflexe afin d’assurer la continuité de la cause de la condition féminine. On ne peut pas considérer parler de la situation de l’équité entre les sexes si nous ne sommes même pas capables de reconnaître une femme talentueuse quand on en a une sous les yeux!

C’est avec beaucoup de respect pour les merveilleuses femmes que je croise et côtoie chaque jour que j’affirme éprouver une énorme admiration envers chacune de vous. Être une femme aujourd’hui est à la fois un privilège et un fardeau qui demande beaucoup de courage et de résilience. Je suis bien placée pour savoir que derrière chaque femme forte se cache une fragilité désarmante qui mérite d’être reconnue chaque jour. J’ai grand espoir que les générations de jeunes femmes à venir sauront poursuivre avec grâce ce respect mutuel auquel nous aspirons.

Source : weheartit.com

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Sarah Brabant

Une fille bien simple et compliquée à la fois, Sarah est une personne colorée qui aime se démarquer de la masse. Avec son humour cynique,...

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